Félicie de Fauveau, Monument au baron Antoine-Jean Gros et son épouse Augustine Dufresne, 1847
marbre • 54 × 73 × 20 cm • Coll. musée des Augustins, Toulouse • © akg-images
« Labeur, honneur, douleur », voilà la devise de Félicie de Fauveau, sculptrice française du XIXe siècle, un temps oubliée avant sa redécouverte en 2013, à la faveur d’une exposition à l’Historial de la Vendée puis au musée d’Orsay. Issue d’une famille de la noblesse française, elle est née en 1801 à Livourne, en Italie. De retour en France après la Restauration, sa famille s’installe dans le quartier de la Nouvelle Athènes, prisé des artistes.
Si Félicie de Fauveau fait ses armes auprès du peintre Louis Hersent, elle décide finalement de se tourner vers la sculpture, qu’elle a apprise avec son frère. La jeune femme se professionnalise très tôt : elle est la première sculptrice française à vivre de son art. Indépendante, Félicie de Fauveau ne se mariera jamais. Fait tout aussi rare pour les femmes à l’époque, elle porte les cheveux courts et revêt des habits d’homme.
Ary Scheffer, Félicie de Fauveau, 1829
huile sur bois • 103,3 × 72cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images
Sa vie change lorsqu’elle s’engage au côté de sa proche amie Félicie de Duras, comtesse de La Rochejaquelein, dans la rébellion vendéenne. Arrêtée, elle est emprisonnée pendant de longs mois. Finalement acquittée, elle est néanmoins contrainte à l’exil et s’en retourne dans son Italie natale, à Florence, où elle poursuit ses activités de sculptrice, répondant à de nombreuses commandes de riches aristocrates. Elle s’y éteint en 1886.
Félicie de Fauveau, Dague de la grande-duchesse Marie-Nicolaïevna, 1850
acier incrusté d’or, argent oxydé • 35 × 5 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images
Félicie de Fauveau se passionne pour la littérature anglaise (John Milton, Walter Scott, Lord Byron…), mais aussi pour l’histoire du Moyen Âge, l’héraldique et l’art médiéval. À 26 ans, elle décroche une médaille au Salon pour son relief Christine de Suède (1827). Son œuvre aux accents romantiques est imprégnée de l’idéal courtois du Moyen Âge et recèle de références au catholicisme. Durant son engagement en Vendée, l’artiste réalise également des armes, telles que des dagues ou des couteaux de chasse finement travaillés. Dans le cadre de ses commandes, elle se consacre aussi au portrait. Cadre de tableaux, bijoux, pommeaux de canne… : la sculptrice réalise tout au long de sa carrière de nombreux objets d’arts décoratifs.
À Paris, au musée du Louvre, mais aussi au musée des Augustins de Toulouse ou au musée de la Chartreuse de Douai, même si l’œuvre de Félicie de Fauveau est principalement restée entre les mains de collectionneurs privés…
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