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Joshua Reynolds en 2 minutes

En bref

Joshua Reynolds (1723 – 1792) a multiplié les titres de gloire : premier président de la Royal Academy of Arts, premier peintre du roi George III, ce portraitiste aurait relevé le niveau de l’école anglaise, à une époque où les commandes étaient accaparées par des peintres étrangers. Admirateur des grands maîtres de la Renaissance, contemporain de François Boucher qu’il apprécie et rival de Thomas Gainsborough, Reynolds est connu pour être l’artiste des sphères aristocratiques qu’il sait flatter par son pinceau. L’élégant peintre et théoricien a imposé le portrait au rang d’art majeur dans l’Angleterre du XVIIIe siècle !

Joshua Reynolds, Autoportrait
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Joshua Reynolds, Autoportrait, 1747–1749

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Huile sur toile • 63,5 × 74,3 cm • Coll. National Portrait Gallery, Londres

Il a dit

« Un peintre d’histoire peint l’Homme en général ; un portraitiste peint un individu et par conséquent un modèle imparfait. »

Sa vie

Né dans le Sud-Ouest de l’Angleterre, ce fils de pasteur grandit dans un milieu éduqué et ouvert à la littérature et à la philosophie. Bien que son père le destine à la profession d’apothicaire, le jeune homme se tourne vers les arts, soutenu par sa sœur. Sur ses deniers, elle lui offre l’inscription au cours du peintre Thomas Hudson, portraitiste jouissant d’une certaine renommée à Londres. Pendant quatre ans, le jeune Joshua fait partie de ses assistants.

À l’âge de 20 ans, Joshua Reynolds revient dans sa région natale et s’établit comme portraitiste. Il travaille pour les personnalités locales, s’illustre dans le genre de la conversation piece (portrait de groupe intimiste). À la fin des années 1740, il est devenu une célébrité locale. Sa conception de l’art est basée sur le principe de l’observation de la nature et son idéalisation. L’œil du peintre doit savoir corriger et améliorer ce qu’il voit, en particulier ses modèles.

Comme tout gentilhomme de son temps, Reynolds rêve de faire le tour de l’Europe. Il s’embarque sur un navire et se rend en Italie, la patrie des arts. De Rome à Venise, en passant par Florence et Naples, l’artiste perfectionne sa connaissance de l’Antiquité et de la Renaissance. Il admire tout particulièrement l’œuvre du Titien.

De retour à Londres, Reynolds obtient de belles commandes de portraits auprès de l’aristocratie. L’artiste cherche à perfectionner ce genre, à le traiter avec théâtralité, à souligner la psychologie de ses modèles. Il se montre influencé par le peintre français François Boucher. Reynolds ouvre son propre atelier, recrute des assistants pour mener à bien ses nombreuses commandes. Ses œuvres sont également reproduites, sous son autorité, par la gravure.

En 1768, le peintre est élu président d’une nouvelle institution, la Royal Academy of Arts, fondée sous l’égide du roi George III. Tout comme l’Académie royale de peinture et de sculpture créée en France un siècle plus tôt, cette institution entend former une élite locale (et contrecarrer l’influence des peintres étrangers), organiser des expositions annuelles et encourager la formation des peintres. Dans le cadre de la Royal Academy, Reynolds se fait théoricien et énonce ses Discours sur la peinture (1769–1790). L’artiste insiste sur la notion de beauté idéale, le but suprême de l’art. Il est parfaitement en accord avec les théories néoclassiques qui abondent en Europe à cette époque et nourrit ses réflexions par la fréquentation de philosophes tel qu’Edmund Burke. Reynolds promeut la notion de « grand style ».

Dix ans plus tard, l’artiste est fortement diminué par plusieurs accidents vasculaires. Il est néanmoins nommé premier peintre du roi en 1784. Devenu pratiquement aveugle, il décède en 1792 à Londres et a le privilège d’une sépulture dans la cathédrale Saint-Paul.

Ses œuvres clés

Joshua Reynolds, Lady Cockburn et ses enfants
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Joshua Reynolds, Lady Cockburn et ses enfants, 1773–1775

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Huile sur toile • 141,5 × 113 cm • Coll. National Gallery, Londres

Lady Cockburn et ses enfants, 1773–1775

Peint comme un tableau d’histoire, ce portrait idéalise les modèles à la manière de personnages mythologiques. Lady Cockburn est représentée comme un parangon de la maternité, une évocation moderne de la charité (inspirée peut-être d’une toile d’Antoine Van Dyck conservée à Londres). La femme est campée de manière puissante, à l’instar d’une déesse ou d’une allégorie, entourée d’enfants exaltant l’innocence.

Joshua Reynolds, Capitaine George K. H. Coussmaker
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Joshua Reynolds, Capitaine George K. H. Coussmaker, 1782

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Huile sur toile • 238 × 145 cm • Coll. Metropolitan Museum of art, New York • https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/

Capitaine George K. H. Coussmaker, 1782

Dans ce portrait en pied et équestre, Reynolds représente un jeune aristocrate, lieutenant-colonel de l’armée, posant avec un flegme tout britannique, les jambes croisées et le regard hautain. L’homme et le cheval paraissent parfaitement s’accorder, les lignes de leurs corps s’harmonisant avec souplesse dans ce cadre naturel. Reynolds se montre influencé par l’art du portrait flamand, en particulier le génie de Rubens.

Joshua Reynolds, Master Hare
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Joshua Reynolds, Master Hare, 1788–1789

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Huile sur toile • 77 × 64 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © akg-images / Erich Lessing

Master Hare, 1788–1789

Parmi les nombreux portraits d’enfants peints par Joshua Reynolds, celui-ci est le plus célèbre. Il représente Francis George Hare à l’âge de deux ans, dans une robe de mousseline, conformément aux coutumes vestimentaires de l’époque. Avec ses délicates boucles blondes, cet enfant incarne par excellence le mythe de l’innocence en plein cœur de la nature. Gravée dès 1790, cette œuvre est devenue l’image même de l’enfance, un sujet symbolisant l’avenir qui occupe une place nouvelle dans la société de la fin du XVIIIe siècle.

Par • le 17 février 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Rococo Joshua Reynolds

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