Fresque d’Hippolyte et Phèdre découverte dans une maison du site archéologique de Pompéi
Pompei. Casa IX 12, B • Courtesy MIC - Parc archéologique de Pompéí
Pompéi n’a pas fini de dévoiler ses merveilles. Ce jeudi 24 octobre, la direction du site archéologique de cette célèbre cité antique italienne, située près de Naples et qui fut ensevelie sous les cendres lors d’une terrible éruption du Vésuve en l’an 79, a annoncé dans un communiqué que les archéologues y avaient mis au jour une petite maison décorée de fresques parfaitement conservées, représentant pour certaines des scènes érotiques.
Les archéologues ont été « frappés par le haut niveau des décorations murales », inhabituel pour sa petite taille, au sein de cette demeure située dans l’Insula dei casti Amanti, au cœur du quartier central de l’ancienne ville, le long de la via dell-Abbondanza. Des murs entiers peints en bleu ou en rouge vibrant y ont été dévoilés, ainsi que plusieurs scènes peintes, dont une remarquable représentant un acte sexuel entre un satyre à la peau caramel et une nymphe au teint pâle.
Juste en face de ce symplegma (« étreinte amoureuse » en latin) se trouve une autre peinture qui a valu au bâtiment le surnom de « maison de Phèdre ». L’œuvre met en scène deux personnages de la mythologie grecque : la poitrine couverte d’un voile transparent, Phèdre accuse de viol son beau-fils Hippolyte (tout aussi nu et bronzé que le satyre du mur opposé) dont elle est amoureuse et qui l’a rejetée.
Dans la même pièce, une autre scène, malheureusement endommagée par des fouilles brutales au XVIIIe siècle, représenterait selon les archéologues un Jugement de Pâris. Dans une autre pièce, un lararium (petit autel privé) se pare de motifs d’oiseaux, de serpents et de feuillages raffinés.
L’agencement du bâtiment a interpellé les archéologues. Renonçant à y construire un atrium, espace central traditionnel des maisons romaines consacré à la représentation de la famille et à la célébration des vertus familiales, ses propriétaires ont opté pour un agencement plus moderne. Un choix témoignant des changements sociaux et culturels à l’œuvre au Ier siècle à Pompéi, qui entrait alors dans une ère plus individualiste, avec une conception plus privée de l’espace domestique.
Fresques découvertes dans une maison du site archéologique de Pompéi
Pompei. Casa IX 12, B. • Courtesy MIC – Parc archéologique de Pompéí
Les fresques érotiques étaient, en revanche, à Pompéi des éléments courants de décoration qui n’étaient pas cachés dans des parties privées des habitations. Présentes dans les foyers de toutes les catégories sociales, ainsi que dans les espaces publics, elles n’étaient pas considérées comme scandaleuses, et étaient même mises en avant. En témoigne le fameux Priape, dieu de la fertilité et de l’abondance, doté d’un énorme pénis posé en équilibre sur une balance, qui accueille les visiteurs à l’entrée de la splendide maison des Vettii !
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