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Marc Chagall, Esquisse pour “Le Rappel”, 1968-1971
Gouache, encre de Chine, pastel, crayon noir, tissus imprimés, papiers repeints collés sur papier • 16 x 16,2 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Esquisse pour le monotype “Le Roi David et Bethsabée”, 1974
Conter fleurette
La belle Bethsabée est mariée à un soldat du roi David. Le roi David est éperdument amoureux de la belle Bethsabée. C’est une histoire vieille comme le monde, celle de deux amants infidèles qui s’épousent après avoir envoyé le mari indésirable à la mort. Sur cette esquisse pour un monotype ‒ un procédé d’impression sans gravure produisant un tirage unique ‒ réalisée en 1974, Chagall illustre ce conte biblique avec un David jouant de la harpe pour sa Bethsabée couronnée. Assise sur un buisson fleuri parsemé de traits blancs aquarellés, elle atteint presque le soleil brûlant, joignant ses bras dans une rondeur parfaite, signe de l’événement à venir : de cette union adultère naîtra Salomon, roi d’Israël.
Aquarelle, encre de Chine • 20,7 x 17,6 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Nu mauve, 1967
Mariage heureux
Avec Chagall, toutes les couleurs font bon ménage. Ici, les aplats de mauve et de rouge s’accordent à merveille, recouverts par le dessin à l’encre de Chine d’une femme nue portant un bouquet de fleurs. Triangles ou carrés, les pétales de papier et tissu semblent découpés au hasard, tout en figurant un éclatement harmonieux de motifs colorés. En bas à droite sont esquissées les maisons traditionnelles de Vitebsk, la ville natale du peintre, où il rencontra son éternel amour, Bella.
Huile et sable sur toile • 140 x 148 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Esquisse pour “Nu mauve” ou “Clown à la chèvre verte”, vers 1967
Le langage des fleurs
Cette esquisse et la précédente constituent deux études préparatoires à l’œuvre monumentale intitulée Nu mauve, réalisée en 1967. Pourtant, celle-ci n’a rien à voir avec la première : sur le fond rouge, Chagall a peinturluré du noir et intégré des coupons de tissu qui se confondent avec les coups de pinceau. Une lune incandescente illumine un clown dansant au rythme d’un chophar (instrument de musique à vent israélite). Il est accompagné d’une chèvre verte et porte un bouquet de fleurs, le même que tient la femme nue dans l’esquisse précédente. C’est un cadeau, sans doute en hommage au bouquet que Bella offrit à Chagall pour ses vingt-huit ans et qui l’emplit de bonheur…
Gouache, encre de Chine, papiers et tissus collés sur papier Ingres vergé • 37,7 x 27,7 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Sans titre, 1970
Mariage coloré
Sur ce collage singulier, chaque couleur est associée à une paire : le bleu pour l’homme et la femme, le blanc pour les oiseaux et la lune, le rouge pour le bouquet de fleurs et les branchages… Et pour couronner le tout, les volatiles s’effleurant le bec font écho aux amoureux qui s’apprêtent à s’embrasser ! Mais que se passe-t-il donc entre le bleu et le vert ? Ces deux teintes vives sont réunies, comme dans l’espoir d’une alliance entre l’homme et la nature.
Gouache, encre de Chine, papiers et tissus collés sur papier • 23 x 16,8 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Sans titre (Femme à la guitare), 1970
Chagall sans artifice
Chagall serait-il retombé en enfance ? À première vue, cette esquisse fait penser à un coloriage : la musicienne est représentée en quelques traits naïfs, le soleil est un cercle imparfait muni de trois rayons et le motif de la robe ressemble à un dessin au feutre ! Mais à y regarder de plus près, quelques éléments trahissent le soin particulier accordé par l’artiste à cette étude : le cheval élégamment esquissé, les motifs rouges qui teintent la peau féminine comme des tatouages tribaux, les instruments de musique dessinés ou suggérés par des tissus découpés… Il s’agit bien d’une ébauche, dans laquelle l’effort technique s’estompe au profit de l’essentiel : une ronde festive où animaux et hommes vivent en harmonie sous l’influence de la musique.
Crayon de couleur, papiers et tissus collés sur papier • 38,2 x 32 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Esquisse pour “L’Arlequin”, 1968-1971
Figure de style
Avec Chagall, la nuit n’est jamais noire. La preuve avec cet arlequin bariolé marchant sous la lumière d’un croissant de lune. Ici, c’est le découpage des tissus qui détermine les formes et les motifs. Chagall a ainsi collé un large coupon de textile vert pour donner l’impression que la jambe gauche avance vers le spectateur ! En quelques chutes de tissu assemblées, le géant circassien semble donner l’élan de la marche du monde… À cela s’ajoutent quelques traits pour suggérer les monuments parisiens, un coup de pinceau pour peindre une lune jaune, du papier arraché figurant un cortège d’anges et de musiciens, et le tour est joué : une véritable litote plastique !
Collage de tissus et de papiers, gouache, crayons de couleur et encre sur papier lithographié • 28,7 x 22,8 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Marc Chagall, Esquisse pour “Le Village fantastique”, 1968-1971
La vie en rose
Quelque part entre Vitebsk et Marrakech se trouve Le Village fantastique. On y rencontre des femmes à tête de coq et on peut même y chevaucher des oiseaux ! Marc Chagall n’en finit pas de rêver, de voyager dans la ville de son enfance et d’y apporter des touches d’exotisme et de fantaisie. Regardez ce poisson nageant à contre-courant dans le corps de l’oiseau-femme ! Les tissus imprimés de couleurs criardes s’inscrivent dans un fond d’un rose inouï qui, avec ces arabesques dessinées à l’encre de Chine, ne sont pas sans évoquer les inspirations marocaines des créations d’Yves Saint Laurent. Décidément, on ne connaissait pas ce Chagall haute couture !
Collage de tissus et de papiers imprimés et redessinés, et encre de Chine sur papier imprim • 17,3 x 13,2 cm • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2019 / © Archives Marc et Ida Chagall, Paris
Chagall, du noir et blanc à la couleur
Du 1 novembre 2018 au 24 mars 2019
Hôtel de Caumont - Centre d'art • 3 Rue Joseph Cabassol • 13100 Aix-en-Provence
www.caumont-centredart.com
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Le défilé du clown
De tous les personnages de cirque que Chagall apprécie, c’est plutôt en jongleur qu’on pourrait imaginer l’artiste, tant il sait alterner les formes et les couleurs avec une prodigieuse habileté. Mais, sur ce collage, il se pare d’un costume de clown et s’élance dans les airs en déployant ses bras face aux musiciens et aux animaux dessinés à l’encre de Chine. Et quel costume ! Pour les motifs floraux fantaisistes qui habillent son torse, Chagall utilise un bout de tissu découpé qu’il a puisé, comme à son habitude, dans les tenues qu’il crée pour les ballets La Flûte enchantée et L’Oiseau de feu, ou chez un fournisseur des maisons de haute couture, telles que Yves Saint Laurent, Balenciaga, Chanel ou Dior !