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Avec le retour au Grand Palais et ses 9 000 m2 supplémentaires portant la surface de la foire à 21 000 m2, la 27e édition de Paris Photo voit tout en plus grand : 195 galeries, 45 éditeurs, un nouveau secteur appelé « Voices » confié à des commissaires invités, la réapparition de « Prismes » avec ses projets exceptionnels, une grande exposition dans le cadre de la Saison de la Lituanie en France et, enfin, la création d’un espace pédagogique dédié au livre photo jeunesse.
Plus international avec 34 pays représentés, Paris Photo 2024 mise sur un invité de marque, le réalisateur américain Jim Jarmusch, auteur d’un parcours autour du surréalisme, et s’affirme aussi par une présence accrue des commissaires d’exposition dans chaque secteur, gage de sang neuf. Parmi les plus de 1 300 artistes présentés, 38 % sont des femmes, un record « prouvant que le parcours Elles x Paris Photo est un levier incitatif efficace », se réjouit la directrice de la foire, Florence Bourgeois. Panorama en 4 points des points forts de l’édition 2024.
Trois commissaires de renom (et autant de regards) président à la programmation de « Voices », proposant trois expositions en une : Elena Navarro réunit quatre galeries d’Amérique latine et d’Espagne, dont Vermelho (São Paulo) avec un solo show de Claudia Andujar, tandis qu’Azu Nwagbogu, spécialiste de l’Afrique, axe sa sélection sur le thème de la réactivation des archives sous l’intitulé « Liberated Bodies ».
De son côté, avec « 4 Walls », Sonia Voss offre un éclairage sur les pays de l’Est à travers le sujet de la chambre. Parmi les trois galeries choisies par celle qui signe aussi le commissariat de l’exposition dédiée à la scène lituanienne dans les collections du Centre Pompidou et de la Bibliothèque nationale de France, Anca Poterașu Gallery (Bucarest) consacre sa programmation à Aurora Király (née en 1970), artiste roumaine qui revisite ses travaux de jeunesse via un dispositif original.
Derrière ce changement se dessine la volonté « d’embrasser la grande diversité des pratiques actuelles », explique Anna Planas, directrice artistique de la foire, qui gère ce secteur. Les 23 projets (contre 16 l’année dernière) alternent le documentaire, l’expérimental, la vidéo, la photographie de mode ou sociale : surimpressions d’Hélène Amouzou (chez Carole Kvasnevski), dont le travail a été vu au BAL dans la récente exposition « À partir d’elle » ; étranges natures mortes et mises en scène de Jonathan LLense (présenté par Jörg Brockmann) ; expérimentations autour des algues vertes asphyxiant les côtes bretonnes d’Alice Pallot (Hangar) ; tirages agrémentés de points de croix de Diane Meyer (Sit Down) ; écrans encapsulés d’Antony Cairns (Intervalle).
Toujours dirigé par la spécialiste Nina Roehrs, le secteur dédié à la création issue des technologies s’étoffe avec 15 galeries installées au pied de l’escalier d’honneur du Grand Palais. S’emparant des potentialités de ces nouveaux outils, les artistes explorent les frontières séparant le réel du virtuel à l’aune de l’IA, des algorithmes, des réseaux sociaux ou de l’inépuisable banque de données qu’est Internet. Avec ou sans appareil photo, ils nous entraînent dans leur imaginaire – ou dans le futur ? –, comme le fait Natalia Evelyn Bencicova (Artemis) avec sa série « Larmes artificielles », où chaque image est un conte philosophique – si l’on en croit les titres : Pouvons-nous vivre sans notre propre reflet ?, L’avenir n’est plus ce qu’il était ou Je n’existe pas.
Boris Mikhaïlov, Sans titre, série I Am not I
Courtesy Boris Mikhaïlov et Galerie Suzanne Tarasieve, Paris
Outre un panorama de l’histoire du médium depuis le XIXe siècle jusqu’aux pratiques les plus contemporaines, Paris Photo est aussi l’occasion de voir des pièces exceptionnelles. On notera l’intégralité des « Hommes du XXe siècle » d’August Sander (chez Julian Sander), soit plus de 600 images réunies pour la première fois en Europe ; des propositions inédites comme les duos Richard Avedon / Tyler Mitchell (Gagosian) ou Mari Katayama / Boris Mikhaïlov (Suzanne Tarasieve) ; des inédits tels les derniers Hiroshi Sugimoto (Fraenkel) ; et des Robert Frank (qui aurait eu 100 ans le 9 novembre) dans au moins cinq galeries.
Paris Photo 2024
Du 7 novembre 2024 au 10 novembre 2024
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
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À la galerie Suzanne Tarasieve (Paris) secteur principal
Confrontant les époques et les styles, la galerie Suzanne Tarasieve met en regard les autoportraits de l’Ukrainien Boris Mikhaïlov (né en 1938) et ceux de la contemporaine japonaise Mari Katayama, abordant les questions liées au corps, à la perception de soi et à l’exclusion.