Art contemporain

Qui est Gaëlle Choisne, lauréate du prix Marcel Duchamp 2024 ?

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Publié le , mis à jour le
Portrait de Gaëlle Choisne au centre Pompidou
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Portrait de Gaëlle Choisne au centre Pompidou, 2024

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Photo Hugues Lawson Body

Comme chaque année, la désignation du lauréat du prix Marcel Duchamp a ouvert ce lundi 14 septembre les festivités de la grande semaine de l’art parisienne. Parmi les quatre sélectionnés par l’ADIAF (Association pour la diffusion internationale de l’art français) – Noémie Goudal (née en 1984), Abdelkader Benchamma (né en 1975), le duo Angela Detanico et Rafael Lain (nés en 1973 et 1974) et Gaëlle Choisne (née en 1985) –, c’est cette dernière qui a été choisie par le jury de la 24e édition, et qui reçoit par la même occasion une récompense de 35 000 euros.

Celui-ci, composé de neuf personnalités dont le directeur du musée national d’Art moderne Xavier Rey, les collectionneurs Estelle Francès et Alain Servais, la directrice des musées de Dijon Frédérique Goerig-Hergott ou encore les artistes Thomas Hirschhorn et Otobong Nkanga, a salué une pratique « nourri[e] de traditions, de références et de techniques multiples, célébrant l’hybridation à la fois comme concept et comme forme ». Dont un échantillon est visible jusqu’au 6 janvier entre les murs du Centre Pompidou, qui expose les artistes nommés.

Une œuvre composite et annonciatrice d’une nouvelle ère

Née « d’une mère haïtienne et d’un père breton », vivant et travaillant à Paris, Gaëlle Choisne y présente donc une grande installation au sol – un paysage sur lequel il est possible de marcher –, accordée à différentes petites natures mortes en volume accrochées au mur et à une grande fresque. Une diversité de supports qui se concentre sur un art de l’installation friand d’agglomérats, d’associations d’images, de symboles et d’objets en tout genre, volontiers issus de la culture populaire.

Gaëlle Choisne, Ruche – Creole Garden in Normandie
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Gaëlle Choisne, Ruche – Creole Garden in Normandie, 2024

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Liège, plâtre, grillage à poule, projection sur céramique émaillée Film 16/9, numérique, couleur, son, 29 minutes Commande de la Biennale d’art 2024 de Toronto • Courtesy Gaëlle Choisne et Air de Paris, Romainville / © Adagp, Paris, 2024 / Photo Centre Pompidou, MNAM-CCI / Bertrand Prevot / Dist. GrandPalais Rmn presse

Au sol, l’Ère du Verseau veut annoncer « une nouvelle attitude des humains », explique l’artiste dans une vidéo du Centre Pompidou, avec « des astres qui bougent autour de la Terre, qui changent les vibrations, les fréquences ». Elle permet aussi d’imaginer des mœurs plus douces, solidaires. « [C’est] une manière un peu médiumnique d’annoncer cette nouvelle ère, cette nouvelle Terre, de manière aussi symbolique. » Sur le sol minéral de l’installation, l’artiste rassemble des souvenirs de paysages traversés, des chaînes brisées, des objets perdus… De cet assemblage émergent des « Ruches » en liège, sculptures sur lesquelles sont projetés différents films faisant le portrait de femmes « qui ont trouvé leur espace de résistance ».

Une expression aussi personnelle que collective

L’art de Gaëlle Choisne est puissamment ancré dans le réel, la mémoire et l’histoire, aussi bien que dans l’imaginaire.

Au mur, les petites natures mortes en volume convoquent un imaginaire multiple autour de la cigarette, objet glamour mais addictif, au marché mondial et dont l’histoire prend ses racines dans la colonisation. Enfin, la fresque, intitulée Safe Space for a passing history et composée de panneaux couverts d’images et d’objets, fait référence aux identités queer et à la liberté d’être « qui on veut être ».

Puissamment ancré dans le réel, la mémoire et l’histoire, aussi bien que dans l’imaginaire, l’art de Gaëlle Choisne apparaît intuitif, spontané, tout à la fois personnel et collectif. Très en phase avec les préoccupations actuelles, aussi, raison pour laquelle l’artiste était depuis longtemps annoncée favorite.

Déjà lauréate du prix AWARE et exposée de Sharjah à Montréal

Déjà exposée au musée d’Art moderne de Paris, à la Biennale de Lyon, au musée Fabre de Montpellier, à la Biennale de Sharjah, à Bétonsalon, à la Centrale Galerie Powerhouse de Montréal ou encore au MAC VAL de Vitry-sur-Seine, Gaëlle Choisne a été défendue par le curateur Thomas Conchou devant le jury du prix Marcel Duchamp. Directeur du centre d’art la Ferme du Buisson à Noisiel, l’homme l’avait déjà soutenue lors des délibérations pour le prix AWARE en 2021, et présenté son travail l’année suivante au MAC VAL, expliquant notamment : « L’artiste bâtit par déplacements et contamination une taxinomie perverse qui se joue de l’obsession occidentale pour l’archivage et la classification des choses. Cette ambition qui vient réclamer et prendre pour soi l’héritage des histoires coloniales, les effets du capitalisme sur le vivant mais aussi les folklores, l’exotisme mercantile, les survivances impérialistes et les productions industrielles en tout genre (biens culturels, commodités) dessine en négatif la question du corps comme espace de résistance et de soumission à ces phénomènes. »

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Prix Marcel Duchamp 2024

Du 2 octobre 2024 au 6 janvier 2025

www.centrepompidou.fr

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