Série – Ces questions que vous vous posez sur l’art

Que sont précisément les « arts premiers » ?

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Publié le , mis à jour le
Le terme d’« arts premiers » est familier dans le paysage des musées et des expositions. Mais qu’entend-on vraiment par là ? Chaque jour, Beaux Arts répond à toutes les questions que vous vous posez sur l’art !
Vue des salles du musée national & Art Gallery, en Papouasie Nouvelle-Guinée
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Vue des salles du musée national & Art Gallery, en Papouasie Nouvelle-Guinée

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© Alamy & hemis / DOZIER Marc

L’expression est employée quand il s’agit d’aborder l’art non occidental. La palette des « arts premiers » est donc très large !

Sous cette bannière, on regroupe en effet les arts traditionnels du continent africain, ceux d’Océanie, et notamment l’art des Aborigènes, mais aussi les productions asiatiques, l’art inuit, amérindien, précolombien, soit toute la civilisation maya, olmèque, et bien d’autres encore…

Sortir d’une conception colonialiste

Les « arts premiers » sont nés sous la plume du collectionneur et marchand d’art Jacques Kerchache, acteur majeur de la création du musée du quai Branly à Paris, inauguré en 2006, cinq ans après sa mort. Pour cet amateur éclairé des cultures non occidentales, il s’agissait avec les « arts premiers » de rompre avec l’expression d’« art primitif  », laquelle a longtemps prévalu pour qualifier ces arts. Associé au colonialisme, le terme d’« art primitif » était connoté péjorativement.

Art nègre, art ethnographique, arts lointains…

Pablo Picasso dans son atelier au Bateau-Lavoir, 13 place Émile Goudeau à Montmartre
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Pablo Picasso dans son atelier au Bateau-Lavoir, 13 place Émile Goudeau à Montmartre, 1908

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Photographie • Photo Frank Gelett Burgess / © Bridgeman Images / PVDE

D’autres termes ont été utilisés dans le passé. Au début du XXe siècle, l’« art nègre » est communément employé pour parler de l’art africain, le même influençant grandement les artistes cubistes, à l’instar de Pablo Picasso, marqué par sa visite en 1907 au Trocadéro à Paris des salles « d’art ethnographique » – autre appellation également connue.

Plus flou, en 1920, le critique d’art Félix Fénéon opposa la formulation d’« arts lointains ». L’écrivain et ministre André Malraux, connaisseur de l’art khmer entre autres, préféra, lui, parler d’« arts primordiaux » pour souligner leur caractère enraciné.

Masque anthropomorphe awa (Mali)
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Masque anthropomorphe awa (Mali), XXe siècle

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Cette pièce a été collectée lors de l’une des diverses missions ethnographiques organisées par le ministère français des Colonies, dans les années 1930.

Bois, fibres végétales, pigments • 138 × 33 × 21,5 cm • Coll. musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris / © RMN-GP / Patrick Gries

Finalement dans les années 2000, la formule d’« arts premiers » s’impose, non sans discussions des spécialistes qui voient dans le mot de « premier » davantage l’art préhistorique que celui des « cultures du monde ». Une dernière acception sous laquelle le musée du quai Branly-Jacques Chirac s’est rangé !

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