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Max Ernst en 2 minutes

En bref

Peintre et sculpteur allemand attaché à l’aventure Dada puis surréaliste, Max Ernst (1891 – 1976) est un artiste à la fantaisie assumée. Inventeur de plusieurs techniques nouvelles comme le frottage ou le roman-collage, il est à l’origine d’une peinture onirique et métaphysique. L’artiste est aussi un sculpteur inventif, qui crée tout un univers peuplé de personnages hybrides. Son œuvre, complexe et insolite (d’une « inquiétante étrangeté », pour citer Sigmund Freud), revisite librement les sources mythologiques et leur capacité à faire entrer le spectateur dans un monde symbolique puisant aux racines de la psyché humaine.

Fred Stein, Max Ernst
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Fred Stein, Max Ernst, 1962

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© dpa picture alliance / Alamy Stock Photo

Il a dit

 « L’art est un jeu d’enfant. »

Sa vie

Né à Brühl, Maximilien Ernst est le fils du peintre Phillip Ernst, qui l’initie dès son plus jeune âge à la peinture. Son imaginaire d’enfant est marquée par de longues promenades en forêt. En dehors de cette initiation familiale, Max Ernst est un autodidacte.

Étudiant en philosophie et histoire de l’art à l’université de Bonn, le jeune homme abandonne tout pour se consacrer à la peinture. Ernst rencontre les expressionnistes berlinois du Blaue Reiter avec lesquels il expose en 1913, à seulement 22 ans. Puis l’artiste s’installe à Paris où il fréquente des figures de l’avant-garde et de la bohème.

Le jeune peintre est touché de plein fouet par le mouvement Dada, qui émerge pendant la Première Guerre mondiale où il se voit mobilisé comme soldat allemand. Cette tragédie marque beaucoup le peintre. À Cologne, après la guerre, Ernst s’allie à Jean Arp pour y conduire une antenne du mouvement Dada. Son œuvre est marquée par l’influence de Marcel Duchamp.

À partir de 1919, Ernst crée des collages, utilisant des matériaux issus de la vie quotidienne et populaire, comme des magazines (série La Femme 100 têtes par exemple). Il est en phase avec les pratiques des dadaïstes, mais ses œuvres prennent un accent onirique inédit, proche de Giorgio de Chirico. Quelques années plus tard, devenu l’ami des surréalistes parisiens, Ernst met au point la technique du frottage : faire glisser, au hasard, une mine de crayon sur un papier posé sur différents supports. Il crée également des romans-collages, en associant des images qui s’imposent librement à son inconscient. L’artiste se marie pour la première fois (trois autres mariages suivront !).

En 1934, Ernst aborde la pratique de la sculpture après avoir passé l’été avec Alberto Giacometti. Il développe un style très différent de ce qu’il pratiquait en tant que peintre. Les formes sont lisses et pleines, et les sujets sont empruntés à un bestiaire fantastique et imaginaire, peuplé de chimères et de monstres monumentaux. L’artiste aime concevoir ses sculptures pour des lieux précis, maisons et jardins, dont elles seraient les gardiennes.

Après avoir été interné au camp des Milles comme étranger ennemi en septembre 1930, Ernst fuit la France avec Peggy Guggenheim (son épouse entre 1941 et 1946) au début de l’occupation allemande. Le couple s’installe aux États-Unis. Ernst contribue à la naissance de l’expressionnisme abstrait, et est même considéré comme l’inventeur du dripping (une technique consistant à projeter de la peinture sur une toile). Il ne revient à Paris qu’en 1953. Primé lors de la Biennale de Venise l’année suivante, il se voit exclu du mouvement surréaliste par André Breton. Installé dans le Var, Ernst s’éteint en 1976.

Ses œuvres clés

Max Ernst, L’Éléphant de Célèbes
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Max Ernst, L’Éléphant de Célèbes, 1921

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Huile sur toile • 124,5 × 107,9 cm • Londres, Tate Modern • © Photo Derek Bayes / Bridgeman Images

L’Éléphant de Célèbes, 1921

Datant de l’époque dadaïste, cette toile s’inspire ouvertement de l’univers métaphysique de Giorgio de Chirico. Partant d’un silo à grains rudimentaire, Ernst l’a transformé en animal imaginaire, un éléphant pantagruélique et monstrueux. Il lui accole librement des images venues à son inconscient (un mannequin féminin, des poissons volants). Ces associations évoquent la technique du collage, chère aux dadaïstes.

Max Ernst, L’Europe après la pluie II
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Max Ernst, L’Europe après la pluie II, 1940–1942

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Huile sur toile • 148,2 × 54,9 cm • Hartford, Wardswoth Atheneum Museum of art • © Wardswoth Atheneum Museum of art

L’Europe après la pluie II, 1940–1942

Commencée dans la France occupée, cette œuvre est terminée par l’artiste aux États-Unis. Elle représente une Europe imaginaire dévastée par un cataclysme, à l’image de l’invasion nazie. Ernst donne à cette évocation du continent la forme d’un paysage minéral humide et spongieux, couvert de ruines, peuplé de petits personnages fantomatiques. De quoi sera fait l’avenir ? Comme à son habitude, l’artiste utilise des techniques mixtes, originales, jouant sur les textures et les couleurs.

Max Ernst, Capricorne
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Max Ernst, Capricorne, 1948–1964

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Bronze • 245 × 207 × 157 cm • Paris, musée national d’art moderne • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Capricorne, 1948–1964

Cette sculpture est la plus ambitieuse et la plus emblématique réalisée par Ernst. L’artiste s’y attèle alors qu’il vit en Arizona. Elle prend la forme d’un couple hybride, à l’aspect totémique, qui semble protéger la demeure de l’artiste et de Dorothea Tanning, sa dernière épouse. Le titre renvoie à l’astrologie, mais la raideur des personnages évoque plutôt l’art égyptien ou les figures traditionnelles de l’art indien.

Par • le 15 mars 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Surréalisme Max Ernst Dada

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