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PHOTOGRAPHIE

Le meilleur des Rencontres d’Arles !

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Publié le , mis à jour le
Après deux éditions réduites, le festival revient envahir la cité antique avec une quarantaine d’événements : des voyages en Inde de l’Américain Mitch Epstein à la rétrospective du Ghanéen James Barnor en passant par la plus jeune génération, la planète photo souffle enfin.

Cette année, à Arles, on va « Performer », « Expérimenter », « Émerger », « Explorer & témoigner » et « Revisiter », cinq actions articulant le programme « pour autant de manières d’envisager ce que peut faire la photographie », explique Christophe Wiesner, son directeur, qui a longtemps œuvré aux manettes de la foire Paris Photo. Voilà qui en dit long sur sa vision plurielle et variée du médium, des traditionnels tirages noir et blanc et démarches documentaires à des œuvres conceptuelles, expérimentales, jusqu’au virtuel.

Le programme joue également l’équilibre entre les grandes figures historiques ou contemporainesLee Miller, Susan Meiselas, Bruno Serralongue, James Barnor, Joan Fontcuberta, Klavdij Sluban… – et les découvertes. À l’image de Bettina Grossmroman, repérée au Dummy Book Award 2020, d’un focus sur l’Inde à travers la vision de deux générations de photographes, complétée par un travail sur ce pays réalisé par Mitch Epstein entre 1978 et 1989, et du Prix Découverte Louis Roederer. Sous la houlette de l’historienne de la photographie Taous Dahmani, choisie cette année comme commissaire, les dix projets d’artistes émergents sont réunis autour du thème de l’intime dans l’église des Frères Prêcheurs.

Arash Hanaei, Hantologie suburbaine, croquis pour vidéo et dessins (en cours)
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Arash Hanaei, Hantologie suburbaine, croquis pour vidéo et dessins (en cours), 2022

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Courtesy Arash Hanaei / BMW Art Makers

Les Rencontres d’Arles, ce sont aussi des redécouvertes, comme le Luxembourgeois Romain Urhausen, dont l’œuvre des années 1950– 1960 se partage entre démarche humaniste et explorations formelles, et Babette Mangolte, qui a filmé et photographié la scène performative new-yorkaise des années 1970 à 2010. Du côté des thématiques, Christoph Wiesner creuse un sillon. Dans la continuité de l’année dernière, il fait la part belle aux sujets sociétaux qui font actuellement débat, comme l’identité ethnique, le féminisme et l’écologie. Plus que jamais ancrée dans le réel, la programmation est même en phase directe avec l’actualité et fait écho à la guerre en Ukraine. Deux soirées hommage seront consacrées à l’école de Kharkiv qui fait référence depuis les années 1970, époque où s’est développé l’art underground, prenant le contre-pied du réalisme socialiste. Du passé au présent ; de l’ici et de l’ailleurs ; du réel et de la fiction : une nouvelle fois, les Rencontres d’Arles vont nous montrer le monde autrement.

1. La Croix Rouge : une esthétique de l’humanitaire ?

« Un monde à guérir » fait étrangement écho à l’actualité, qu’il s’agisse de la crise sanitaire ou bien de la guerre en Ukraine. Résultat de deux ans de recherches au sein des collections du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, l’exposition a donc été préparée bien avant le conflit. Rassemblant plus de 600 images et retraçant 160 ans de photographie, elle offre un parcours dans l’histoire du médium, de 1850 à nos jours. S’y côtoient des anonymes – des travailleurs humanitaires – et des grandes figures, comme des photographes de la prestigieuse agence Magnum Photos à l’origine du renouveau du reportage au milieu du XXe siècle : Robert Capa, Susan Meiselas ou encore Henri Cartier-Bresson. Les sujets abordés sont divers, de la guerre de Sécession à Alep en ruine en passant par l’évacuation de blessés, la libération de prisonniers, les camps de migrants, la distribution de nourriture, etc. La présentation est complétée par un focus sur le travail mené par Alexis Cordesse en Syrie. Si elle est indispensable pour informer et alerter, l’image humanitaire est aussi parfois sujette à polémique, renvoyant à une question clé : peut-on tout montrer ? C’est le travail de réflexion mené par les deux commissaires d’exposition Nathalie Herschdorfer, qui vient de prendre la direction de Photo Élysée, le musée cantonal pour la Photographie de Lausanne, et Pascal Hufschmid, directeur général du musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Genève), où l’exposition a déjà été présentée.

