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À Rennes, le pari d’une annexe (gratuite) du musée des Beaux-Arts dans le quartier fragile de Maurepas

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Publié le , mis à jour le
Maurepas, quartier fragile du nord de Rennes, abrite depuis février une antenne du musée des Beaux-Arts, accessible gratuitement. Les habitants du secteur, ont été sollicités pour l’exposition inaugurale. Une initiative qui mise sur une sortie de l’exclusion par le haut. Voilà qui fait chaud au cœur !
Le projet se présente comme un musée « du quartier » et non « de quartier ».
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Le projet se présente comme un musée « du quartier » et non « de quartier ».

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© Arnaud Loubry / Rennes Ville et Métropole

Du régime imposé au secteur de la culture par des élus de bords opposés (socialistes dans l’Hérault, Horizons en Pays de la Loire), la ville de Rennes n’a retenu que la « Banane ». C’est ainsi que les habitants du quartier de Maurepas ont qualifié une longue barre courbe sise au milieu d’une volée de dix tours en phase de réhabilitation.

De ce vaste ensemble édifié entre 1950 et 1970 où vivent aujourd’hui des milliers de personnes, la chronique ne retient le plus souvent que les faits divers : incivilités, trafics de drogue, agressions. Cela va changer.

En douceur, la municipalité vient de frapper un grand coup en inaugurant à la pointe de sa « Banane » une annexe du musée des Beaux-Arts de Rennes. Celle-ci s’est installée sous les 244 logements sociaux encore occupés et qui le resteront. Les architectes de l’agence nantaise Titan (Mathieu Barré, François Guinaudeau et Romain Pradeau) ont trouvé dans l’urbanisme ambiant – ses formes droites, ses tours au carré et ses fuyantes perspectives –, les lignes directrices de leurs dessins. En résumé, dans un hommage au Bauhaus, ils ont édifié du Kandinsky. Parpaings gris arrondis, escalier de béton circulaire, larges baies vitrées, acier pour les modénatures de fenêtres, meubles peints en jaune primaire.

Associer les résidents

À l’étage, une longue coursive éclairée a giorno relie les salles d’exposition aux deux extensions futures, une ludothèque et un espace d’accueil pour les jeunes enfants. Elles sont signalées par des meubles bleu et rouge. Après Kandinsky, Mondrian. Au rez-de-chaussée, l’entrée se fait dans ce qui était hier un patio. Les architectes ont creusé le sol pour créer une salle d’exposition. Tout est simple d’accès. L’extraordinaire de l’aventure, soutenue par le groupe Archipel habitat (propriétaire de la « Banane »), tient à cette volonté municipale d’apporter la culture au plus profond des « quartiers » en y associant les résidents.

Ceux-ci, sollicités par François Coulon (conservateur au musée des Beaux-Arts) pour fouiller dans les réserves, en ont extrait des fusils, pendules, vaisselle ou peau de tigre, que l’on retrouve dans les très belles vitrines plongées dans le noir du premier étage, agrémentés des photographies de l’artiste Isabelle Arthuis.

Faire revivre un quartier par la culture

Cette action municipale ne redore pas seulement le blason d’un quartier défavorisé, elle redonne confiance en la politique.

Placée idéalement à la sortie du métro Gros-Chêne, à quatre stations du musée d’origine (quai Zola), cette annexe devrait demain attirer du monde car les conservateurs se sont engagés à monter des expositions qui se verront réparties sur les deux sites. Pour les découvrir en totalité, il faut donc se déplacer, la mobilité signant là un mouvement en direction des plus démunis.

Les logements sociaux de la « Banane » sont promis eux aussi à une rénovation prochaine. Quinze millions d’euros sont prévus et l’agence h2o devra s’en charger. Voir naître un musée dans une zone renaissante, voilà qui donne aux beaux-arts une dimension inespérée car, osons le dire, cette action municipale ne redore pas seulement le blason d’un quartier défavorisé, elle redonne confiance en la politique. D’accès gratuit, ce musée immergé est un pari.

Les publics seront-ils au rendez-vous ? Les nantis du centre-ville oseront-ils gagner Maurepas ? Le combat n’est pas gagné mais parier sur une sortie de l’exclusion par le haut, voilà qui fait chaud au cœur. Que l’art permette toujours de rêver et d’agir, n’est-ce pas une bonne nouvelle ?

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Fantaisies. Isabelle Arthuis

Du 1 février 2025 au 21 septembre 2025

mba.rennes.fr

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