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Le Land Art en 2 minutes

En bref

Tendance forte de l’art contemporain depuis sa naissance dans les années 1960, le Land Art repose sur le lien entre l’artiste et l’environnement naturel. Les plasticiens utilisent des matériaux provenant de cadre (bois, pierre, sable, eau) pour concevoir des formes, des architectures, des œuvres sur site (in situ), éphémères ou durables mais toujours soumises aux aléas du temps. En sortant du musée, l’œuvre d’art développe un autre rapport au temps, à l’espace et au regard. Le Land Art intègre une dimension écologique devenue d’autant plus pertinente à l’heure de l’urgence climatique.

Nils Udo, Nid du Crestet, Vaison La Romaine, Provence
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Nils Udo, Nid du Crestet, Vaison La Romaine, Provence, 1988

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Terre, pierre, chêne • 125 × 125 cm • Courtesy Nils Udo / Galerie Claire Gastaud

« Dans la forêt. Mon regard peut se poser n’importe où. Partout où je regarde, je pourrais entreprendre un travail. » – Nils Udo

 

Son histoire, ses idées clés

Apparu dans les années 1960 aux États-Unis, le Land Art est un mouvement artistique né du minimalisme américain. Robert Smithson, Richard Long et Michael Heizer désirent sortir du cadre étriqué du musée, de la ville, du marché de l’art pour investir l’espace naturel, en particulier des régions désertiques. Le Land Art est cependant international. Christo et Jeanne-Claude en France, Nils Udo en Allemagne, Andy Goldsworthy en Grande-Bretagne ou Giuseppe Penone en Italie sont considérés comme des figures majeures de ce mouvement, qui croise parfois le chemin de la performance et de l’installation.

Bien qu’il soit mort très jeune, Robert Smithson représente l’une des figures emblématiques de ce champ conceptuel. En 1968, il publie Sedimentation of the mind : earth projects, un essai considéré comme le manifeste du Land Art. Deux ans plus tard, il crée Spiral Jetty dans l’Utah. Sculpteur, après avoir été peintre abstrait, Smithson prône le travail in situ, dans des espaces suburbains. Ses œuvres sont souvent monumentales et inamovibles. Toutefois, Smithson travailla aussi sur le principe du déplacement, présentant par exemple en galerie des roches rapportées de carrières.

Dans la nature, les interventions des artistes peuvent prendre des formes variées. Les plus monumentales (celles qui modifient durablement le paysage) sont qualifiées d’earthworks. Il est possible pour le public de les contempler ou de les visiter, mais elles ne sont pas toujours très facilement accessibles. D’autres artistes interviennent de manière plus sensible, à l’image de Penone. Son œuvre conceptuelle, en interaction avec les arbres, est d’une profonde portée symbolique et universelle. Richard Long s’attache aussi dans son œuvre aux liens unissant l’homme à la nature, en travaillant plus spécifiquement sur le thème du mouvement, de la trace, de la mémoire. Pour lui, comme pour Nils Udo, la photographie est partie prenante de sa démarche artistique. Nils Udo utilise lui aussi le contexte de la promenade, au cours de laquelle il collecte des éléments naturels qui lui permettent de réaliser sur place une installation, souvent des nids à la vie éphémère.

Le Land Art est une expression proche du champ de la sculpture (car les œuvres sont en volume, ont une présence monumentale et physique), qui convie souvent des matériaux naturels tels que la pierre ou le bois. Toutefois, certains artistes font appel à des matières ou des techniques sophistiquées, tels Christo et Jeanne-Claude. Les œuvres du Land Art étant parfois éphémères, en tout cas soumises aux aléas du climat, elles se modifient au cours du temps.

L’intégration d’une œuvre dans un paysage le modifie parfois considérablement, et impacte le regard que nous lui portons. Le Land Art revisite aussi la notion d’échelle, qui n’est plus tellement en rapport avec l’humain mais avec le caractère grandiose de la nature. Michael Heizer a ainsi créé des interventions monumentales et radicales dans le désert américain, qui peuvent s’apparenter à des sculptures en négatif.

Des œuvres clés

Robert Smithson, Spiral Jetty, Salt Lake, Utah
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Robert Smithson, Spiral Jetty, Salt Lake, Utah, 1970

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457 × 4,5 mètres • © Nathan Allred / Alamy / Hemis / © 2022 Holt / Smithson Foundation and Dia Art Foundation / ADAGP, Paris

Robert Smithson, Spiral Jetty, 1970

Tantôt apparente, tantôt cachée, Spiral Jetty est soumise au niveau des eaux. Cette œuvre emblématique de Robert Smithson est une imposante digue en forme de spirale construite en 1970 dans le grand lac salé de l’Utah. Constituée de 6 783 tonnes de boue, de cristaux de sel et de roche noire, elle a nécessité d’importants moyens de terrassement. D’un incroyable effet plastique, elle prend la forme d’un symbole dynamique dans une région dévastée par les exploitations minières.

Richard Long, A Line Made by Walking
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Richard Long, A Line Made by Walking, 1967

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épreuve gélatino-argentique, graphite • 82,5 × 12,5 cm • Tate Collection, Londres • © Tate, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / Tate Photography / © ADAGP, Paris 2022

Richard Long, A line made by walking, 1969

Richard Long réalise cette œuvre en marchant dans une forêt. Pas à pas, il fait émerger une ligne droite qu’il prend ensuite en photographie. À mi-chemin entre la performance et le Land Art, cette action est considérée comme une expression majeure de l’art conceptuel, une intervention éphémère sur le paysage. Long utilise généralement la photographie pour documenter son œuvre. De cette manière, il en conserve la trace, la mémoire.

Christo et Jeanne-Claude, Surrounded Islands, Floride
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Christo et Jeanne-Claude, Surrounded Islands, Floride, 1980–1983

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© Christo et Jeanne-Claude

Christo et Jeanne-Claude, Surrounded Islands, 1983

Éphémères par nature, les empaquetages spectaculaires de Christo et Jeanne-Claude nécessitent de nombreuses années de travail. Initié en 1980, Surrounded Islands a vu le jour trois ans après les premiers dessins préparatoires. Pour ce projet emblématique, visible seulement pendant deux semaines, les artistes ont encerclé, à l’aide de 60 hectares de polypropylène rose, les 11 îles de la baie de Biscayne à Miami, alors très polluées par toutes sortes de déchets encombrants. Révéler l’évidence, voilà le credo de ces deux inséparables qui ont aussi emballé quelques-uns des édifices les plus célèbres du monde, du Reichstag à Berlin à l’Arc de triomphe à Paris en 2021.

Par • le 31 janvier 2022

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