La Tribune des Offices, salle octogonale du musée présentant des œuvres
© Photo Jon Arnold Images/ hemis.fr
Trop, c’est trop ! Après une énième dégradation d’œuvre causée par un touriste en quête du cliché parfait, le musée des Offices de Florence, écrin de La Naissance de Vénus de Botticelli et de nombreux chefs-d’œuvre inestimables de la Renaissance italienne, a décidé d’imposer à ses visiteurs de nouvelles règles restreignant la prise de photographies afin de limiter les comportements à risques.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est survenue ce samedi 21 juin. Alors qu’il prenait un selfie devant le Portrait de Ferdinand de Médicis, grand prince de Toscane, peint au XVIIIe siècle par Anton Domenico Gabbiani, un visiteur de l’exposition « Florence et l’Europe. Les arts du XVIIIe siècle aux Offices », présentée dans l’établissement, a perdu l’équilibre en tentant d’imiter la pose du personnage. Dans sa chute, le maladroit a percuté l’œuvre, causant une déchirure dans la toile.
« Nous fixerons des limites très précises afin d’empêcher tout comportement incompatible avec le sens de nos institutions et le respect du patrimoine culturel. »
Simone Verde
Si le coupable sera poursuivi et les dégâts « mineurs » restaurés, la situation n’en est pas moins problématique. « Le problème des visiteurs qui viennent dans les musées pour créer des mèmes ou prendre des selfies pour les réseaux sociaux est omniprésent », a dénoncé dans un communiqué Simone Verde, directeur de l’établissement. Excédé, ce dernier a décidé de prendre des mesures pour éviter ce type de mésaventure à l’avenir. « Nous fixerons des limites très précises, a-t-il annoncé, afin d’empêcher tout comportement incompatible avec le sens de nos institutions et le respect du patrimoine culturel ».
Pour les musées italiens, la coupe est pleine. Cet incident a en effet eu lieu seulement quelques jours après la médiatisation d’une autre dégradation similaire survenue au Palazzo Maffei de Vérone : la destruction d’une fragile chaise en cristaux par un visiteur qui, lui aussi, avait perdu l’équilibre en posant pour une photo humoristique. En 2023, un touriste allemand avait même brisé un morceau de la fontaine de Neptune à Florence en l’escaladant pour se faire immortaliser sur le monument.
Ces dernières années, ce type de scénario se reproduit régulièrement dans une Italie en proie au surtourisme et aux records de fréquentation – les différents sites des galeries des Offices (qui incluent aussi notamment le Palazzo Pitti), ayant accueilli en totalité 5,5 millions de visiteurs en 2024, contre 14,7 millions pour le Colisée à Rome. Un problème aggravé par une explosion générale des incivilités, et par une course effrénée au meilleur cliché à poster sur les réseaux sociaux, au détriment du respect des œuvres.
L’Italie n’est pas le seul pays touché : au musée Reina Sofía de Madrid, une touriste a également abîmé une œuvre de la même façon en 2022. Couplée au tourisme de masse, la quête de la photo la plus instagrammable cause également bien d’autres problèmes – ainsi, au Japon, la petite ville de Fujikawaguchiko s’est vue contrainte de dresser une palissade afin de boucher une vue recherchée sur le mont Fuji, et ainsi faire cesser un afflux de touristes aux comportements dangereux devenu ingérable.
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