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Peter Doig, Two trees, 2017
huile sur toile • 240 × 355 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • © Peter Doig. All Rights Reserved, DACS/ ADAGP, Paris 2023
Sa palette est parfois comparée à celle de Vincent van Gogh. Heureux hasard ! Voilà Peter Doig (né en 1959) à l’affiche du musée d’Orsay, lequel consacre, au même moment, un accrochage aux derniers mois du Néerlandais à Auvers-sur-Oise.
Quinze ans que le peintre écossais, longtemps basé à Trinité-et-Tobago dans les Caraïbes, n’avait pas fait l’objet d’une exposition en France. Celle-ci a la particularité de confronter une dizaine de ses grands formats à des œuvres issues des collections de l’ancienne gare parisienne. « Je ne suis pas commissaire à proprement parler. J’ai seulement choisi une vingtaine de pièces parmi les 200 que j’avais listées », explique avec humilité l’artiste, rendant ainsi hommage à ses complices, Christophe Leribault, le président du musée d’Orsay, et Nicolas Gausserand, chargé des questions internationales et contemporaines au sein de l’institution.
À gauche, “Paragon” de Peter Doig, 2006. À droite, “Chasseurs dans la neige” de Gustave Courbet, vers 1864
huiles sur toile • 195 x 295 cm. 65 x 81 cm • Coll. particulière. Coll. musée des Beaux-Arts et d'Archéologie, Besançon • © Peter Doig. All Rights Reserved, DACS/ ADAGP, Paris 2023. © Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Sophie Crépy
C’est la même humilité qui a poussé l’artiste à séparer, dans deux galeries mitoyennes, ses tableaux et ceux de ses aînés… Pas question de se hisser au rang des grands maîtres ! Exit les comparaisons trop littérales ; ici, on parle plutôt de résonances. L’influence de Paul Cezanne sur les deux Bathers (baigneurs) qui encadrent l’entrée de la salle 58 s’éprouve en dépit de son absence. De même, 100 Years Ago (2000), dont il existe une version moins épurée au Centre Pompidou, évoque Paul Gauguin, refoulé, plus loin, parmi ses pairs et ses aînés (Jean-Léon Gérôme, Claude Monet, Edgar Degas, Berthe Morisot, Georges Seurat…). Son Cheval blanc (1898) donnerait presque chaud, à côté des Chasseurs dans la neige de Gustave Courbet (1864).
Nicolas Gausserand qualifie l’accrochage de « sensationnel », en tant qu’il éveille précisément les sens ; Christophe Leribault se réjouit, lui, d’avoir découvert de « nouvelles dynamiques » au contact de Peter Doig. « Le musée d’Orsay n’est pas un musée d’art contemporain, mais un musée qui traite d’une période d’inventivité incroyable, brassant talents et courants variés. Il est donc logique de confronter nos œuvres au regard d’artistes actuels », conclut le président de l’institution.
Peter Doig. Reflets du siècle
Du 17 octobre 2023 au 21 janvier 2024
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
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