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La vie et l’œuvre de Domenico Ghirlandaio (1448–1494) nous conduisent à Florence, au temps du règne de Laurent le Magnifique, en pleine Renaissance. Le peintre a beaucoup œuvré pour les églises de sa ville natale mais s’est surtout illustré en travaillant, aux côtés de Sandro Botticelli (qui a un peu éclipsé sa gloire posthume), au décor de la chapelle Sixtine, au Vatican. Artiste demandé par l’aristocratie, Ghirlandaio est aussi célèbre pour avoir été le maître de Michel-Ange.
Domenico Ghirlandaio, Autoportrait, détail de « L’Adoration des mages », 1485–1488
Tempera sur bois • 285 × 240 cm • coll. musée de l’Hôpital des Innocents, Florence • Domaine public
« Il fut le peintre de génie qui fixa, dans ses fresques toujours jeunes, l’image de cette époque éblouissante [La Renaissance florentine]. » Gaston Sortais
Né à Florence, Ghirlandaio (né Domenico di Tommaso Bigordi) descend d’une famille de commerçants. Il doit son surnom à son père, spécialisé dans la confection d’élégantes guirlandes appréciées des Florentines pour décorer leurs coiffes. D’abord placé chez un orfèvre, auprès duquel il développe la précision de son trait et son talent décoratif, le jeune garçon manifeste très vite une préférence pour le dessin. Il entre ensuite en apprentissage chez un peintre, peut-être celui de Verrocchio, et découvre aussi les maîtres flamands. Ses deux frères suivent la même voie que lui.
Ghirlandaio a la chance de trouver un mécène en la personne de Laurent le Magnifique, membre des Médicis, prestigieuse famille de banquiers et mécènes florentins. Il profite de ses largesses, tout comme Sandro Botticelli.
Le peintre s’est assuré le renom en travaillant pour les églises de la région de Florence, grâce à son talent de fresquiste. Il excelle dans cet art, mais sait aussi s’entourer d’apprentis. Cependant Ghirlandaio supervise tout, de la réalisation des paysages de second plan aux personnages principaux, dotés de figures vivantes et expressives. Reconnu, l’artiste est appelé par le pape Sixte IV pour peindre des fresques dans sa bibliothèque personnelle. Cette commande lui ouvre dans les années 1480 les portes d’un chantier plus prestigieux encore : celui de la chapelle Sixtine, aux côtés du Pérugin, de Botticelli, de Lucas Signorelli et Cosimo Rosselli. Il y signe deux fresques.
Devenu célèbre, Ghirlandaio revient dans sa ville natale et ouvre un atelier très actif. Il exerce une influence considérable sur son jeune élève, Michel-Ange, qu’il n’hésite pas à critiquer dans certains de ses choix !
Ghirlandaio obtient, dans sa maturité, de nombreuses commandes de la part de familles nobles et aristocratiques, comme les fresques de la chapelle Tornabuoni (dont le chef de famille n’était autre que le trésorier et confident de Sixte IV) dans la basilique Santa Maria Novella. Ghirlandaio s’illustre aussi dans le genre du portrait et des tableaux d’autel. Il meurt de la peste, à Florence, en 1494.
Domenico Ghirlandaio, La Vocation des premiers apôtres Pierre et André, 1481
Fresque • 349 × 570 cm • Décoration du registre médian de la chapelle Sixtine, Vatican • © VTR / Alamy Stock Photo
La Vocation des premiers apôtres Pierre et André, 1481
Cette fresque située dans la chapelle Sixtine est l’un des chefs-d’œuvre de Ghirlandaio, qui témoigne de sa maîtrise parfaite de l’espace. Il interprète ici un texte de l’Évangile selon saint Matthieu, selon lequel la vocation des apôtres Pierre et André serait née sur les bords de la mer, car ils étaient pêcheurs. Au centre de la composition, Jésus les invite à le suivre. Ghirlandaio représente dans cette fresque deux moments successifs sur des plans différents : celui précédant l’appel et celui qui le suit. De nombreux personnages assistent aux deux scènes.
Domenico Ghirlandaio, La Naissance de la Vierge, 1485–1490
Fresque • 450 m • Chapelle Tornabuoni de la basilique Santa Maria Novella, Florence • © Andrea Jemolo / Bridgeman Images / Leemage
La Naissance de la Vierge, 1485–1490
La scène se déroule dans l’intérieur d’un palais de la Renaissance, comme le montre le décor. C’est un milieu très riche qui accueille la Vierge, à peine née, blottie dans les bras de sa nourrice. Le temps ne semble pas figé puisqu’une jeune et belle servante verse de l’eau dans une bassine. Ghirlandaio donne à certains personnages les traits de membres de la famille Tornabuoni, à laquelle ce décor est destiné.
Domenico Ghirlandaio, Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon, vers 1490
tempera sur bois de peuplier • 62,7 × 46,3 cm • coll. Musée du Louvre, Paris • © Darling Archive / Alamy Stock Photo
Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon, 1490
D’un réalisme soutenu, ce tableau célèbre de Ghirlandaio représente deux générations : un vieux monsieur et son petit-fils. La tendresse s’exprime dans l’échange des regards, et cela en dépit de l’aspect repoussant du vieillard (qui contraste avec la beauté de l’enfant). L’homme, aux yeux emplis de bonté, est victime une déformation du nez, une maladie connue sous le nom de rhinophyma. Les deux personnages se tiennent dans un intérieur sombre, que vient éclairer un beau paysage idéal et précis rappelant les tableaux de jeunesse de Ghirlandaio.
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