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Le Parmesan en 2 minutes

En bref

Le Parmesan (1503–1540), peintre maniériste de la Renaissance italienne, est une figure majeure de l’École de Parme. Après avoir étudié Raphaël, Michel-Ange, Corrège, Sebastiano del Piombo, l’artiste parvient à créer sa propre manière : élégante, virtuose, allongeant ses figures et les plaçant dans des poses complexes. L’œuvre du Parmesan est pleine de poésie, de sensualité, et peut-être même de mélancolie. Son style a une influence sur l’École de Fontainebleau, et sur le Primatice en particulier. Il renvoie l’image d’un artiste inquiet, attaché à l’expression d’une beauté étrange et singulière que reflète son dernier chef-d’œuvre inachevé : la Madone au long cou.

Le Parmesan, Portrait d’homme, autoportrait supposé de l’artiste
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Le Parmesan, Portrait d’homme, autoportrait supposé de l’artiste, vers 1530

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Huile sur toile • 100 × 70 cm • Galerie des Offices, Florence • © Wikimedia Commons

On a dit de lui

« Désinvolture ! C’est le mot que l’on dirait avoir été créé tout exprès pour caractériser les dessins du Parmesan et les figures de ses tableaux, tout ce qui sort de sa plume, ou de sa pointe de graveur ou de sa palette. » Charles Blanc

Sa vie

Un orphelin élevé par deux oncles peintres

Girolamo Francesco Maria Mazzola, dit Parmigianino (Le Parmesan en français) est né à Parme. Orphelin dès sa prime enfance, il est élevé par ses oncles, deux modestes peintres. Le garçon montre très jeune de belles dispositions au dessin. La ville de Parme a, à cette époque, un statut particulier car aucune grande famille princière n’y exerce son mécénat, ce qui réduit les possibilités de multiplier les commandes et de contenter tous les artistes.

Des débuts sous l’influence de Corrège

Durant la jeunesse de notre artiste, Corrège est le grand peintre de Parme, bien qu’il n’en soit pas originaire. Si le Parmesan n’est pas directement son élève, il est influencé par ce maître réputé divin, et étudie très finement son œuvre et sa manière. Ils travaillent d’ailleurs ensemble pour certains décors d’églises locales.

Un style de plus en plus personnel

Progressivement, Le Parmesan fait reconnaître son talent personnel et obtient des commandes. Il œuvre notamment pour des décors dans une propriété de la famille Sanvitale. Puis, Le Parmesan quitte Parme pour donner libre cours à son propre destin et se rend à Rome en 1524. Dans cette ville, il développe son style maniériste, s’éloignant des canons du classicisme et de la Renaissance. Il accumule les innovations, les lignes serpentines, une grâce raffinée et des corps étirés jusqu’à l’exagération.

L’exil à Bologne

En 1527, Le Parmesan fuit le sac de Rome et se réfugie à Bologne. Il travaille dans cette ville pendant quatre ans, et reçoit plusieurs commandes de portraits. Ses modèles, comme les vierges qu’il peint, sont généralement vêtus luxueusement, parés, plein de grâce et d’une grande délicatesse.

Le retour à Parme face à son rival

En 1531, Le Parmesan revient à Parme et veut défier Corrège. C’est alors qu’il peint la Madone au long cou, dans l’espoir de rivaliser avec le maître. Il œuvre également pour l’Église, et plus particulièrement pour Santa Maria della Steccata, y composant des décors à fresque ambitieux. Mais l’artiste a des difficultés à terminer son programme.

Une disparition mystérieuse

Le Parmesan connaît une fin de vie difficile. Se laissant dériver, il se tourne vers les mystères occultes de l’alchimie. Sa mort brutale, à l’âge de 37 ans, demeure inexpliquée.

Ses œuvres clés

Le Parmesan, Autoportrait dans un miroir convexe
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Le Parmesan, Autoportrait dans un miroir convexe, vers 1521–1524

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Huile sur panneau convexe • 24,4 cm de diamètre • Coll. Kunsthistorisches Museum, Vienne • © Wikimedia Commons

Autoportrait dans un miroir convexe, vers 1521–1524

Comme le signale Giorgio Vasari, Le Parmesan exécuta son autoportrait en se regardant dans un miroir convexe. S’inspirant du principe des anamorphoses, les éléments semblent déformés. L’artiste joue d’ailleurs la carte de l’illusionnisme avec le miroir car il a peint cette œuvre sur un panneau de forme convexe. La main de l’artiste prend une dimension monumentale, jusqu’à fasciner Vasari qui la décrit comme « si belle qu’elle paraissait très vraie ». L’artiste, seulement âgé de 21 ans, y apparaît d’une beauté angélique.

Le Parmesan, L’Esclave turque
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Le Parmesan, L’Esclave turque, 1533

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Huile sur toile • 67 x 53 cm • Galerie nationale de Parme • © Wikimedia Commons

L’Esclave turque, 1533

Ce beau portrait féminin est typique de la grâce du Parmesan. Contrairement à ce que laisse entendre le titre, il ne s’agit pas d’un bandeau à la turque mais d’une coiffe typique de la Renaissance italienne. Il s’agit, bien sûr, d’une femme de la noblesse, comme le montrent ses riches atours. Le traitement des mains, fines et allongées, est représentatif du style particulier du Parmesan, qui l’a rendu célèbre.

Le Parmesan, Madone au long cou
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Le Parmesan, Madone au long cou, entre 1534–1540

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Huile sur bois • 216 cm × 132 cm • Galerie des Offices, Florence • © Wikimedia Commons

Madone au long cou, 1534–1540

Bien qu’inachevé en raison du décès de l’artiste, ce tableau est le plus célèbre du Parmesan. Il lui est commandé par Elena Baiardi pour sa chapelle personnelle dans l’église de Santa Maria dei Servi, à Bologne. Le style de l’artiste est puissamment maniériste : le cou de la Vierge est allongé à l’image de celui d’un cygne, ce qui la pare d’une grâce surnaturelle. Elle tient l’Enfant Jésus sur ses genoux et le regarde avec tendresse. Le Parmesan s’est dégagé de la tradition classique, en renonçant aux effets de symétrie dans la composition et en cultivant la ligne serpentine.

Par • le 8 mai 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Renaissance italienne Le Parmesan

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