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Peintre espagnol attaché à la lignée des réalistes et des impressionnistes, Joaquín Sorolla est présenté comme un luministe. L’artiste, de formation classique, est connu pour ses tableaux de genre, ses portraits et ses scènes de plage en plein air. Sorolla est un adepte des intenses jeux de lumière et cultive un réalisme quasi photographique. Sa modernité s’exprime aussi au travers des cadrages audacieux qu’il imagine, comme ses contemporains Edgar Degas et Gustave Caillebotte, ainsi que par son attirance pour les sujets empruntés à la vie réelle, quotidienne, des classes laborieuses comme des bourgeois.
Gertrude Käsebier, Joaquín Sorolla en 1908
« Plus il y a de lumière dans la peinture, plus il y a de vie, de vérité, de beauté. »
Le futur peintre est né à Valence, en Espagne, le 27 février 1863, sous le nom de Joaquín Sorolla y Bastida, dans une famille de commerçants. Sa petite enfance est marquée par le décès de ses deux parents, morts d’une épidémie de choléra. Élevé par sa tante maternelle, il se destine tout d’abord à devenir serrurier. Mais le jeune garçon montre un talent précoce pour le dessin. Dès l’âge de 16 ans, il intègre les classes de l’Académie des beaux-arts de sa ville.
Sorolla s’installe à Madrid à l’âge de 18 ans. Il a dans l’idée d’abreuver son œil au contact des grands maîtres anciens exposés au Prado, en particulier Diego Vélasquez. Le jeune homme commence aussi à exposer son travail, des paysages et vues marines qui deviennent sa spécialité. En 1884, son talent commence à être remarqué. Sorolla obtient ainsi une bourse attribuée par la ville de Valence, pour financer un voyage à Rome.
Il part alors à Rome étudier les grands maîtres de la Renaissance. Mais Paris, l’une des grandes capitales de l’art moderne à cette époque, l’attire tout autant. Grâce au soutien d’un mécène, il visite la ville en 1885 et découvre l’impressionnisme de Claude Monet, Auguste Renoir, Edgar Degas. La fin de la décennie 1880 correspond à son mariage avec une jeune femme, Clotilde, puis à l’installation du couple à Assise pour un an. L’artiste vit de ses scènes de genre et de ses aquarelles, d’un style enlevé et réaliste, aux coloris allègres, qui trouvent facilement une clientèle.
Installé à Madrid, Sorolla voit sa carrière s’envoler. En 1889, son grand tableau Une autre marguerite est récompensé par une médaille d’or lors d’une exposition nationale. Sorolla est connu pour ses scènes de genre réaliste, et fait évoluer sa palette vers des teintes plus lumineuses. En effet, l’artiste est fortement influencé par le courant impressionniste au cours de la décennie 1890. Il devient l’un des grands spécialistes des scènes de plage, figurant d’abord des pêcheurs puis des baigneurs. Vivant dans l’aisance, fêté de toutes parts, il est récompensé lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900. Bien que Sorolla voyage en Europe, il s’est définitivement installé dans une belle villa madrilène, dont l’opulent jardin l’inspire. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 1920, le peintre décède trois ans plus tard. Un musée monographique, consacré à son œuvre, a ouvert à Madrid en 1932.
Joaquín Sorolla, Une autre marguerite, 1892
Huile sur toile • 130 × 200 cm • Coll. Mildred Lane Kemper Art museum, Washington University St Louis
Adepte, dans les années 1890, de la peinture dite sociale, Sorolla connaît un grand succès avec cette œuvre représentant une jeune détenue et surveillée, la tête basse, parquée dans un wagon de troisième classe. Le thème est celui de la déchéance sociale, la femme incarnant possiblement le profil d’une prostituée (le nom de Margarita étant associé à l’univers prostitutionnel à Valence). Le cadrage en plongée donne un sentiment de proximité avec ce personnage féminin déclassé et souffrant. Cette œuvre vaut au peintre une médaille d’or à l’exposition nationale de Madrid et un premier prix à l’Exposition universelle de Chicago.
Joaquín Sorolla, Clotilde à la plage, 1904
Huile sur toile • 127,5 × 148,5 cm • Coll. musée Sorolla, Madrid
Clotilde est l’épouse et la muse de Sorolla. On lui doit la fondation du musée qui rend hommage à l’œuvre du peintre à Madrid. Sorolla prend souvent sa femme pour modèle, comme le montre cette œuvre. Associant le genre du portrait à la peinture de plein air, Sorolla la représente sur la plage en fin de journée, sous une ombrelle diffusant une lumière douce qui répond à la blancheur de sa robe. Par la voie de la lumière, le personnage est comme magnifié, figé dans une douceur et une plénitude intemporelle.
Joaquín Sorolla, Promenade au bord de la mer, 1909
Huile sur toile • 205 × 200 cm • Coll. musée Sorolla, Madrid
Au début du XXe siècle, Sorolla s’est engagé dans la voie de l’impressionnisme. Sa palette lumineuse et claire lui vaut le qualificatif de luministe. Son travail, à l’image de cette toile, est consacré exclusivement aux scènes de plage, entre mer et ciel. Ses œuvres vives, pleines de mouvements, incarnent la joie de vivre, la légèreté. Ses cadrages, souvent resserrés sur les personnages, impliquent pleinement le spectateur.
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