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ÉTATS-UNIS

À New York, la Frick Collection rouvre ses portes après une rénovation pharaonique

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Publié le , mis à jour le
Après un exil temporaire sur Madison Avenue, dans le célèbre Breuer Building, le musée a retrouvé son écrin historique sur la 5e Avenue new-yorkaise, qui s’apprête à accueillir de nouveau les visiteurs ce 17 avril. Une étape importante dans son histoire.
L’architecte Annabelle Selldorf a préservé l’intégrité du manoir, utilisant pour les murs intérieurs la pierre calcaire de l’Indiana avec laquelle a été conçu l’édifice.
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L’architecte Annabelle Selldorf a préservé l’intégrité du manoir, utilisant pour les murs intérieurs la pierre calcaire de l’Indiana avec laquelle a été conçu l’édifice.

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Courtesy Selldorf Architects

Plus vaste, plus lumineuse, plus accessible : la Frick Collection de New York rouvre ses portes le 17 avril après cinq ans de travaux et une rénovation pharaonique de 330 millions de dollars. L’objectif ? Moderniser sans dénaturer l’atmosphère feutrée de ce joyau néoclassique, niché dans l’Upper East Side de Manhattan.

Un pari réussi grâce au cabinet d’architecture Annabelle Selldorf, qui a su éviter les écueils d’une rénovation trop radicale. Le jardin et la salle de musique ovale, d’abord menacés, ont finalement été préservés. Résultat : des espaces repensés, une scénographie sublimée et une institution prête à affronter le XXIe siècle. Car avant d’être un musée, la Frick Collection était la demeure d’Henry Clay Frick (1849–1919), magnat de l’acier et grand amateur d’art.

Une splendide collection de chefs-d’œuvre

Au début du XXe siècle, il rassemble une collection exceptionnelle de peintures européennes, de sculptures et d’objets décoratifs, destinée à embellir son élégante résidence de la 5e Avenue, conçue en 1913 par l’architecte Thomas Hastings. À sa mort, il a légué l’ensemble à la ville de New York avec un souhait : transformer son hôtel particulier en un musée d’exception. Inaugurée en 1935, la Frick Collection offre depuis une expérience unique, où chaque salle reflète le raffinement et l’œil avisé de son propriétaire.

Dans un cadre hors du temps, les visiteurs peuvent ainsi contempler des chefs-d’œuvre comme la Leçon de musique de Johannes Vermeer ou le Portrait de Sir Thomas More d’Hans Holbein le Jeune.

Retrouver l’éclat d’antan

« L’art ne doit pas seulement être contemplé, il doit être vécu et compris. »

Ian Wardropper

Avec cette première grande rénovation en près de 90 ans, la Frick Collection retrouve son éclat d’antan tout en s’adaptant aux exigences contemporaines. Aux 5 500 m² d’espaces existants s’ajoutent 2 500 m² supplémentaires. Le deuxième étage, qui servait de logement à la famille Frick avant d’être transformé en bureaux pour les employés du musée, est désormais ouvert à la visite.

La célèbre salle François Boucher, autrefois installée au rez-de-chaussée, a retrouvé son emplacement initial dans le boudoir d’Adelaide Childs, l’épouse de Frick, tandis que le tableau de George Romney, Lady Hamilton as Nature (1782), a repris sa place au-dessus de la cheminée de l’ancienne chambre du fondateur du musée.

Les tableaux de la collection permanente (François Boucher, Van Dyck, Greco, Tiepolo) ont été réinstallés au premier étage dans des galeries remises dans leur état d’origine. Pour l’occasion, les textiles et tentures, témoins du raffinement de l’époque, ont été patiemment restaurés par les mêmes ateliers qui les avaient conçus il y a plus d’un siècle. Le velours vert de la galerie ouest a été retissé par la manufacture française Prelle, et les passementeries en soie reprises par Verrier Passementerie, rendant ainsi hommage aux savoir-faire historiques qui font l’âme de la collection d’Henry Frick.

Une offre culturelle renouvelée

Pour marquer cette renaissance, le musée propose une programmation riche et ambitieuse. L’exposition « Vermeer’s Love Letters » réunit trois toiles du maître sur le thème de l’écriture. Une galerie dédiée aux œuvres sur papier présente des dessins rares d’Ingres, Goya, Degas, Rubens et Whistler, tandis qu’un festival couronne cette réouverture avec concerts, performances et conférences (du 26 avril au 8 mai).

La Frick Collection enrichit aussi son offre culturelle avec un nouveau centre éducatif. « L’art ne doit pas seulement être contemplé, il doit être vécu et compris », affirme Ian Wardropper, directeur sortant du musée, qui passe le flambeau à Axel Rüger, ancien directeur de la Royal Academy of Arts de Londres. Une chose est sûre : de cette immersion dans un passé qui reprend vie, on ressort bouleversé. Un voyage à travers le temps où chaque détail ravive l’émotion des chefs-d’œuvre d’hier pour le public d’aujourd’hui.

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Vermeer’s Love Letters

Du 18 juin 2025 au 8 septembre 2025

www.frick.org

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