Marie Bracquemond, La Dame en blanc, vers 1880
Huile sur toile • 181 x 105 cm • Coll. musée municipal, Cambrai • © Bridgeman Images
Bien moins connue que Berthe Morisot ou Mary Cassatt, Marie Bracquemond fait partie des rares femmes du mouvement impressionniste. Née en 1840, elle a reçu l’enseignement de Jean-Auguste-Dominique Ingres mais l’attitude de ce dernier envers ses élèves féminines l’exaspère.
« Il ne leur confiait que des peintures de fleurs, de fruits, des natures mortes, portraits ou scènes de genre », déplorera-t-elle. Marie Bracquemond commence véritablement sa carrière en 1859, date à partir de laquelle elle expose régulièrement au Salon. En parallèle, ses activités de peintre de commande et de professeur de dessin lui permettent de subvenir aux besoins de sa mère et de sa sœur.
Marie Bracquemond, Autoportrait, vers 1870
Huile sur toile • 45 × 38 cm • Coll. musée des Beaux-Arts de Rouen • © akg-images
Son mariage en 1869 avec Félix Bracquemond (1833–1914), peintre graveur et céramiste, marque un tournant dans sa carrière. Le couple collabore notamment au sein de l’atelier d’Auteuil, où Félix dirige une équipe de céramistes. En 1879, 1880 et 1886, Marie Bracquemond participe aux expositions impressionnistes, mais son époux goûte peu les évolutions de sa peinture influencée par Claude Monet. C’est probablement la raison pour laquelle elle aurait brutalement arrêté de peindre vers 1890… Tombée dans l’oubli après sa mort en 1916, elle revient peu à peu sur le devant de la scène à la faveur d’expositions.
Si ses débuts au Salon sont marqués par un certain académisme, l’ancienne élève d’Ingres n’a pas tardé à trouver sa voie auprès des impressionnistes dont elle reprend les motifs de prédilection. Scènes intimes ou familiales, instants de la vie quotidienne et paysages verdoyants peuplent ainsi sa peinture, qui se distingue par une admirable maîtrise des couleurs.
Marie Bracquemond, Le Goûter, vers 1880
Huile sur toile • 81,5 × 61,5 cm • Coll. Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris • CC0 Paris Musées Collections
Avec sa touche veloutée et libre, elle transpose sur la toile une infinité d’effets de lumière, révélant la beauté fugace d’un rayon de soleil sur une étoffe ou d’un ciel changeant. Marie Bracquemond s’est aussi illustrée comme céramiste. En 1878, à l’occasion de l’Exposition universelle, elle a réalisé un monumental panneau allégorique, Les Muses des arts, hélas aujourd’hui perdu.
Un certain nombre d’œuvres de Marie Bracquemond se trouvent dans des collections françaises : au musée d’Orsay bien sûr, mais aussi au musée des Beaux-Arts de Rouen ou encore au Petit Palais, où l’on peut admirer le lumineux Goûter (1880), une véritable invitation à la contemplation… À noter que la galerie Pauline Pavec expose jusqu’au 8 mars une sélection de tout petits formats de l’artiste, semblables à de précieux talismans, en dialogue avec une œuvre contemporaine de Thu-Van Tran.
Marie Bracquemond. Ombres et lumières
Du 6 février 2025 au 8 mars 2025
Galerie Pavec • 4 Rue de Jarente • 75004 Paris
www.paulinepavec.com
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