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Membre de la famille des primitifs flamands actifs dans les Pays-Bas au XVe siècle, Hans Memling (1435/40–1495) est cependant d’origine germanique mais fit carrière à Bruges. Il est la preuve de la grande influence de Jan Van Eyck et de Rogier Van der Weyden sur l’art de leur temps. Hans Memling, en effet, a assimilé les leçons de ces maîtres, accordant une grande importance au rendu des matières, à la couleur et à la lumière. Artiste luxueux et minutieux, Memling fut un brillant peintre de portraits et de retables. Hans Memling, Autoportrait présumé, détail du panneau gauche du « Triptyque Donne », dit « La Vierge et l’Enfant avec les donateurs, des anges et des saintes », 1480 Huile sur panneau de chêne • 71 × 130 cm • Coll. National Gallery, Londres • Domaine public
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« Memling s’était acquis dans le portrait une réputation comparable à celle de son illustre devancier Jan Van Eyck. » Pierre Lafitte
Probablement né en Rhénanie, dans les environs de Francfort-sur-le-Main, le jeune Hans Memling reste une énigme pour les historiens de l’art. Ils ne connaissent rien de son enfance, ni de sa formation. Fut-il l’élève de Stefan Lochner, un peintre de Cologne ? Cela est possible, mais la première influence notable qui se dégage de son œuvre est celle de Rogier Van der Weyden, reconnu dès son époque comme l’un des plus grands peintres flamands. Le biographe toscan Giorgio Vasari le considère d’ailleurs comme son élève.
Il est envisageable que Memling ait travaillé aux côtés de Van der Weyden dans son atelier bruxellois, plusieurs œuvres de jeunesse attestant d’une proximité stylistique avec le maître. Une chose est certaine : en 1465, Memling s’établit à Bruges. Il ouvre son propre atelier. Dans cette cité florissante et prospère, il trouve des commanditaires. Riches marchands et banquiers lui commandent leur portrait, et sa renommée s’étend jusqu’en Italie. C’est un genre dans lequel il excelle et qui le place comme le digne continuateur de Van Eyck. Grâce à ses travaux, il fait fortune, appartient à la guilde de Saint-Luc et devient notable. Il se marie, mais décède en 1495, vers l’âge de 50 ans.
Portraitiste reconnu, témoignant d’une facture raffinée, Memling est également un peintre religieux capable de traiter des compositions complexes. Son art est méticuleux, à l’image de l’école des primitifs flamands. Toutefois, à la différence de ses prédécesseurs, Memling développe sa maîtrise du paysage, qu’il place en fond de ses scènes religieuses. À sa mort, une centaine d’œuvres de sa main (dont trente portraits) sont répertoriées.
Hans Memling, Triptyque du Jugement dernier, 1467–1471
Huile sur panneau • 223,5 × 306 cm • Coll. Nationalmuseum, Danzig • Domaine public
Triptyque du Jugement dernier, 1467–1471
Dans cette œuvre de jeunesse monumentale et flamboyante, Memling montre son attachement à l’art de Rogier Van der Weyden dont il réinterprète le retable de Beaune, représentant également saint Michel pesant les âmes. Mais ici Memling renforce le contraste des deux panneaux latéraux : d’un côté l’ascension des élus sur un escalier de cristal et de l’autre la chute vertigineuse des damnés dans les flammes de l’enfer. Les personnages, ici plus nombreux, présentent des traits personnalisés empreints d’une certaine dramaturgie. Au centre, la plaine verdoyante est traitée selon une perspective fuyante qui accentue la rupture entre le ciel et la terre.
Hans Memling, Le Mariage mystique de sainte Catherine, ou Triptyque de saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste, 1479
Huile sur panneau • 172 × 172 cm (panneau central) • Coll. Ancien Hôpital Saint-Jean (actuel musée Memling), Bruges • © Lukas – Art in Flanders VZW via Bridgeman Images.
Le Mariage mystique de sainte Catherine, 1479
Il s’agit du chef-d’œuvre de Hans Memling, un triptyque témoignant de sa grande maîtrise du paysage accueillant, derrière une architecture, plusieurs représentations de saintes entourant la Vierge à l’enfant. L’ensemble dégage un profond sentiment de pureté, d’innocence et de douceur. Conçu pour l’hôpital Saint-Jean, il représente les donateurs sur les volets extérieurs, peints en couleurs et non en grisaille comme le voulait la tradition. C’est ainsi que le triptyque était le plus souvent visible au XVIe siècle. Les couleurs et le traitement des étoffes sont d’une exceptionnelle qualité.
Hans Memling, Portrait de Barbara van Vlaenderberch [volet droit d’un triptyque], vers 1482
Huile sur panneau • 39 × 29,7 cm • Coll. Musée des Beaux-Arts, Bruxelles • Domaine public
Portrait de Barbara de Vlaenderberch
Les portraits de Memling, considérés comme des œuvres modernes pour son époque, sont généralement à mi-corps. Il utilise les leçons apprises aux côtés de Rogier Van der Weyden (le réalisme, le goût du détail), en y ajoutant une certaine douceur, qui fit son style, dans les traits des personnages. La femme représentée en prière était l’épouse du bourgmestre de Bruges, dont il fit aussi le portrait en pendant.
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