Originaire d’une lignée d’artistes, François Clouet est connu pour avoir été le peintre du roi François Ier à la suite de son père, Jean Clouet (vers 1480–1541). Les problèmes d’attribution sont notoires entre les deux artistes qui, du reste, portent le même surnom de « Janet »… Sans oublier qu’il existât aussi un troisième Clouet, l’oncle de François, redécouvert dans les années 1930. Le nombre exact d’œuvres peintes et dessinées de François Clouet n’est pas connu. Une chose est certaine, cet artiste majeur de la Renaissance française poursuivit le renouvellement de l’art du portrait, d’une grande pénétration psychologique, à la suite de son père.
Portrait de François Clouet
Gravure de 1914 • Coll. particulière
« L’honneur de nostre France. » Ronsard
Un fils de peintre
François Clouet, dit Janet, est né à Tours dans une famille d’artistes aux origines possiblement flamandes. Son père, Jean, est au service de la cour de Louis XII puis de François Ier de 1516 à 1536. La jeunesse de François Clouet demeure largement méconnue, tout comme sa vie en général. On suppose qu’il est bien sûr formé par son père. Mais reçut-il l’enseignement de Hans Holbein le Jeune ? Certains le présument. Le premier document connu mentionnant François Clouet ne date que de 1541 mais il est d’une grande importance car il émane du roi lui-même. Il concerne la succession de Jean et informe que son fils François est digne d’hériter de sa charge de peintre du roi. Sa sœur Catherine, quant à elle, épouse Abel Foullon, valet de chambre d’Henri II, poète et mathématicien.
À la cour
François Clouet succède à son père dans la charge de peintre et de valet de chambre du roi François Ier. Cependant, ses œuvres demeurent difficiles à identifier avec certitude car Clouet ne signe généralement pas ses créations (hormis quelques-unes). Les portraits réalisés à la cour servent très certainement de présents dans les mariages princiers. En outre, ils sont aussi l’expression d’une nouvelle mode dans la société aristocratique. Bien que le peintre soit privilégié à la cour de François Ier, et très bien rémunéré, Clouet n’est pas seul à officier pour le roi. Il travaille au côté du dessinateur et émailleur Léonard Limosin. Clouet voit se succéder les derniers rois de la dynastie des Valois : Henri II, François II et Charles IX.
L’esthétique de Clouet
Dans la lignée des travaux de son père, François Clouet cultive un art du portrait tout en sobriété. Les poses et les expressions sont assez formelles et varient peu. Les conditions socioculturelles expliquent, selon les spécialistes, cette impression d’uniformité qui caractérise tant les portraits du père que du fils. Pour les courtisans, les portraits sont des moyens de représentation sociale davantage que des œuvres d’art originales ou singulières. Grâce à eux, les visages de la cour de France à l’époque des derniers Valois nous sont connus, même si l’identification des personnages n’est pas toujours aisée (comme en témoigne le cas de Diane de Poitiers). Les portraits de Clouet sont dessinés ou peints, et prennent parfois la forme de miniatures. Il peint aussi des scènes galantes et contribue sans doute à des projets décoratifs.
La fin de carrière glorieuse de François Clouet
Très apprécié à la cour, François Clouet accède à des fonctions prestigieuses. En 1547, le peintre est étroitement associé à la cérémonie des obsèques de François Ier. En 1551, il occupe l’office de commissaire au châtelet octroyé par Henri II. Clouet est par ailleurs très aimé de Catherine de Médicis, épouse d’Henri II. Le prenant sous sa protection, celle-ci lui commande les portraits dessinés de ses enfants, conservés aujourd’hui au musée Condé du château de Chantilly. Clouet a aussi, semble-t-il, des élèves et un atelier florissant. Quand l’artiste meurt à Paris en 1572, il lègue ses biens à sa sœur mais aussi à ses deux filles, nées hors mariage.
François Clouet, Portrait équestre de François Ier, vers 1540
Huile sur panneau • 27 × 22 cm • Coll. Galerie des Offices, Florence • © Bridgeman Image
François Ier à cheval, vers 1540
Bien qu’ayant dépassé la cinquantaine, le roi est figuré à l’âge d’une trentaine d’années, abordant une magnifique armure. Il tient un sceptre et est coiffé d’une toque. Son cheval est, lui aussi, richement paré. Ce portrait fut longtemps attribué à Hans Holbein avant d’être considéré comme une œuvre de François Clouet. Une réplique, à moins qu’il ne s’agisse d’une première version, figure dans les collections du Louvre, mais l’on ne sait s’il faut l’attribuer à François ou à son père Jean.
François Clouet, Portrait de François Ier, roi de France, vers 1525–1550
Huile sur bois • 96 × 74 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Image / Photo Josse
Portrait de François Ier, Roi de France, vers 1525–1550
S’agit-il d’un portrait de la main de François Clouet ou de son père Jean ? Les historiens ont toujours eu des doutes. Une théorie, qui a longtemps prévalu, attribue sa paternité à une collaboration entre le père et le fils. Une chose est certaine, ce portrait peint s’appuie sur un dessin signé de la main de Jean, antérieur d’une dizaine d’années (présent au musée de Condé de Chantilly). Bien des éléments sont remarquables dans cette effigie royale : la volumétrie du vêtement, le cadrage, la douceur du visage et l’éloquence des mains. François Ier est personnifié de manière exceptionnelle, en gentilhomme, fixant le spectateur.
François Clouet, Le Bain de Diane, vers 1565
Huile sur bois • 133 × 192 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Rouen • © Bridgeman Image / Photo Josse
Le Bain de Diane, vers 1565
Cette scène mythologique ambitieuse est attribuée à François Clouet. Paysage de nature allégorique, comme il est fréquent d’en peindre à la Renaissance, il fait très certainement référence au mariage de François II avec Marie Stuart en 1558. Les personnages mythologiques et les situations seraient identifiables à des personnes de la cour (Catherine de Médicis ou Diane de Poitiers). Témoignant de l’influence probable des peintres italiens appelés à Fontainebleau sur Clouet, cette œuvre fut peut-être réalisée pour Claude Gouffier, grand écuyer de France.
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