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Propriété Caillebotte

Dans l’atelier des artistes du XIXe siècle

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Une décoration sommaire aux objets choisis, un modèle nu trônant au centre de la pièce, un créateur au regard affûté… Au XIXe siècle, certains peintres réalisent de véritables mises en abyme en représentant l’espace où ils créent, s’inspirent, espèrent et transmettent. Pour s’immiscer dans cette intimité des artistes, de Boilly à Corot, rendez-vous dans l’ancien atelier de la propriété Caillebotte, à Yerres, jusqu’au 27 octobre. Visite à pas feutrés.
Louis-Léopold Boilly, L’Atelier du sculpteur Houdon
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Louis-Léopold Boilly, L’Atelier du sculpteur Houdon, 1808

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Chez Houdon, la sculpture fait loi

Dans l’atelier de Jean-Antoine Houdon (1741–1828), sculpteur virtuose des Lumières, l’ambiance semble studieuse et décontractée sous le pinceau réaliste de Louis-Léopold Boilly (1761–1845), célèbre pour ses scènes de la vie parisienne. Dans un décor surchargé de bustes posés sur des étagères, des élèves reproduisent la position d’un modèle masculin travaillant son expression d’apitoiement. Le sculpteur, vêtu d’habits confortables et de chaussons, façonne son argile tout en se concentrant sur la scène qui se joue devant lui. Derrière le nu, on peut même reconnaître une œuvre phare de l’artiste représentant une des grandes figures du siècle achevé : Voltaire assis.

Huile sur toile • 87 x 105 cm • Coll. musée Thomas Henry, Cherbourg-en-Cotentin • © Cherbourg-en-Cotentin, musée Thomas Henry

Auguste Antoine Massé, Intérieur de l’atelier de Gros
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Auguste Antoine Massé, Intérieur de l’atelier de Gros, 1824

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Tenir la pose devant les copistes…

Si le modèle féminin posant nue sur l’estrade ne semble pas perturber l’attention des copistes, sa posture solennelle attire néanmoins le regard sur la corde pendant près de sa main : un ingénieux système aurait été mis en place pour lui permettre de tenir les poses les plus excentriques ! Une estrade, un poêle pour chauffer la pièce, des toiles retournées… Il ne fait aucun doute que nous sommes dans un atelier de peintre, celui de l’artiste néo-classique Antoine-Jean Gros (1771–1835), qui a repris l’atelier de Jacques-Louis David, exilé à Bruxelles pour ses orientations politiques. L’esprit du maître du néo-classicisme demeure pourtant bien présent, avec sa palette accrochée au mur accompagnée d’un bas-relief représentant son profil couronné de fleurs.

Huile sur toile • 82, 5 x 100 cm • Coll. Musee Marmottan Monet, Paris • © Musee Marmottan Monet, Paris / Bridgeman Images / presse

Catherine Caroline Cogniet, née Thévenin, Atelier de jeunes filles
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Catherine Caroline Cogniet, née Thévenin, Atelier de jeunes filles, 1836

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L’école des femmes : les ateliers privés

Léon Cogniet (1794–1880), peintre virtuose du romantisme et auteur du Massacre des innocents, visite deux fois par semaine l’atelier tenu par sa sœur. Ses élèves n’ont pas eu le droit d’étudier à l’École des Beaux-Arts et ne sont plus autorisées à peindre des nus masculins, pour la simple et mauvaise raison que ce sont des femmes. Ici, une de ses apprenties, Catherine Thévenin (1813–1892) – qu’il épousera –, représente fidèlement l’ambiance de cet atelier privé. Les étudiantes s’appliquent, s’entraident à plusieurs, posent devant un miroir pour peindre leur autoportrait, s’occupent du poêle pour se réchauffer…

Huile sur toile • 46 x 61 cm. Orléans, musée des beaux art • Coll. Musée des Beaux Arts d'Orléans • © Orléans, musée des beaux arts / François Lauginie

Antoine Jean Bail, L’Atelier de dessin de l’École des Beaux-Arts
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Antoine Jean Bail, L’Atelier de dessin de l’École des Beaux-Arts, 1855

