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Max Beckmann en 2 minutes

En bref

Max Beckmann (1884 – 1950), expressionniste allemand, est l’un des grands peintres d’histoire du XXe siècle, dont il a traversé toutes les tragédies (les deux guerres, le nazisme). Admirateur des grands maîtres, Beckmann est toujours demeuré un artiste figuratif et un observateur du temps présent. Il est l’une des personnalités marquantes de la Nouvelle Objectivité, au même titre qu’Otto Dix et George Grosz.

Max Beckmann, Autoportrait au rideau vert
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Max Beckmann, Autoportrait au rideau vert, 1940

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Huile sur toile • Hanovre, Sprengel Museum • © De Agostini Picture Library / M. Carrieri / Bridgeman Images

Il a dit

« Plus souvent on meurt, plus intensément on vit. »

Sa vie

Né à Leipzig en 1884, le jeune Max se forme à l’École des Beaux-arts de Weimar avant de s’installer à Berlin en 1907.

Le premier tournant dans la vie de Beckmann est la tragédie de la Grande Guerre. Il y participe en qualité d’infirmier, ce qui le met en confrontation directe avec la gravité des blessures infligées aux combattants. L’artiste est démobilisé en 1915 en raison d’une dépression nerveuse, mais il considère cette expérience comme l’une des plus riches qu’un homme puisse vivre.

Max Beckmann, qui s’est marié une première fois avec Minna Tube, épouse en secondes noces Mathilde von Kaulbach (surnommée Quappi) en 1925. Il devient enseignant à Munich. Sa peinture est plus sombre et plus critique que par le passé, dénonçant l’hypocrisie de son temps, la violence de l’après-guerre. Son œuvre révèle la crise morale qui mine alors l’Allemagne. Beckmann se considère comme un peintre d’histoire, dont le devoir est de révéler les drames de l’histoire humaine et contemporaine. Il rejette toute idée d’abstraction pour viser la représentation du réel, ce qui le place en marge des avant-gardes du XXe siècle. Pour autant, le style de Beckmann est bien moderne et vivement expressionniste. Il comporte sa part de violence et de brutalité, inhérente à toute l’histoire de la modernité.

Bien qu’il soit un peintre reconnu, Beckmann est chassé de son poste par les nazis arrivés au pouvoir en 1933, tout comme son contemporain Otto Dix. Jugé comme un artiste dégénéré, le peintre s’exile à Amsterdam où il retrouve l’anonymat, la précarité. Miné par sa dépression, sa situation est difficile. L’artiste rejoint finalement New York en 1947, où sa peinture retrouve une certaine sérénité. C’est dans cette ville qu’il décède en 1950. La même année, la Biennale de Venise lui attribue le premier prix de peinture.

Ses œuvres clés

Max Beckmann, L’Obus
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Max Beckmann, L’Obus, 1915

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Pointe-sèche sur imitation de papier Japon • 38,6 × 28,9 cm • Hanovre, Sprengel Museum • © Sprengel Museum

L’Obus, 1915

L’obus est l’arme caractéristique de la violence de la Grande Guerre. Représenté ici comme un soleil noir, il fait exploser le monde autour de lui. La perspective, comme la figure, sont anéanties par sa force obscure qui sème la dévastation et le chaos. Cette gravure en taille douce est contemporaine des travaux d’Otto Dix sur la Première Guerre mondiale qui a su montrer, avec autant d’expressionnisme que Beckmann, la brutalité de la tragédie inaugurale du XXe siècle.

Max Beckmann, La Nuit
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Max Beckmann, La Nuit, 1918–1919

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Huile sur toile • 133 × 154 cm • Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen • © Bridgeman Images

La Nuit, 1918–1919

Cette œuvre majeure de Beckmann représente une scène de torture évoquant la violence de la société allemande de l’immédiat après-guerre. Elle entretient peut-être un rapport avec l’assassinat de révolutionnaires spartakistes lors de la semaine sanglante à Berlin, en janvier 1919. Le peintre s’inspire ici de l’iconographie traditionnelle de la descente de croix, qu’il réinterprète sur un mode contemporain. Il s’agit d’une scène d’effroi, de meurtre cynique, qui acquiert une résonance universelle et désespérée sur la cruauté du genre humain.

Max Beckmann, Autoportrait au veston bleu
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Max Beckmann, Autoportrait au veston bleu, 1950

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Huile sur toile • 140 × 91 cm • Saint-Louis, The Saint-Louis Art Museum • © Bequest of Morton D. May / Bridgeman Images

Autoportrait au veston bleu, 1950

Cette œuvre, peinte à New York, est l’une des dernières du peintre – son testament –, et l’un de ses nombreux autoportraits. Beckmann s’y représente comme un homme épuisé, miné par la dépression, affaibli et amaigri. La couleur bleue de son costume, immatérielle, renvoie à l’imaginaire de la spiritualité. L’artiste, au regard toujours aigu, semble accroché à sa cigarette, qui lui insuffle une dernière bouffée de vie avant le grand saut vers l’inconnu de la mort.

Par • le 16 février 2020

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