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MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS

Le dessin sort de sa réserve

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Publié le , mis à jour le
Habituellement conservé à l’abri des regards et surtout de la lumière, le dessin sort de sa réserve au musée des Arts décoratifs, qui a puisé dans son fonds de plus de 200 000 œuvres près de 500 pépites. Le parcours sous forme d’abécédaire thématique réunit peintres et décorateurs, joailliers et stylistes afin d’offrir une plongée fascinante dans la création du XVe siècle à nos jours.
Carle van Loo, Pan et Syrinx
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Carle van Loo, Pan et Syrinx, vers 1735

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Carle van Loo, le rococo à plein volume

La scène est tirée des Métamorphoses : en voulant fuir les charmes de Pan, la nymphe Syrinx se trouve changée en roseaux. Le dieu mi-homme mi-bouc s’empresse alors de les couper puis de les coller à l’aide de cire d’abeille, fabriquant ainsi sa première flûte. Particulièrement friand de scènes mythologiques, la figure du mouvement rococo Carle van Loo revisite ici le texte d’Ovide, qu’il transpose dans un paysage imaginaire. D’apparence spontanée, ce dessin (l’un des plus grands formats réalisés par l’artiste) témoigne de la technique virtuose de Van Loo. Après avoir dessiné les premiers contours à la pierre noire et sculpté les volumes à l’aide de hachures, il a rehaussé certains tracés à la sanguine et à la peinture blanche. La touche finale ? Un lavis d’encre brune qui a permis à Van Loo d’obtenir un rendu plus proche d’une peinture que d’un dessin !

Pierre noire, sanguine, lavis de sanguine et d’encre brune, pierre blanche sur papier vergé • 53,4 x 74,4 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Jean Tholance

Pierre-Guillaume Lemeunnié, Projet de motifs d’indiennes
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Pierre-Guillaume Lemeunnié, Projet de motifs d’indiennes, 1796

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Les feuilles fleuries de Pierre-Guillaume Lemeunnié

La seconde moitié du XVIIIe siècle voit naître un engouement sans précédent pour les indiennes, tissus peints ou imprimés initialement importés des comptoirs des Indes et décorés de fleurs délicates. Réalisé à la gouache par Pierre-Guillaume Lemeunnié, ce dessin a certainement servi de maquette pour la gravure des planches de bois servant à imprimer les toiles de coton à la manufacture Oberkampf, où est également fabriquée la célèbre toile de Jouy. Ici, les feuilles bicolores et les fleurs des champs se détachent d’un fond sombre, aussi appelé fond « ramoneur ». Très modernes pour l’époque, ces motifs, inspirés des palmettes égyptiennes (motifs ornementaux en forme de feuilles de palmier), seront par la suite copiés par de nombreuses manufactures en France et en Europe, et ce jusqu’au XIXe siècle.

Graphite et gouache sur papier vergé • 14,7 x 18,2 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière

Alphons Mucha, Projet de miniature pour pendentif d’une grande agrafe de corsage
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Alphons Mucha, Projet de miniature pour pendentif d’une grande agrafe de corsage, 1899-1900

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Alphons Mucha : le trait précieux

Figure féminine énigmatique, lignes en « coup de fouet » et symboles… Pas de doute, il s’agit bien ici d’un dessin d’Alphons Mucha, dont le nom est indissociable du triomphe de l’Art nouveau en France. Protégé de l’actrice Sarah Bernhardt, l’artiste a aussi mis son talent au service de la maison de joaillerie Fouquet. En plus de réaliser la décoration intérieure et extérieure de la boutique alors située rue Royale à Paris, Mucha a dessiné toute une gamme de bijoux, comme en témoigne ce dessin préparatoire pour un pendentif d’une agrafe de corsage.

