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Petrus Christus en 2 minutes

En bref

La vie de ce peintre de la Renaissance flamande est méconnue bien qu’il fut une grande figure de l’art à Bruges durant le XVe siècle. Successeur de Jan Van Eyck, Petrus Christus (vers 1410 – vers 1475) est l’auteur de petits tableaux, proches de la miniature, d’une grande préciosité et de portraits qui témoignent d’un sens nouveau de la lumière. Certains le considèrent, à ce titre, comme l’un des annonciateurs de Johannes Vermeer. À l’heure actuelle, une poignée de tableaux seulement sont considérés comme formellement signés de sa main.

Autoportrait présumé de Petrus Christus dans le miroir d’« Un orfèvre dans son atelier »
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Autoportrait présumé de Petrus Christus dans le miroir d’« Un orfèvre dans son atelier », 1449

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Huile sur panneau • © MET

Sa vie

Probablement originaire de Baerle à une date demeurée incertaine, Petrus Christus demeure énigmatique. Son nom même prête à discussion. S’agit-il d’un patronyme répandu dans la région d’Anvers ou d’un pseudonyme visant à le positionner comme un peintre religieux, spécialiste des saintes Faces ?

La formation artistique de Petrus Christus est inconnue. Le premier document le concernant date de 1444, soit trois ans après la mort de Van Eyck. Il le désigne comme un bourgeois de la ville de Bruges. Christus aurait acheté ce droit dans l’objectif de s’y établir peintre, comme l’exigeait alors la guilde des artistes. Le peintre n’aurait pas travaillé pour les princes, mais plutôt pour les bourgeois et les aristocrates, dans le contexte d’une ville en pleine expansion économique.

Il est manifeste que Petrus Christus fut largement influencé par les grands maîtres flamands, en particulier Van Eyck. Vasari le présenta d’ailleurs, à tort, comme ayant été son élève. Mais il demeure possible que Petrus Christus ait terminé certains de ses tableaux… Le style de Christus s’inscrit dans la lignée du réalisme et de l’illusionnisme de son illustre prédécesseur, et certaines de ses œuvres sont des hommages appuyés à Van Eyck. Comme ce dernier, Petrus Christus portraiture souvent ses modèles de trois-quarts face sur des fonds neutres. Mais il adopte un parti pris plus radical concernant l’éclairage, étant adepte des contrastes forts entre pénombre et lumière. Dans ses œuvres, visages et personnages prennent une monumentalité presque sculpturale.

Grâce à d’autres archives liées à la ville de Bruges, nous savons que Petrus Christus fut membre d’une confrérie religieuse dédiée au culte de la Vierge Marie. Ce cercle aristocratique, dont d’autres peintres faisaient partie (notamment Memling), permettait à Christus de rencontrer de nouveaux clients et de renforcer sa position de notable. Il joua d’ailleurs un rôle de premier plan en présidant la guilde des peintres de Bruges.

Longtemps restée dans l’ombre de Van Eyck, l’œuvre de Petrus Christus commence à être redécouverte puis réévaluée au cours du XIXe siècle. À l’heure actuelle, le Metropolitan Museum de New York est l’institution conservant le plus grand nombre d’œuvres (cinq) fermement attribuées à ce peintre.

Ses œuvres clés

Petrus Christus, Portrait d’un chartreux
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Petrus Christus, Portrait d’un chartreux, 1446

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Huile sur panneau • 29,2 × 18,7 cm • Metropolitan Museum of Art • © MET

Portrait d’un Chartreux, 1446

La qualité de présence de ce portrait est exceptionnelle. Placé dans un coin, le moine semble nous observer à travers un cadre fictif. Il se tient de trois-quarts face, comme le veut la posture mise à la mode par Van Eyck, mais Petrus Christus force l’effet de clair-obscur. L’artiste joue sur la notion d’illusionnisme en représentant une mouche sur le cadre (en bas du tableau). Faut-il y voir un symbolisme caché ? Le portrait n’a pas livré tous ses secrets.

Petrus Christus, Un Orfèvre dans son atelier, peut-être Saint Éloi
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Petrus Christus, Un Orfèvre dans son atelier, peut-être Saint Éloi, 1449

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Huile sur panneau • 100,1 × 85,8 cm • Metropolitan Museum of Art • ©MET

Un Orfèvre dans son atelier, 1449

Chef-d’œuvre de la renaissance flamande, cette œuvre est une composition complexe dans la manière de Jan Van Eyck. Scène de genre, elle fait écho à l’œuvre de ce dernier, Les Époux Arnolfini. Le personnage principal, assis, a parfois été identifié à saint Éloi, le patron des orfèvres, mais il s’agit plus certainement du portrait d’un marchand répondant à sa riche clientèle. Petrus Christus se montre particulièrement attentif aux détails et à la création d’effets illusionnistes (les reflets des objets métalliques, le miroir qui renvoie vers une autre réalité et qui représente peut-être le peintre lui-même, celle de la rue, dévoilant une opposition entre les valeurs morales de la scène et l’immoralité des gens ordinaires).

Petrus Christus, Portrait de Van Een Jonge Vrouw
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Petrus Christus, Portrait de Van Een Jonge Vrouw, 1470

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Huile sur bois de chêne • 29 × 22,5 cm • ©Gemäldegalerie Der Staatlichen Museen Zu Berlin

Portrait d’une jeune fille, vers 1470

Ce petit chef-d’œuvre représente un modèle non identifié, mais qui appartenait sans doute à l’aristocratie anglaise. Son vêtement, sa coiffe et ses bijoux la distinguent comme une jeune fille particulièrement fortunée. Bien que très jeune, elle se tient avec assurance (et presque une certaine morgue) devant le peintre. Cette expression hautaine est relativement rare dans les portraits de femmes à cette époque.

Par • le 21 février 2022

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