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FONDATION VAN GOGH

« La Nuit étoilée » de Van Gogh au cœur d’une expo cosmique à Arles

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Publié le , mis à jour le
La fondation Vincent Van Gogh célèbre le retour à Arles de La Nuit étoilée, prêtée jusqu’au 25 août par le musée d’Orsay. À l’occasion de cette grande première, une exposition revient sur le contexte de création du chef-d’œuvre et explore son rayonnement à travers les époques.
Vincent van Gogh, La Nuit étoilée
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Vincent van Gogh, La Nuit étoilée, 1888

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Huile sur toile • 73 × 92 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © Dist. RMN-Grand Palais - presse / Photo Patrice Schmidt

« Souvent, il me semble que la nuit est encore plus richement colorée que le jour. » En février 1888, Vincent van Gogh plante son chevalet à Arles, débordant d’espérances. Ébloui par la lumière radieuse de la Provence, il est aussi envoûté par ses nuits. Celles, surtout, qui laissent apparaître un ciel immense, pur, constellé de mille et une étoiles.

Dès lors, le peintre se donne la mission de les représenter. Pendant son séjour arlésien, l’artiste âgé de 35 ans peint frénétiquement. Plus de 300 œuvres naîtront de cette période prolifique, parmi lesquelles figurent l’emblématique Chambre de Van Gogh à Arles, Le Semeur, ou bien sûr, La Nuit étoilée.

Obsédé par le « ciel étoilé »

« Mais quand donc ferai-je le Ciel étoilé, ce tableau qui toujours me préoccupe ? »

Vincent van Gogh

Au mois de juin 1888, Van Gogh s’impatiente dans une lettre adressée au peintre Émile Bernard : « Mais quand donc ferai-je le Ciel étoilé, ce tableau qui toujours me préoccupe ? » Quelques semaines plus tard, en septembre, il s’exécute enfin. Sur les bords du Rhône, il peint ce prodigieux paysage nocturne où les étoiles scintillantes semblent danser dans le ciel comme des notes de musique sur une partition, tandis qu’en contrebas l’intense lumière des lampadaires électrise les eaux sombres du fleuve. Bleu de Prusse, outremer, cobalt, mais aussi ocre, vert et rose : la vibrante palette du peintre éblouit le spectateur, au point que celui-ci remarque à peine la présence discrète d’un couple d’amoureux en promenade à la belle étoile, dans la partie inférieure du tableau…

Un retour aux sources

Maurice Chabas, L’Éclipse ou les Neuf Sphères
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Maurice Chabas, L’Éclipse ou les Neuf Sphères, s.d.

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Huile sur toile • 30 × 34,5 cm • Coll. Myriam Reiss-De Palma • Photo Wartin Pantois

Pour la première fois depuis sa création, le chef-d’œuvre aujourd’hui conservé au musée d’Orsay à Paris fait son grand retour à Arles à l’occasion d’un double anniversaire : les 150 ans du mouvement impressionniste et les 10 ans de Luma. Il restera accroché sur les cimaises de la fondation Vincent Van Gogh jusqu’au 25 août, au côté d’une constellation d’artistes majeurs du XIXe siècle à nos jours.

Rendre compte du contexte scientifique de la création La Nuit étoilée et de son influence (directe ou indirecte) sur les artistes qui lui ont succédé, voilà l’ambition de cette exposition dont le commissariat est assuré par Jean de Loisy et Bice Curiger. Mais d’abord, une petite mise au point s’impose : bien qu’il ait à plusieurs reprises représenté des paysages nocturnes, rien n’indique que Vincent van Gogh se soit véritablement intéressé à l’astronomie.

Helen Frankenthaler, Star Gazing (Regarder les étoiles)
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Helen Frankenthaler, Star Gazing (Regarder les étoiles), 1989

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Acrylique sur toile • 181,6 × 365,8 cm • Coll. Helen Frankenthaler Foundation, New York • © 2024 Helen Frankenthaler Foundation, Inc. / © ADAGP, Paris, 2024

La discipline est pourtant, au XIXe siècle, en pleine effervescence : émergent alors des figures comme celles de Camille Flammarion, dont les ouvrages, Astronomie populaire (1880) et Les Étoiles et les Curiosité du ciel (1882), font l’effet d’un petit big bang. Ces découvertes célestes ouvrent la voie à une nouvelle vision du monde et de ses représentations dont s’emparent les illustrateurs scientifiques, à l’image d’Étienne Léopold Trouvelot, auteur de plus de 7 000 pastels à la beauté étourdissante.

Un peu plus près des étoiles

Akseli Gallen-Kallela, Tuonelan matkalla (Sur la route de Tuonela)
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Akseli Gallen-Kallela, Tuonelan matkalla (Sur la route de Tuonela), 1888–1894

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Huile sur toile • 138,5 × 39,5 cm • Coll. Fondation Gösta Serlachius, Mäntta • © Fondation Gösta Serlachius

Des ténèbres à la lumière, « Van Gogh et les étoiles » témoigne du prodigieux rayonnement de la Nuit étoilée à travers les époques. Victor Hugo, dont le peintre appréciait l’œuvre cosmique, et Camille Corot, l’une de ses figures tutélaires, ouvrent ce parcours thématique qui, plutôt que d’offrir une énième relecture du célèbre chef-d’œuvre, propose des ponts tantôt esthétiques, philosophiques voire mystiques entre Van Gogh et ses successeurs.

Les pionniers de l’abstraction que sont Kasimir Malevitch, Vassily Kandinsky et František Kupka rythment bien sûr cette promenade méditative où les époques et les régions du monde se télescopent. Le visiteur voyage ainsi d’une monumentale installation d’Alicja Kwade (Cieux extrêmement lourds, 2022) à une ténébreuse lithographie d’Odilon Redon dédicacée à Edgar Allan Poe, en passant par un chef-d’œuvre du peintre finlandais Akseli Gallen-Kallela (Sur la route de Tuonela, 1888–1894)… Et s’élève, chemin faisant, aux firmaments de la création.

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Van Gogh et les étoiles

Du 1 juin 2024 au 8 septembre 2024
Attention, « La Nuit étoilée » est exposée jusqu’au 25 août.

www.fondation-vincentvangogh-arles.org

Retrouvez dans l’Encyclo : Vincent Van Gogh

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