Graphite, aquarelle et rehauts d’or sur papier vélin • 11,3 x 8,6 cm • Coll. MAD, Paris

Marguerite Porracchia, M<sup>me</sup> Simone habillée par Jeanne Lanvin
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Marguerite Porracchia, Mme Simone habillée par Jeanne Lanvin, 1920-1922

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Marguerite Porracchia dans l’ombre de Jeanne Lanvin

Emblématique des Années folles et de l’esthétique Art déco, la maison Jeanne Lanvin a employé de nombreuses dessinatrices de talent qui ont œuvré dans l’ombre de la grande couturière. Parmi elles, Marguerite Porracchia a occupé, jusque dans les années 1950, le poste de « chef dessinatrice modéliste », travaillant à la réalisation de toutes sortes de dessins. Croquis à destination des clientes, modèles de costumes de scène (la France connaît alors un véritable engouement pour les Ballets russes) et même illustrations pour la publicité… Son trait élégant, emblématique du dessin de mode de l’entre-deux-guerres, met en scène des femmes coiffées à la garçonne ou d’un chapeau cloche, au chic ravageur.

Coll. MAD, Paris • © Marguerite Porracchia © Adagp, Paris, 2020

Robert Mallet-Stevens, Pavillon des renseignements et du tourisme
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Robert Mallet-Stevens, Pavillon des renseignements et du tourisme, 1925

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Robert Mallet-Stevens, modernité à la ligne

Paris, avril 1925. 4 000 personnes sont venues assister à l’inauguration de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, dont les différents pavillons, construits pour l’occasion, s’élèvent le long de l’esplanade des Invalides jusqu’aux abords du Grand Palais. Parmi eux, le pavillon des renseignements et du tourisme, imaginé par l’architecte Robert Mallet-Stevens, est l’un des plus remarqués. Son campanile-horloge de béton armé, qui culmine à 35 mètres, ainsi que son vaste hall de 9 mètres sur 22, annoncent l’avènement d’un style architectural emblématique : l’Art déco. Ce dessin préparatoire au tracé élégant témoigne de la folle modernité des lignes et des volumes du bâtiment, inspirés du mouvement De Stijl.

Plume et encre noire, graphite, aquarelle et craies sur papier vélin • 100 x 73 cm • Coll. MAD, Paris

Jean Souverbie, La Musique
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Jean Souverbie, La Musique, 1937

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La grande musique de Jean Souverbie

« Au milieu Orphée tenant sa lyre entourée 
de l’allegro, l’adagio et le scherzo. À côté, la musique classique, la musique romantique et la musique moderne. […] C’est vraiment
 là la grande œuvre de ma vie », écrivait à sa sœur, en 1936, Jean Souverbie. Le peintre vient alors d’être choisi pour réaliser une fresque sur le thème de la musique dans l’imposant palais de Chaillot, construit pour l’Exposition universelle de 1937. Celui qui fût l’élève de Maurice Denis s’éloigne ici de l’influence de son maître et puise l’inspiration aussi bien dans l’iconographie de la Grèce antique que dans la peinture de Picasso. Oublié pendant près de soixante ans, le panneau a été redécouvert par les équipes du musée des Arts décoratifs dans les réserves du Cabinet des dessins à l’occasion d’un chantier de collection et vient de faire l’objet d’une remarquable campagne de restauration.

Fusain, gouache, huile et vernis sur papier • 260 x 130 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière © Adagp, Paris, 2020

Emilio Terry, Projet de chaise aux couleurs de l’arc-en-ciel
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Emilio Terry, Projet de chaise aux couleurs de l’arc-en-ciel, 1938

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Emilio Terry, l’ami des surréalistes

Décorateur d’intérieur, architecte, designer, dessinateur de mode… Emilio Terry, ami de Dalí ou encore du couple de mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, a donné forme sur le papier à ses idées les plus folles et les plus extravagantes, à l’image de ce projet de fauteuil aux couleurs de l’arc-en-ciel. Fait étonnant, ses fantaisies ne verront jamais le jour ! En effet, ses réalisations au bord du lac Léman ou à Boulogne, pour Gilbert des Crances, sont davantage portées par un style néo-classique un peu pompeux, qu’il nomma lui-même le style « style Louis XVII ».


Aquarelle, gouache et peinture d’or sur papier vélin • 26 x 18 cm • Coll. MAD, Paris • Photo Christophe Dellière © Adagp, Paris, 2020

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Le dessin sans réserve

Du 23 juin 2020 au 31 janvier 2021

Retrouvez dans l’Encyclo : Alphonse Mucha

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