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Grand portraitiste de la Renaissance flamande, Hans Holbein le Jeune (1497/98–1543) était à la fois un admirateur de Léonard de Vinci et de François Clouet. Voyageur européen, il fréquente humanistes et intellectuels et met son talent au service des plus grands mécènes. Holbein, grâce à la vérité de ses portraits, est resté célèbre pour celui d’Érasme, mais aussi du roi d’Angleterre Henri VIII duquel il devient peintre officiel de cour.
Hans Holbein le Jeune, Autoportrait, 1542–1543
Craies de couleur et crayon sur papier • 32 × 26 cm • Coll. galeries des Offices, Florence
« Chez ce grand peintre, l’art n’est pas le beau mensonge de la vérité, c’est la vérité à brûle-pourpoint. » – Arsène Houssaye
La vie d’Holbein recèle des mystères dont le premier est sa date de naissance. Les spécialistes hésitent entre 1497 et 1498. Une chose est sûre, cet artiste a vu le jour à Augsbourg, une cité germanique très active. Il est le fils d’un peintre connu, Hans Holbein dit l’Ancien, et d’un oncle peintre également. Son frère, lui aussi, embrassera cette carrière.
Ayant quitté sa ville natale pour Bâle, où il est formé par Hans Herbst, Holbein se fait remarquer par Érasme qui lui demande d’illustrer son livre satirique Éloge de la folie (1511). Ce philosophe et humaniste néerlandais, auteur d’essais et de satires, était une figure influente de la vie culturelle européenne.
Comme d’autres peintres flamands de son époque, Holbein s’est déplacé en Italie, ce qui lui donne l’occasion de découvrir les grands maîtres contemporains, en particulier Léonard de Vinci. Nous sommes en 1518 et le jeune homme a à peine 20 ans. Durant son absence, son frère ouvre un atelier à Bâle, qu’Holbein reprend en 1519. Il s’installe et se marie dans cette ville.
Le peintre s’illustre dans l’art du portrait et se rend célèbre en réalisant celui d’Érasme. En ce domaine, il est inspiré par des primitifs français, en particulier Jean Clouet qu’il découvre à l’occasion d’un séjour dans le royaume. Holbein le voyageur, qui craint les troubles engendrés par la Réforme dans sa ville de Bâle, décide de gagner pour quelques mois l’Angleterre.
Dans les années 1530, l’artiste est de nouveau à Londres et se voit commander de nombreux portraits pour des souverains européens et des ambassadeurs. Grâce à son talent et sa réputation, Holbein est nommé peintre du roi d’Angleterre, Henri VIII. À ce titre, il peint des portraits de la cour et réalise des travaux décoratifs. Il devient riche et puissant. C’est à Londres qu’Holbein, atteint de la peste, finit ses jours. Le portraitiste le plus célèbre de l’Angleterre de la première moitié du XVIe siècle n’avait que 45 ans !
Hans Holbein le Jeune, Le Christ mort, 1521
Huile sur panneau de bois • 30,5 × 200 cm • Coll. Kunstmuseum, Bâle • © Bridgeman Images
Le Christ mort, 1521
Considéré comme une œuvre majeure d’Holbein, en raison de la crudité de son réalisme, le Christ mort est une représentation pathétique. Le corps est allongé, fixé dans sa rigidité cadavérique, sans aucun effet d’idéalisation. La bouche comme les yeux sont ouverts, les doigts crispés. Tout est à l’œuvre pour susciter l’effroi du spectateur. Les spécialistes se sont divisés quant à son interprétation : cette image témoigne-t-elle de l’impiété du peintre, ou au contraire de sa volonté de représenter le moment précédant de peu la Résurrection ? Quoiqu’il en soit, Holbein s’inscrit dans la poursuite d’une esthétique allemande propre au gothique tardif, tout comme Matthias Grünewald dont il se serait probablement inspiré.
Hans Holbein le Jeune, Érasme écrivant, 1523
Huile sur bois • 43 × 33 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
Érasme écrivant, 1523
Holbein aurait peint trois portraits de l’humaniste Érasme. Ici, il est représenté de profil, concentré, écrivant sur un parchemin. Placé dans un intérieur, l’intellectuel au travail se découpe sur un fond de tapisserie vert sombre. Pleine de sobriété, cette composition rappelle les portraits en médaille des empereurs romains. Érasme prenait très au sérieux la diffusion de son image. Ce portrait était sans doute destiné à un autre humaniste, peut-être l’Anglais Thomas More.
Hans Holbein le Jeune, Les Ambassadeurs, 1533
Huile sur panneau • 207 × 209 cm • Coll. National Gallery, Londres
Les Ambassadeurs, 1533
La composition associe ainsi deux représentants, l’un du pouvoir politique, l’autre du pouvoir religieux : à gauche, l’ambassadeur de France en Angleterre, richement vêtu, à droite, l’un de ses amis évêques, vêtu de noir. Différents attributs symbolisent les arts et la connaissance, notamment l’astronomie et l’arithmétique. Holbein fait aussi figurer une anamorphose au premier plan : regardé sous un certain point de vue, il représente en réalité un crâne, une vanité…
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