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Préparer les concours en 1855

Entrer comme artiste résident à la prestigieuse Académie de France à Rome, située dans la splendide Villa Médicis, n’est pas tâche aisée. Le concours est constitué de plusieurs épreuves, dont la copie d’après modèle. C’est cette même étape de préparation que le peintre Antoine Jean Bail (1830–1918), reconnu pour ses scènes de genre, retranscrit en 1855 dans un décor pittoresque de sous-sol éclairé par un soupirail, où balais et outils sont négligemment posés au sol. Ce que le temps doit passer lentement dans ce misérable atelier, avec ce chien ennuyé, cet étudiant allumant sa pipe et ce modèle masculin en plein assoupissement…

Huile sur toile • Coll. musées Gadagne, Lyon • © musées Gadagne (Lyon) / Pierre Aubert

Jean-Baptiste Camille Corot, L’Atelier de Corot
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Jean-Baptiste Camille Corot, L’Atelier de Corot, vers 1865

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Camille Corot, entre les murs

Fondateur de l’École de Barbizon, paysagiste emportant ses toiles dans la nature pour peindre sur le vif, Camille Corot (1796–1875) réalise ici une surprenante scène d’intérieur. Dans son propre atelier, une femme assise tenant une mandoline détourne le regard du tableau posé devant elle sur un chevalet, pour méditer. Grâce à la connaissance de trois toiles explorant ce même sujet, certains spécialistes pensent à une allégorie de l’inspiration, ce qui concorde avec la mélancolie et la nostalgie des paysages de Corot à cette même période.

Huile sur toile • 56 x 46 cm • Coll. Musée d'Orsay, Paris • © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski / presse

Gustave Caillebotte, Intérieur d’atelier au poêle
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Gustave Caillebotte, Intérieur d’atelier au poêle, non daté

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Bienvenue chez Caillebotte

Dans l’espace brunâtre et grisâtre de cet atelier parisien, l’œil s’attarde d’abord sur la statue éclatante de blancheur : une copie de l’Écorché de Jean-Antoine Houdon, soit un cas d’école pour apprendre le dessin de nu. Puis il se dirige vers ce qui est pointé de la main par cette statue, à savoir deux estampes japonaises accrochées au mur. Car, vers 1872, le japonisme fait fureur auprès des impressionnistes, qui retiennent l’originalité des cadrages, des coloris et des formats de ces images venues de l’autre bout du monde. À croire que l’impressionniste et mécène Gustave Caillebotte (1848–1894) nous invite ici à partager ses inspirations exotiques et son mode de vie bohème, insinué par le modeste agencement de son atelier.

Huile sur toile • 81 x 65 cm • Coll. particulière • © Comité Caillebotte, Paris

Gustave Caillebotte, Autoportrait au chevalet
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Gustave Caillebotte, Autoportrait au chevalet, non daté

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L’atelier impressionniste s’improvise en tout lieu et en tout temps

Tenez la pose, car vous êtes désormais le modèle de M. Caillebotte ! Dans l’une des pièces de son appartement du boulevard Haussmann, l’impressionniste nous convie à une séance d’autoportrait, qui offre pourtant au spectateur la sensation d’être lui-même représenté, tout en étant privé de voir la toile en cours de réalisation. Derrière l’aplat noir et japonisant de son corps sans modelé se trouvent un homme en pleine lecture, mais aussi un tableau. Saurez-vous le reconnaître alors qu’il est inversé, tout comme le reste de la composition, du fait du miroir utilisé par l’artiste pour se figurer ? Un indice : l’œuvre est exposée en 1877, lors de la troisième exposition impressionniste financée par Caillebotte… Il s’agit de la joyeuse scène de vie parisienne du Bal du moulin de la Galette, d’Auguste Renoir (1841–1919).

Huile sur toile • 90 x 115 cm • Coll. particulière • © Comité Caillebotte, Paris

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Dans l’atelier du peintre au XIXe siècle

Du 1 juin 2019 au 27 octobre 2019

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