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Giuseppe Penone en 2 minutes

En bref

Artiste majeur de l’art actuel, figure de l’arte povera, Giuseppe Penone (né en 1947) développe dans ses sculptures, performances et installations, une réflexion sur la relation que l’être humain entretient avec la nature. L’arbre, symbole de vie, occupe une place essentielle dans son œuvre. Il accorde une attention prépondérante à la notion de temps : celui qui transforme, métamorphose, accomplit. Tout en étant empreinte de grandeur et de beauté, son œuvre a la profondeur d’un questionnement philosophique, entre le visible et l’invisible.

Giuseppe Penone dans l’Espace Vuitton
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Giuseppe Penone dans l’Espace Vuitton, 2009

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Photo Mazen Saggar

Il a dit

« L’arbre est un être vivant qui fossilise son vécu à l’intérieur de lui-même. C’est une sculpture qui a la nécessité de la vie. »

Sa vie

Né dans le Piémont, Penone est fils d’agriculteurs. Son grand-père était aussi sculpteur. Dès son enfance, il est attiré par la nature avec laquelle il se sent en communion. Entré à l’Académie des Beaux-arts de Turin, le jeune étudiant prend connaissance des travaux de l’école américaine contemporaine, en particulier le minimalisme.

Penone s’inscrit en faux contre la société de consommation et veut développer dans sa pratique artistique un message humaniste : quelle est la place de l’Homme dans son environnement naturel ? Il y a dans ses premiers travaux l’expression d’un rêve utopique : créer une société qui ne soit pas basée sur la consommation mais sur la communion avec la nature.

En 1969, l’artiste est intégré au groupe de l’arte povera, dénommé comme tel par le critique Germano Celant deux ans auparavant. Il se différencie cependant des autres membres de ce groupe en produisant une œuvre incarnée, c’est-à-dire basée sur la mise en scène et l’expérimentation des possibilités et des limites de son propre corps.

Le travail de Penone peut être défini comme celui d’un sculpteur. L’artiste utilise plusieurs techniques comme la taille directe ou le moulage. Il tend à mettre en évidence ce que l’humain et la nature ont en partage, une sensibilité commune qui peut se révéler dans l’empreinte, le toucher, mais aussi dans l’expérience du temps. Comme l’Homme au cours de sa vie, le temps métamorphose la nature au cours des saisons. Penone s’intéresse à des phénomènes que l’on peut qualifier d’éphémères et de vitaux, tels le souffle, l’eau mouvante… En ce sens, son œuvre est porteuse d’une réflexion sur le processus davantage que sur le résultat.

Exposé à travers le monde depuis ses débuts, le sculpteur jouit d’une carrière internationale. Il a été professeur à l’École nationale des Beaux-arts de Paris de 1997 à 2012. Une rétrospective lui est consacré par le Centre Pompidou en 2004. En 2013, son œuvre est exposée dans les jardins du château de Versailles.

Ses œuvres clés

Giuseppe Penone, Alpes Maritimes. Il poursuivra sa croissance sauf en ce point
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Giuseppe Penone, Alpes Maritimes. Il poursuivra sa croissance sauf en ce point, 1968

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Documentation de l’action de l’artiste • © Archivio Penone / Courtesy Giuseppe Penone, Marian Goodman Gallery / © Adagp, Paris 2020

Alpes maritimes. Il poursuivra sa croissance sauf en ce point, 1968

Au cœur de la forêt de son enfance, Penone s’intéresse à l’évolution d’un arbre. L’artiste a inséré un moulage en bronze de sa main sur le tronc, ce qui modifiera sa croissance à cet endroit précis. Même si cette action peut être jugée brutale, elle n’est pas mortifère pour l’arbre qui continuera malgré tout de grandir, gardant en lui l’empreinte humaine. L’artiste travaille souvent avec la puissance allégorique des symboles, donnant à son œuvre une résonance universelle.

Giuseppe Penone, Retourner ses propres yeux
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Giuseppe Penone, Retourner ses propres yeux, 1970

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Lentilles miroir réfléchissantes • © Archivio Penone / Courtesy Giuseppe Penone, Marian Goodman Gallery / © Adagp, Paris 2020

Retourner ses propres yeux, 1970

Dans cet autoportrait, l’artiste porte des verres de contact miroir, ce qui lui donne à la fois l’apparence d’un aveugle et d’un visionnaire. Est-ce une manière de se retirer du monde ? Penone cherche à expérimenter l’intériorité. Privé de la vue, il doit se tourner vers d’autres sens comme le toucher ou le goût. Il nous alerte aussi sur le rôle de l’artiste, celui d’être un miroir pour la société.

Giuseppe Penone, L’Arbre des voyelles
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Giuseppe Penone, L’Arbre des voyelles, 1999

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Bronze, végétation • 450 × 3000 × 1200 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Archivio Penone / Courtesy Giuseppe Penone, Marian Goodman Gallery / © Adagp, Paris 2020

L’Arbre des voyelles, 1999

Commande du ministère de la culture et de la communication pour le jardin des Tuileries, L’Arbre des voyelles est un moulage d’arbre, fondu en bronze. Il semble giser à terre, comme couché par une tempête. Pourtant, cet arbre déraciné ne pourrira pas et apportera même ombrage à de nouvelles pousses. Le titre de l’œuvre renvoie à une ancienne légende égyptienne utilisée pour appeler les forces de la nature.

Par • le 11 février 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Giuseppe Penone Arte povera

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