Michel Lunardelli, Portrait de la peintre Vera Molnar dans son atelier à Paris, 2007
Photo © Michel Lunardelli / Bridgeman Images
À quatre semaines près, Vera Molnár (1924–2023) aurait vécu un siècle tout rond. Née en 1924 à Budapest, l’artiste française d’origine hongroise est décédée ce jeudi 7 décembre au matin, à la veille de ses 100 ans. Mais son grand âge n’avait d’égal que son extrême modernité : pionnière de l’art numérique et de l’art algorithmique, elle était l’une des premières artistes au monde à avoir fait de l’ordinateur son outil de prédilection !
Carrés, traits, points, cercles, labyrinthes brisés, effondrements de bâtonnets… ; telle une compositrice de musique électronique élaborant une partition, Vera Molnár utilisait méticuleusement la géométrie, les règles mathématiques et des programmes informatiques de son invention pour travailler sur la répétition et la rupture de motifs simples. Chez elle, un électron libre perturbe souvent la monotonie d’un alignement parfait.
Vera Molnár, 1 % de désordre bleu et rouge (A, B, C et D), 1974–1978
peinture sur papier, quadriptyque • 4 × 50 × 50 cm • © Galerie Oniris, Rennes / © ADAGP, Paris 2023
Ses œuvres se rapprochent tantôt des danses de formes colorées de Paul Klee et de l’abstraction géométrique de Piet Mondrian et Kasimir Malevitch, artistes qu’elle admirait, tantôt de l’art optique de son compatriote Victor Vasarely, ou encore du minimalisme, dont son grand ami François Morellet (avec qui elle cofonda, également en compagnie de son mari François Molnár, le Groupe de recherche d’art visuel, dit GRAV, en 1960) était un précurseur.
Cette infatigable touche-à-tout, qui a continué de créer jusqu’à son dernier souffle, pratiquait également le dessin, le collage, la peinture, la sculpture, la céramique, l’estampe et l’art de l’installation. Formée aux Beaux-Arts de Budapest, elle s’était installée à Paris en 1947, attirée par l’aura républicaine et artistique de la France. Juste avant sa mort, elle travaillait sur une importante exposition qui ouvrira au Centre Pompidou en février 2024. En attendant, son exposition « Cent (ou mille) façons de faire », présentée dans le nouvel espace de la galerie 8+4, est encore visible à Paris jusqu’au 20 janvier 2024.
Vera Molnar - Cent (Ou Mille) Façons De Faire
Du 14 octobre 2023 au 20 janvier 2024
Galerie 8 + 4
www.bernardchauveau.com
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