Article réservé aux abonnés

Victoria & Albert Museum

À Londres, l’opéra s’expose en 5 actes

Par

Publié le , mis à jour le
Oubliez le smoking ! L’exposition Opera : Passion, Power and Politics du Victoria & Albert Museum n’a rien de guindé. Bien au-delà des effets d’annonce, le musée joue des représentations populaires pour un parcours exigeant et accessible. En cinq raisons, voici pourquoi Beaux Arts applaudit.

1. Une découverte de l’opéra à la portée de tous

L’opéra, c’est tout d’abord un genre musical apparu en Italie au XVIIe siècle. Une forme de théâtre particulière, parce que chantée, qui a évolué avec le temps jusqu’à devenir un « art total » qui requiert des savoir-faire très différents. Il faut d’abord un librettiste, capable d’écrire l’histoire, mais surtout un compositeur pour la transposer en musique, des musiciens et chanteurs pour l’interpréter, mais aussi des décorateurs, des artistes et des machinistes pour l’enchanter. L’exposition, plutôt didactique, démonte ainsi l’un après l’autre les artifices pour révéler la fabrique de l’opéra, de la partition d’un Monteverdi à la répétition du chœur.

Philip Glass, Einstein on the Beach
voir toutes les images

Philip Glass, Einstein on the Beach, 2013

i

en collaboration avec Robert Wilson au Dorothy Chandler Pavilion à Los Angeles • © Lawrence K. Ho Los Angeles Times Getty Images

2. Les coulisses d’un lieu de prestige

Aller à l’opéra, ce n’est pas simplement assister à un spectacle, c’est une expérience en soi. Il fallait donc tout le talent d’un metteur en scène comme Robert Carsen – habitué de Bastille – qui a monté dernièrement La Flûte enchantée, pour faire du parcours de l’exposition une immersion dans le monde fantastique et artificiel de la scène. Entre une armurerie en toc et des décors en carton, l’impression d’être entré dans les coulisses ne quitte pas le visiteur, qui se trouve transporté au cœur de la magie. Vu d’un côté ou de l’autre, le plateau se transforme, et l’on peut voir aussi bien qu’être vu dans ce dispositif qui rend hommage à une architecture du fantasme.

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics
voir toutes les images

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics

i

© Victoria & Albert Museum, Londres

3. Un voyage à travers l’Europe et l’histoire

Il est désormais impensable qu’une métropole européenne ne dispose pas de son opéra. Entre démonstration de force et gage de rayonnement culturel, ces constructions de prestige dessinent une cartographie du pouvoir. De la création de L’Incoronazione di Poppea dans les fastes de la Venise du XVIIe siècle à la censure stalinienne de la Lady Macbeth de Mtsensk, déprogrammée à Leningrad en 1934, l’exposition du Victoria & Albert Museum déroule un parcours aussi bien chronologique que géographique : une ville, une époque, un opéra. On entre dans chaque ville au faîte de sa puissance économique, politique et symbolique à la manière d’un simple voyageur pour en sortir avec une vision globale du vieux continent pris dans une spirale de rivalité et d’émulation.

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics
voir toutes les images

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics

i

© Victoria & Albert Museum Londres

4. Une expérience sonore et interactive

Équipé d’un casque, le visiteur circule comme dans une bulle ; il s’agit d’une expérience intime de la musique. Sans jamais être oppressant, le dispositif est particulièrement intelligent : c’est la voix qui sert de guide dans cette visite, plus ou moins lointaine au fur et à mesure que l’on s’approche des vitrines et points d’intérêt. En partenariat avec l’English National Opera, plusieurs airs parmi les plus déchirants et les plus vivants ont été enregistrés pour l’occasion, de Mozart à Strauss, en passant par Haendel. Il faut aussi tendre l’oreille : il n’est pas rare de croiser des chanteurs lyriques venus prêter leur voix à l’exposition !

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics
voir toutes les images

Vue de l’exposition Opera : Passion, Power and Politics

i

© Victoria & Albert Museum Londres

5. Des chefs-d’œuvre sortis pour l’occasion

Au-delà des éléments de costumes et des décors impressionnants, le Victoria & Albert Museum a sorti de ses réserves nombre de trésors. Les verreries vénitiennes tout comme les caricatures de Hogarth permettent ainsi de caractériser visuellement et efficacement le raffinement de la Venise du XVIIe siècle et la vivacité de Londres au XVIIIe siècle. Les pièces montrées, tableaux, instruments de musique et mobilier, traduisent un enjeu civilisationnel, mais ont aussi quelque chose de sentimental. Comment ne pas être ému devant le piano de Mozart ?

Eva Gonzalès, Une Loge aux Italiens
voir toutes les images

Eva Gonzalès, Une Loge aux Italiens, 1874

i

Huile sur toile • 98 × 130 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © Bridgeman Images presse

Arrow

Opera : Passion, Power and Politics

Du 30 septembre 2017 au 25 février 2018

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi