SÉRIE – 40 FEMMES QUE VOUS DEVRIEZ CONNAÎTRE

Harriet Powers, ancienne esclave virtuose de la courtepointe

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Dans les musées américains ne subsistent que deux exemples du prodigieux savoir-faire d’Harriet Powers, dont les œuvres ont pour la plupart disparu. Lumière sur le parcours de cette ancienne esclave, créatrice de courtepointes qui continuent d’inspirer les plus grands artistes contemporains. En ce mois de mars, Beaux Arts sort de l’ombre quarante peintres, sculptrices ou encore photographes, que vous devriez absolument connaître.
Harriet Powers, Bible Quilt
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Harriet Powers, Bible Quilt, 1885-1886

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rembourrage, coton • 191 x 227 cm • Coll. National Museum of American History, Washington

La vie d’Harriet Powers (1837–1910), aujourd’hui considérée comme « the mother of African American quilting » (« la mère de la courtepointe africaine-américaine »), conserve de nombreuses zones d’ombre. Née sous le joug de l’esclavage en 1837 près d’Athens, dans l’État de Géorgie, on sait qu’elle a travaillé dans une plantation de coton dans les environs de Madison jusqu’à la guerre de Sécession (1861–1865) et qu’elle s’est mariée vers 18 ans à un certain Armstead Powers.

Couturière hors pair, Harriet Powers maniait prodigieusement les aiguilles : un savoir-faire qu’elle aurait appris dès son plus jeune âge auprès d’autres femmes esclaves. Son habilité lui a permis de créer de fabuleux quilts (« courtepointes »), des couvre-lits cousus à la main et à la machine, constitués de carreaux brodés de motifs puis assemblés à la façon d’un patchwork.

Harriet Powers en 1901
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Harriet Powers en 1901

Très pieuse, Harriet Powers a puisé dans la Bible ses principales sources d’inspiration, tout comme dans sa vie personnelle. Longtemps, les historiens de l’art et critiques ont considéré le travail de cette artiste comme « folklorique ». Son héritage est aujourd’hui revendiqué par des grands noms de l’art contemporain, à l’image de Faith Ringgold, récemment exposée au musée Picasso à Paris.

Son œuvre

Seules deux œuvres nous sont parvenues d’Harriet Powers. Bible Quilt (1886), un assemblage de onze carrés illustrés, représente, à la manière d’un cycle ou d’une fresque, plusieurs scènes bibliques parmi lesquelles figurent le jardin d’Éden ou encore la Cène. Powers fait aussi référence dans son œuvre à des événements historiques telle une pluie de météorites survenue en 1833, représentée au centre de son Pictorial Quilt (1898). On sait aussi qu’Harriet Powers a rédigé des descriptions des carrés composant ses quilts.

Harriet Powers, Pictorial Quilt (détail)
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Harriet Powers, Pictorial Quilt (détail), 1895–1898

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toile de coton, armure en toile, pièces brodées et matelassées • 266,7 × 175 cm • Coll. Museum of Fine Arts Boston

Où la voir ?

Le Bible Quilt est exposé au musée national d’Histoire américaine de la Smithsonian Institution dans la ville de Washington. Le Pictorial Quilt est, quant à lui, exposé au musée des Beaux-Arts de Boston.

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Smithsonian Institution

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Musée des Beaux-Arts de Boston

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