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« Le cauchemar de tout musée » : au Palazzo Maffei, un touriste détruit une œuvre de Nicola Bolla en s’asseyant dessus

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Publié le , mis à jour le
La chaise “Van Gogh” de Nicola Bolla endommagée
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La chaise “Van Gogh” de Nicola Bolla endommagée, 2025

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Courtesy Palazzo Maffei

Les enfants ne sont pas les seuls à faire des bêtises dans les musées. Le 12 juin, le Palazzo Maffei (un important palais baroque de Vérone, en Italie, qui expose plus de 650 œuvres d’art ancien, moderne et contemporain) a publié sur son compte Instagram une vidéo montrant une scène peu glorieuse. Un couple de touristes irrespectueux y apparaît en train de détruire une « œuvre très délicate » de son parcours : une chaise scintillante de l’artiste italien Nicola Bolla (né en 1963), intégralement recouverte de cristaux Swarovski en verre poli.

Les faits, qui se sont déroulés en avril dernier, ont été filmés par une caméra de vidéosurveillance. Ayant attendu que le gardien quitte la salle, un couple joue à se photographier en faisant mine de s’asseoir sur la précieuse chaise posée sur un piédestal – une œuvre baptisée Van Gogh, en hommage au siège en bois et paille de l’artiste néerlandais dépeint dans La Chambre à Arles et La Chaise de Vincent avec sa pipe (1888). Imitant sa compagne qui se tient ensuite derrière l’objectif, l’homme, genoux fléchis, tend à son tour son postérieur vers la sculpture d’un air goguenard. Perdant l’équilibre, il tombe sur l’œuvre qui s’écrase sous son poids : le siège et deux des pieds se brisent net. Le couple prend alors la fuite.

« Une véritable campagne de sensibilisation sur la valeur de l’art »

Nicola Bolla, Van Gogh
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Nicola Bolla, Van Gogh, 2006–2007

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Cristaux Swarovski • Coll. Palazzo Maffei, Vérone • Photo Andrea Pugiotto

« La scène ridicule que vous venez de voir prêterait à rire si elle ne s’était pas, hélas, réellement produite », commente la directrice du musée, Vanessa Carlon. « Le cauchemar de tout musée est devenu réalité au Palazzo Maffei », déplore l’établissement. « Pendant des jours, nous ne savions pas s’il serait possible de le restaurer. Mais on a réussi », précise-t-il. L’œuvre est donc de nouveau visible, mais les deux visiteurs n’ont pas pu être identifiés et sont toujours recherchés. « Nous partageons cet épisode pour lancer une véritable campagne de sensibilisation sur la valeur de l’art et le respect qu’il mérite », insiste le musée, qui a porté plainte contre X et débute sa vidéo par ce rappel : « L’art doit être admiré et respecté ». « L’idée était de transformer cet événement malheureux en un moment de réflexion pour tous » ajoute un communiqué.

Des sanctions plus lourdes pour les auteurs de dégradations

Si l’objet s’est cassé aussi facilement, c’est parce qu’il n’avait pas du tout été conçu pour supporter le poids d’une personne. Il s’agissait d’un simple cadre creux maintenu par du papier d’aluminium – une manière pour l’artiste (qui a également créé un crâne couvert de cristaux en 1997, dix ans avant Damien Hirst) de jouer justement sur le contraste entre apparence et réalité, solidité et fragilité, trivialité et préciosité. Visible dans la vidéo, une note placée sur son siège interdisait d’ailleurs aux visiteurs de le toucher.

L’affaire s’ajoute à une longue liste d’incivilités et de dégradations commises par des touristes en Italie. On se souvient notamment d’un Russe condamné pour avoir gravé son nom sur le Colisée en 2014, d’un Allemand qui avait endommagé la fontaine de Neptune à Florence en l’escaladant pour prendre une photo en 2023, ainsi que d’une fresque antique taguée à Pompéi en 2024. Excédé, le ministère italien de la Culture a alourdi les sanctions : les amendes pour dégradation d’œuvres ou de monuments peuvent désormais atteindre les 40 000 euros, sans compter les frais de restauration à assumer.

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