Isaac Griberg, Ambulance endommagée
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Isaac Griberg, Ambulance endommagée, 2013

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Cette photographie a été exposée lors du Conseil des délégués du Comité international de la Croix-Rouge à Sydney, pour illustrer l’impact des attaques sur les services de santé.

© CICR / Isaac Griberg.

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Un monde à guérir – 160 ans de photographie à travers les collections de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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2. Frida Orupabo désarticule l’iconographie coloniale

Tout en abordant les thèmes universels de la « race », des relations au genre, à la sexualité, à la violence et à l’identité, Frida Orupabo, née en 1986, offre une relecture de sa propre histoire. D’origine nigériane, cette sociologue de formation vit en Norvège où elle développe un travail singulier. Questionnant la représentation du corps noir, sa pratique est axée sur les collages numériques réalisés à partir d’images à la fois collectées sur Internet et issues de ses archives familiales personnelles. Avec ses créatures désarticulées, parfois associées à des objets, l’artiste dénonce la brutalité de l’iconographie coloniale à travers l’histoire, qu’elle soit ethnographique ou populaire. Si ses personnages fantastiques semblent tout droit sortis de contes et légendes, ils relatent pourtant une réalité bien tangible et dérangeante. Une découverte.

Frida Orupabo, Sans titre
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Frida Orupabo, Sans titre, 2021

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Courtesy Frida Orupabo / Galerie Nordenhake, Berlin-Stockholm-Mexico

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Frida Orupabo – À quelle vitesse chanterons-nous

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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3. Féminités décapantes

Imaginée par Christoph Wiesner comme le pendant de l’exposition « Masculinité » présentée l’année dernière, « Une avant-garde féministe » propose plus de 200 œuvres de 73 femmes artistes de la collection de la société autrichienne Verbund. Une première en France, après une tournée dans plusieurs pays européens. Centré sur les années 1970 et réunissant principalement des artistes germanophones, ce fonds a été lancé il y a une vingtaine d’années par la critique d’art Gabriele Schor qui en est la conservatrice et a assuré le commissariat de l’exposition. Une démarche originale à l’époque que de réunir ces artistes activistes qui se sont approprié la photographie et la vidéo pour créer un nouveau langage et aborder la question de la place des femmes dans la société. Leur but ? Dénoncer le sexisme et les discriminations, donner à voir une autre représentation des femmes et changer notre point de vue. Bien qu’originaires de divers points du globe et ne se connaissant pas, beaucoup de ces femmes artistes partagent des démarches similaires : la mise en scène de leur corps comme moyen d’expression, la performance pour délivrer leur message. L’exposition réunit des artistes connues – Helena Almeida, Valie Export, Orlan, Francesca Woodman ou Cindy Sherman –, mais également de nombreuses découvertes. C’est provocant, tranchant, cru, ironique, poétique… Ça surprend et ça décape !

Birgit Jürgenssen, Ohne Titel (Selbst mit Fellchen) [Sans titre (Moi avec de la fourrure)]
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Birgit Jürgenssen, Ohne Titel (Selbst mit Fellchen) [Sans titre (Moi avec de la fourrure)], 1974

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Courtesy Birgit Jürgenssen / Galerie Hubert Winter, Vienne / Bildrecht / Collection Verbund, Vienne. © Adagp, Paris, 2022

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Une avant-garde féministe – Photographies et performances des années 1970 de la collection Verbund, Vienne

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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4. Lee Miller en toute complexité

On croit tout connaître de Lee Miller, la muse de Man Ray et des surréalistes, la mannequin, la photographe de mode, la correspondante de guerre témoignant de la libération des camps de concentration et l’une des premières à entrer dans l’appartement d’Hitler à Munich… Cette exposition se propose de renouveler notre vision de cette artiste complexe en mettant en regard ses photographies et leur publication dans les magazines tels que Vogue et Vanity Fair. Concentrées sur les années de 1932 à 1945, les recherches menées par la commissaire d’exposition Gaëlle Morel, au sein et en collaboration avec les Archives Lee Miller, rappellent qu’elle a été une femme libre et indépendante, ayant eu son propre studio à New York de 1932 à 1934. Portrait, mode, publicité, travaux en noir et blanc et en couleur… L’exposition montre toutes les facettes de son savoir-faire.

