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Mathieu Elias, Les Fils de Sceva battus par le démon, 1702
Huile sur toile • 452 x 326 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © DRAC Île-de-France, DR / Photo David Bordes
Le chantier de Notre-Dame touche à sa fin ! Cinq ans après le terrible incendie du monument, le Mobilier national donne un avant-goût de cette renaissance en marche (réouverture prévue le 8 décembre) en dévoilant certains des grands décors, patiemment restaurés par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) d’Île-de-France, dans les ateliers du Mobilier national et au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), mais aussi les projets retenus pour le futur mobilier liturgique.
On est saisi dès l’entrée dans l’exposition par les immenses « Mays » qui prennent toute leur dimension (majestueuse) dans le vaste espace offert par la galerie des Gobelins au Mobilier national.
À hauteur de vos yeux, contrairement à la façon où ils sont accrochés dans la cathédrale, vous admirez la composition précise de La Descente du Saint-Esprit de Jacques Blanchard (1634), les fabuleuses couleurs de La Conversion de saint Paul de Laurent de La Hyre (1637), et tremblez devant la Lapidation de saint Étienne de Charles Le Brun (1651)…
À gauche, « La Descente du Saint-Esprit » de Jacques Blanchard (1634). À droite, « La Conversion de Saint Paul » de Laurent de La Hyre (1637)
Huile sur toile • 340 × 230 cm • Coll. DRAC Île-de-France, Cathédrale Notre-Dame de Paris • © DRAC Île-de-France, DR / Photo David Bordes
Miraculeusement, aucun de ces 13 tableaux ici exposés n’a subi de dégâts lors de l’incendie, sauvés in extremis. Restaurés, avec 22 autres petits formats, au terme de deux années de travail, ils témoignent avec éclat de cette tradition, où chaque mois de mai (« may »), de 1630 à 1707, la corporation des orfèvres offrait une œuvre commandée à un grand peintre de l’époque, illustrant une scène des Actes des Apôtres.
Au total, 73 tableaux ont été ainsi offerts à Notre-Dame et accrochés dans la nef. Avec le temps, leur format a grandi jusqu’à atteindre près de quatre mètres sur trois. À la Révolution, les « Mays » sont dispersés dans les musées de France avant de faire, pour certains, leur retour à Notre-Dame à partir de 1947. On poursuit à l’étage, où le Mobilier national dévoile la série de tapisseries de La Vie de la Vierge, vendue par les chanoines de Paris à ceux de Strasbourg en 1739 et exceptionnellement prêtée.
Détail du tissage des motifs du tapis monumental du choeur de la Cathédrale Notre-Dame de Paris
Photo Justine Rossignol
La plus belle des surprises vous attend en découvrant la partie supérieure de l’immense tapis de chœur de la cathédrale, offert par le roi Louis-Philippe en 1841. Ce trésor est tout bonnement le plus grand tapis jamais tissé en France. Ses chiffres sont vertigineux : 25 mètres de longueur et 9 mètres dans sa plus grande largeur pour un tapis d’une envergure de 200 mètres carrés et pesant près d’une tonne !
Cet extraordinaire tissu de savoir-faire voisine avec les prototypes du futur mobilier liturgique en bronze conçus par le designer Guillaume Bardet ainsi que quelques chaises imaginées en bois responsable par Ionna Vautrin. Notre-Dame reste une immense source d’inspiration pour les artistes d’hier comme d’aujourd’hui !
Grands décors restaurés de Notre-Dame
Du 24 avril 2024 au 21 juillet 2024
Galerie des Gobelins • 42 Avenue des Gobelins • 75013 Paris
www.mobiliernational.culture.gouv.fr
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