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Claude Gellée dit Le Lorrain, La Madeleine en prière dans le désert, XVIIe siècle
Plume et encre brune, lavis brun et gris, rehauts de blanc • 19,1 x 15 cm • Collection Prat
Louis-Léopold Boilly, Portrait de seize hommes, XVIIIe siècle
Seize hommes à la page
Jean-François Van Dael, François Sablet, Guillaume Guillon-Lethière… Seize noms sont inscrits au verso de cette page, mais difficile de vérifier s’ils correspondent aux portraits du recto… Une chose est sûre : en bas à droite, se trouverait celui du dessinateur lui-même, le peintre Louis-Léopold Boilly (1761–1845), maître de la peinture de genre du XVIIIe siècle. De sa pierre noire affûtée, il démontre son talent pour retranscrire les expressions et la psychologie de chacun de ses amis, que l’on devine tantôt rêveurs, tantôt provocants ou spirituels.
Pierre noire, rehauts de blanc sur papier beige • 57,5 x 47,5 cm • Collection Prat
Pierre-Paul Prud'hon, Psyché enlevée par les Zéphyrs, XIXe siècle
Dans le lit du zéphyr
L’esquisse surpasserait-elle la peinture pour laquelle elle fut réalisée ? La question se pose ici, tant le velouté de la pierre noire et de la craie blanche rehausse la sensualité de cette Psyché enlevée par des Zéphyrs sur ordre de l’Amour, séduit par la beauté de la mortelle. Doucement éclairée par la lune, elle se laisse porter par la brise tout en se délectant de la torpeur qui la submerge. Un clair-obscur en demi-teintes qui surprit au Salon de 1808, lors de la présentation du tableau : le préromantisme de Pierre-Paul Prud’hon (1758–1823) tranchant violemment avec la peinture néoclassique de Jacques-Louis David (1748–1825).
Pierre noire, réhauts de blanc sur papier bleu • 33 x 17 cm • Collection Prat
Jean-Auguste Dominique Ingres, Portrait de Madame Ingres, née Madeleine Chapelle, XIXe siècle
Portrait d’un « bon ange »
Née en 1782, Madeleine Chapelle était d’abord modiste avant de se marier avec le peintre Jean-Auguste Dominique Ingres (1780–1867), et ainsi devenir la maîtresse de maison de cet homme intraitable et colérique… Pourtant, ils s’aimèrent tendrement. Ce que l’artiste laisse entrevoir dans cet élégant portrait dont seul le visage est traité avec une extrême précision, pour en révéler la bienveillance et le courage : « Ma chère femme fait des merveilles et je crois pouvoir dire que c’est toujours mon bon ange », avoue-t-il en 1835. Lors de sa mort d’une longue maladie en 1849, elle laissera derrière elle un veuf inconsolable.
Graphite • 21 x 16,6 cm • Collection Prat
Eugène Delacroix, L’Amoureuse au piano, XIXe siècle
Une mystérieuse pianiste
Cette musicienne à la poitrine découverte, peinte sensuellement au lavis par le maître du romantisme Eugène Delacroix (1798–1863) est-elle la cantatrice Maria Malibran, Marie Kalergis née comtesse Nesselrode, l’écrivaine George Sand ou encore la virtuose Marie Pleyel ? Le mystère demeure… Qui peut bien être cette superbe créature esquissée dans un élan (probablement) amoureux du peintre ? En tout cas, elle semble être parfaitement à son aise dans l’exécution de sa partition, les mains posées sur les touches du piano tout en détournant le regard… vers son amant ?
Pinceau et lavis brun • 21,8 x 17,5 cm • Collection Prat
Victor Hugo, Le Burg, XIXe siècle
La poésie des ruines
Si Louis-Antoine Prat collectionne essentiellement des portraits, en bon romancier passionné de psychologie humaine, il s’est permis un écart avec cette esquisse représentant une architecture moyenâgeuse en ruine, surplombant une montagne plongée dans l’obscurité et battue par le vent. La raison ? Elle fut dessinée par un génie de la littérature française : le célèbre Victor Hugo (1802–1885), poète, politicien, dramaturge et artiste. Croqué à l’aide d’un pochoir et d’une plume plongée dans une encre brune, ce dessin semble révéler l’incipit d’un récit fantastique. À nous d’en imaginer la suite !
Plume et encre brune, lavis brun • Collection Prat
Georges Seurat, Maison sous les arbres dit aussi Maison hantée, XIXe siècle
Noirs d’impressionniste
C’est une des merveilles de l’exposition : une esquisse au crayon Conté noir de Georges Seurat (1859–1891). Le peintre impressionniste Paul Signac (1863–1935) la considère même comme l’un des « plus beaux « dessins de peintre » qui soient ». Et pour cause, cette maison hantée sous les arbres est une vision d’une poésie rare, à peine suggérée par la main experte de Seurat, qui appuie plus ou moins sur son crayon pour intensifier le noir et ainsi, approfondir le mystère… Quel étonnement pour ce scientifique de la couleur, maître du pointillisme !
Crayon Conté • 32 x 24,5 cm • Collection Prat
Paul Cézanne, Les Grands Arbres, XIXe siècle
Des arbres façon Cézanne
Au graphite, il a d’abord saisi les courbes des troncs, les élans des branches, les ondulations des écorces. Puis en aquarelle, il a recouvert les ombres de touches pourpres, les feuillages de petits aplats verdâtres, les recoins lumineux de reflets orangés. Cette esquisse du « père de l’art moderne » Paul Cézanne (1839–1906), réalisée à Aix-en-Provence vers la fin de sa vie, est une leçon de style, un dévoilement de sa manière de voir et d’appréhender la nature. Ses arbres semblent vivants et énergiques : ils annoncent les grands mouvements picturaux du XXe siècle…
Aquarelle, graphite • 47 x 58 cm • Collection Prat
La force du dessin. Chefs-dœuvre de la collection Prat
Du 16 juin 2020 au 4 octobre 2020
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
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Le Lorrain en état de grâce
« C’est émouvant de penser que ce dessin a sûrement été maintes fois consulté par la reine Christine de Suède en personne ! » s’exclame avec passion le collectionneur Louis-Antoine Prat. En effet, cette esquisse du peintre classique Claude Gellée dit Le Lorrain (1600–1682), introduit un album de dessins qui appartenait à cette royale amatrice d’art. Des oiseaux survolant la mer, de grands arbres aux feuillages fournis, des navires prenant le large… Tout dans cette composition indique un instant d’évasion propice à la méditation de Madeleine, les deux mains reposant sur un crâne, observée en catimini par un angelot, depuis le rocher de gauche.