Lee Miller, Bruce Howard en Sainte-Thérèse II, « Four Saints in Three Acts »
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Lee Miller, Bruce Howard en Sainte-Thérèse II, « Four Saints in Three Acts », 1933

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© Lee Miller Archives

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Lee Miller – Photographe professionnelle (1932-1945)

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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5. Effets spéciaux par algorithmes

Artiste pluridisciplinaire mais aussi théoricien et enseignant, l’Espagnol Joan Fontcuberta tisse depuis les années 1980 une œuvre provocante et pleine d’humour. Porté par une réflexion sur les images, son travail ne cesse de nous faire réfléchir sur leurs sens et leurs effets. À l’occasion de la sortie de Manifeste pour une post-photographie (éd. Actes Sud) – ouvrage dans lequel il décrypte les bouleversements causés par l’omniprésence et la dématérialisation des images avec l’avènement du numérique –, l’Association du Méjan présente des œuvres récentes réalisées lors d’une résidence pour le festival Planches Contact en Normandie. Conçue avec l’artiste et chercheuse Pilar Rosado, la série Déjà-vu est une sorte de mise en pratique du manifeste de Joan Fontcuberta. Étranges et pour le moins étonnantes, les images de cette série ne sont pas le résultat d’une prise de vue mais d’un calcul effectué par une intelligence artificielle – via des algorithmes – à partir d’une base de données composée d’une collection, celle du lieu culturel Les Franciscaines à Deauville. Le duo nous invite ainsi à réfléchir sur la notion d’œuvre d’art et d’artiste. Tout un programme.

Joan Fontcuberta & Pilar Rosado, Série Déjà-vu
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Joan Fontcuberta & Pilar Rosado, Série Déjà-vu, 2021

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Courtesy Joan Fontcuberta & Pilar Rosado

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Manifeste pour une post-photographie

Par Joan Fontcuberta

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Joan Fontcuberta & Pilar Rosado – Déjà-vu

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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6. Première rétrospective en France de James Barnor

Dernier représentant vivant des photographes africains nés dans les années 1920, le Ghanéen James Barnor a, comme ses contemporains, pratiqué le portrait dans son propre studio photo, ouvert en 1949. Mais ce qui le distingue, c’est qu’il a aussi couvert l’actualité pour la presse au Ghana, puis à Londres où il s’installe pour dix ans à la fin des années 1950, avant de retourner dans son pays natal. Multiple et variée, sa démarche inclut aussi bien le documentaire social – dont sa fameuse série sur la vie de la diaspora au cœur du Swinging London des années 1960 – que la commande publicitaire. Sur le principe de son programme Archives vivantes, Luma Arles présente une immersion en forme d’installation, mêlant documents et tirages d’époque. Donnant à voir les multiples aspects de son corpus, cette première rétrospective en France réunit de nombreux inédits.

James Barnor, Sophia Salomon, fille du propriétaire de James Barnor, Accra
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James Barnor, Sophia Salomon, fille du propriétaire de James Barnor, Accra, vers 1972

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© James Barnor

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James Barnor – Stories, le portfolio (1947-1987)»

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022
La Tour.

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7. Katrien De Blauwer : coupé, collé, radicalité

Si les photographes travaillent avec le réel, y choisissant le cadre, la lumière, etc., Katrien De Blauwer, elle, puise dans un fonds d’images personnelles et collectées pour élaborer des créations visuelles réalisées à coups de ciseaux, de pinceaux et de colle. Elle dissèque et fragmente pour mieux reconstruire. Se définissant elle-même comme une photographe sans appareil, elle classe son travail en séries thématiques – Fake Polaroids, Dirty Scenes, Rendez-vous, etc. –, comme la plupart de ses alter ego. À travers un parcours regroupant dix ans de travail, l’exposition présente ce corpus singulier où la figure féminine est omniprésente. Alternativement oniriques, étranges, glamours et absurdes, les saynètes de Katrien De Blauwer en disent long sur notre rapport au corps ou à la nature, sur les relations hommes et les femmes… À chacun d’interpréter.

Katrien De Blauwer, Commencer (62)
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Katrien De Blauwer, Commencer (62), 2020

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© Katrien de Blauwer / Courtesy Galeries Les Filles du Calvaire (Paris) et Fifty One (New York)

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Katrien De Blauwer – Les photos qu’elle ne montre à personne

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022

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Catalogue des Rencontres de la photographie 2022

Sous la dir. de Christoph Wiesner

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Arles 2022 – Les Rencontres de la photographie

Du 4 juillet 2022 au 25 septembre 2022
À travers la ville et en PACA •. Renseignements et billetterie au 34, rue du Docteur Fanton • 04 90 96 76 06.

Retrouvez dans l’Encyclo : Lee Miller

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