Le violon d’Ingres, 1924 de Man Ray dans l’exposition “Man Ray: When Objects Dream” au Metropolitan Museum of Art de New York, 8 septembre 2025
© Stephen Smith / Sipa USA / SIPA / © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2025
C’est un cadeau exceptionnel que vient de recevoir le Metropolitan Museum of Art de New York. 188 œuvres signées de 37 artistes majeurs des mouvements surréalistes et Dada – parmi lesquels Man Ray, Jean Arp, Marcel Duchamp, Max Ernst, Francis Picabia, Lee Miller, Edward Steichen et Kurt Schwitters – ont été données à l’établissement par l’homme d’affaires, milliardaire et collectionneur américain John Pritzker (né en 1953). De quoi enrichir considérablement les collections de cette institution qui figure parmi les plus grands et prestigieux musées au monde.
Baptisé « The Bluff Collection », ce précieux ensemble élaboré depuis le milieu des années 1990 rassemble des pièces et médiums très variés : collages, photographies, objets, œuvres sur papier, peintures, catalogues d’exposition rares, ainsi que plus de 100 publications dédiées aux mouvements Dada et surréaliste, formant ainsi une véritable encyclopédie complète sur le sujet.
« Cette collection permettra d’offrir un panorama plus complet de ces artistes passionnants, de ces énigmatiques pionniers du modernisme. »
Max Hollein
Parmi les œuvres qui le composent figurent des créations culte, tel Le Violon d’Ingres de Man Ray (1924), photographie emblématique du travail de Man Ray et du surréalisme, qui transforme avec poésie un dos de femme (le célèbre modèle Kiki de Montparnasse) en violon grâce à l’ajout, par le biais d’une surimpression en chambre noire, de deux ouïes d’instrument.
Noire et blanche, 1926, de Man Ray dans l’exposition « Man Ray: When Objects Dream » au Metropolitan Museum of Art de New York, 8 septembre 2025
© Stephen Smith / Sipa USA / SIPA / © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2025
La collection, centrée autour de la figure de Man Ray, comprend d’autres œuvres mythiques de ce dernier, dont Le Retour à la raison (1923), Noire et blanche (1926) et L’Homme (1918–1920). S’y trouvent également deux portfolios de Marcel Duchamp, un ensemble de photographies de la reporter et égérie du surréalisme Lee Miller, l’autoportrait-collage de Max Ernst intitulé Punching Ball ou l’immortalité de Buonarroti (1920), ou encore la peinture Le Rêve de Tobie (1917) de Giorgio de Chirico.
Cette « collection remarquable […] n’a vraiment pas d’équivalent », a déclaré le directeur du Met, Max Hollein. « Elle nous permettra d’offrir un panorama plus complet de ces artistes passionnants, de ces énigmatiques pionniers du modernisme dont les expérimentations audacieuses continuent de fasciner et d’inspirer […] Ce cadeau incroyable arrive à un moment clé, alors que nous sommes en train d’enrichir notre collection en prévision de l’ouverture prochaine de l’aile Tang, dédiée à l’art moderne et contemporain », a-t-il ajouté.
Sans titre (Larmes de verre), vers 1930–1933, de Man Ray, dans l’exposition « Man Ray: When Objects Dream » au Metropolitan Museum of Art de New York, 8 septembre 2025
© Stephen Smith / Sipa USA / SIPA / © Man Ray 2015 Trust / Adagp, Paris 2025
John Pritzker s’est dit « ravi de partager » cette collection, qui plus est à un « moment historique pour le Met ». Originaire de Chicago, ce passionné d’art est né au sein de la famille propriétaire des hôtels Hyatt, un empire qu’il a codirigé avant de lancer ses propres affaires, dont Ticketmaster, entreprise spécialisée dans la vente et la distribution de billets de spectacle. Classé avec son ex-femme Lisa Stone Pritzker parmi les 200 plus grands collectionneurs au monde par le média américain ARTnews, il siège en tant qu’administrateur au sein du comité exécutif du Met Museum. Philanthrope, il est également à la tête du John Pritzker Family Fund, qui investit pour la santé mentale, l’accès aux soins, la démocratie, la judéité et les arts.
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