Vue sur les ruines de la cité de Pompéi et du Vésuve endormi
© Alamy / Hemis / Photo René Mattes (0588616)
Durant près d’un demi-siècle, un trésor de Pompéi était resté incrusté dans le mur d’une maison belge, où il décorait une cage d’escalier ! Achetée comme souvenir de voyage, cette plaque de marbre ornée d’un bas-relief s’est révélée être une pièce inestimable, volée sur le célèbre site archéologique…
Tout commence lorsqu’un Belge, Geert De Temmerman, s’apprête à vendre la demeure de son père située à Herzele, à l’ouest de Bruxelles. Désireux d’avoir des renseignements sur l’objet qui décore l’escalier, il envoie des photos par mail à un expert du musée gallo-romain de Tongres (Belgique), l’archéologue et directeur des expositions Bart de Marsin. Ce dernier soupçonne aussitôt qu’il s’agit d’un vestige de Pompéi vieux de plus de 2 000 ans…
Le bas-relief en marbre représentant un tremblement de terre qui a touché Pompéi en 62 av. J.-C.
© De Standaard / Chris Bosseloo
Après enquête, la plaque sculptée va retourner en Italie pour être exposée dans un musée.
Une fois sur place, plus de doute pour l’expert : il s’agit bien d’une œuvre issue de la célèbre cité romaine détruite par l’éruption du Vésuve de l’an 79, qui a été « volée dans les années 1970 » dans la maison de L. Caecilius Jucundus ! Remplacé par un fac-similé depuis sa disparition, l’objet est d’autant plus précieux qu’il est « très important pour l’histoire de Pompéi » : en effet, les reliefs « représentent un tremblement de terre qui a touché la ville en 62 après J.-C., avec une partie des murailles qui sont en train de s’écrouler ». Ce qui en fait l’une des « deux seules preuves matérielles » de cette catastrophe ! Le lendemain de la visite du spécialiste, la police sonne chez la famille avec un mandat de perquisition…
Interrogée, la famille finit par avouer avoir acheté le bas-relief à un vendeur à la sauvette en guise de souvenir lors de vacances en Italie en 1975. Petit garçon, Geert avait été témoin de la scène. « Pendant l’excursion à Pompéi, j’ai remarqué que nous étions suivis par un homme portant un sac en toile de jute », raconte le père, Raphaël De Temmerman, dans le journal Het Laatste Nieuws.
« À sa façon de marcher, j’ai compris que le contenu du sac devait être assez lourd. Dès que nous avons quitté le site, l’homme nous a interpellés. Il nous a montré sa marchandise en répétant ‘money, money’. Le sac contenait des scènes en pierre. Je voulais un souvenir de Pompéi et j’ai accepté sa proposition. C’était clair qu’il voulait s’en débarrasser rapidement. Je ne sais plus combien nous avons payé, mais cher ». De retour chez eux, l’objet est incrusté dans la toute nouvelle finition en marbre gris de leur cage d’escalier.
Leur projet de la vendre à bon prix est désormais impossible : après enquête, la plaque sculptée va retourner en Italie pour être exposée dans un musée. Mais la famille espère malgré tout en tirer quelque chose. Loin d’exprimer de la honte pour son achat et son recel, ou de craindre des représailles (le vol de 1975 est prescrit), elle demande au contraire une compensation financière « sérieuse » pour l’avoir conservée intacte durant cinquante ans !
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique