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Carle van Loo, Pan et Syrinx, vers 1735
Pierre noire, sanguine, lavis de sanguine et d’encre brune, pierre blanche sur papier vergé • 53,4 x 74,4 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Jean Tholance
Pierre-Guillaume Lemeunnié, Projet de motifs d’indiennes, 1796
Les feuilles fleuries de Pierre-Guillaume Lemeunnié
La seconde moitié du XVIIIe siècle voit naître un engouement sans précédent pour les indiennes, tissus peints ou imprimés initialement importés des comptoirs des Indes et décorés de fleurs délicates. Réalisé à la gouache par Pierre-Guillaume Lemeunnié, ce dessin a certainement servi de maquette pour la gravure des planches de bois servant à imprimer les toiles de coton à la manufacture Oberkampf, où est également fabriquée la célèbre toile de Jouy. Ici, les feuilles bicolores et les fleurs des champs se détachent d’un fond sombre, aussi appelé fond « ramoneur ». Très modernes pour l’époque, ces motifs, inspirés des palmettes égyptiennes (motifs ornementaux en forme de feuilles de palmier), seront par la suite copiés par de nombreuses manufactures en France et en Europe, et ce jusqu’au XIXe siècle.
Graphite et gouache sur papier vergé • 14,7 x 18,2 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière
Alphons Mucha, Projet de miniature pour pendentif d’une grande agrafe de corsage, 1899-1900
Alphons Mucha : le trait précieux
Figure féminine énigmatique, lignes en « coup de fouet » et symboles… Pas de doute, il s’agit bien ici d’un dessin d’Alphons Mucha, dont le nom est indissociable du triomphe de l’Art nouveau en France. Protégé de l’actrice Sarah Bernhardt, l’artiste a aussi mis son talent au service de la maison de joaillerie Fouquet. En plus de réaliser la décoration intérieure et extérieure de la boutique alors située rue Royale à Paris, Mucha a dessiné toute une gamme de bijoux, comme en témoigne ce dessin préparatoire pour un pendentif d’une agrafe de corsage.
Graphite, aquarelle et rehauts d’or sur papier vélin • 11,3 x 8,6 cm • Coll. MAD, Paris
Marguerite Porracchia, Mme Simone habillée par Jeanne Lanvin, 1920-1922
Marguerite Porracchia dans l’ombre de Jeanne Lanvin
Emblématique des Années folles et de l’esthétique Art déco, la maison Jeanne Lanvin a employé de nombreuses dessinatrices de talent qui ont œuvré dans l’ombre de la grande couturière. Parmi elles, Marguerite Porracchia a occupé, jusque dans les années 1950, le poste de « chef dessinatrice modéliste », travaillant à la réalisation de toutes sortes de dessins. Croquis à destination des clientes, modèles de costumes de scène (la France connaît alors un véritable engouement pour les Ballets russes) et même illustrations pour la publicité… Son trait élégant, emblématique du dessin de mode de l’entre-deux-guerres, met en scène des femmes coiffées à la garçonne ou d’un chapeau cloche, au chic ravageur.
Coll. MAD, Paris • © Marguerite Porracchia © Adagp, Paris, 2020
Robert Mallet-Stevens, Pavillon des renseignements et du tourisme, 1925
Robert Mallet-Stevens, modernité à la ligne
Paris, avril 1925. 4 000 personnes sont venues assister à l’inauguration de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, dont les différents pavillons, construits pour l’occasion, s’élèvent le long de l’esplanade des Invalides jusqu’aux abords du Grand Palais. Parmi eux, le pavillon des renseignements et du tourisme, imaginé par l’architecte Robert Mallet-Stevens, est l’un des plus remarqués. Son campanile-horloge de béton armé, qui culmine à 35 mètres, ainsi que son vaste hall de 9 mètres sur 22, annoncent l’avènement d’un style architectural emblématique : l’Art déco. Ce dessin préparatoire au tracé élégant témoigne de la folle modernité des lignes et des volumes du bâtiment, inspirés du mouvement De Stijl.
Plume et encre noire, graphite, aquarelle et craies sur papier vélin • 100 x 73 cm • Coll. MAD, Paris
Jean Souverbie, La Musique, 1937
La grande musique de Jean Souverbie
« Au milieu Orphée tenant sa lyre entourée de l’allegro, l’adagio et le scherzo. À côté, la musique classique, la musique romantique et la musique moderne. […] C’est vraiment là la grande œuvre de ma vie », écrivait à sa sœur, en 1936, Jean Souverbie. Le peintre vient alors d’être choisi pour réaliser une fresque sur le thème de la musique dans l’imposant palais de Chaillot, construit pour l’Exposition universelle de 1937. Celui qui fût l’élève de Maurice Denis s’éloigne ici de l’influence de son maître et puise l’inspiration aussi bien dans l’iconographie de la Grèce antique que dans la peinture de Picasso. Oublié pendant près de soixante ans, le panneau a été redécouvert par les équipes du musée des Arts décoratifs dans les réserves du Cabinet des dessins à l’occasion d’un chantier de collection et vient de faire l’objet d’une remarquable campagne de restauration.
Fusain, gouache, huile et vernis sur papier • 260 x 130 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière © Adagp, Paris, 2020
Emilio Terry, Projet de chaise aux couleurs de l’arc-en-ciel, 1938
Emilio Terry, l’ami des surréalistes
Décorateur d’intérieur, architecte, designer, dessinateur de mode… Emilio Terry, ami de Dalí ou encore du couple de mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, a donné forme sur le papier à ses idées les plus folles et les plus extravagantes, à l’image de ce projet de fauteuil aux couleurs de l’arc-en-ciel. Fait étonnant, ses fantaisies ne verront jamais le jour ! En effet, ses réalisations au bord du lac Léman ou à Boulogne, pour Gilbert des Crances, sont davantage portées par un style néo-classique un peu pompeux, qu’il nomma lui-même le style « style Louis XVII ».
Aquarelle, gouache et peinture d’or sur papier vélin • 26 x 18 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière © Adagp, Paris, 2020
Le dessin sans réserve
Du 23 juin 2020 au 31 janvier 2021
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
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Carle van Loo, le rococo à plein volume
La scène est tirée des Métamorphoses : en voulant fuir les charmes de Pan, la nymphe Syrinx se trouve changée en roseaux. Le dieu mi-homme mi-bouc s’empresse alors de les couper puis de les coller à l’aide de cire d’abeille, fabriquant ainsi sa première flûte. Particulièrement friand de scènes mythologiques, la figure du mouvement rococo Carle van Loo revisite ici le texte d’Ovide, qu’il transpose dans un paysage imaginaire. D’apparence spontanée, ce dessin (l’un des plus grands formats réalisés par l’artiste) témoigne de la technique virtuose de Van Loo. Après avoir dessiné les premiers contours à la pierre noire et sculpté les volumes à l’aide de hachures, il a rehaussé certains tracés à la sanguine et à la peinture blanche. La touche finale ? Un lavis d’encre brune qui a permis à Van Loo d’obtenir un rendu plus proche d’une peinture que d’un dessin !