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Les Olmèques, plus ancienne civilisation mésoaméricaine, ont les honneurs du musée du quai Branly. Tombé dans l’oubli jusqu’au XIXe siècle, ce peuple de la côte du Golfe du Mexique a profondément marqué les civilisations postérieures (Toltèques, Zapotèques, Aztèques…). En 1862, la découverte fortuite dans la forêt tropicale d’une tête colossale intrigue et interroge : une nouvelle culture vient d’être mise au jour, dont le nom vient du mot nahuatl Olmán, « pays du caoutchouc ». Elle reste cependant mystérieuse à bien des égards. S’il est admis aujourd’hui que ce groupe multiethnique s’est développé de 1600 avant notre ère à 400 ap. J.-C., des zones d’ombre subsistent : quelle était son organisation sociale ? Quelle était la religion dominante ? Malgré un corpus important d’objets découverts, où la figure humaine est omniprésente, ces questions peinent à trouver des réponses. Des avancées récentes ont prouvé que les Olmèques possédaient une forme d’écriture. Ces protoglyphes, retrouvés sur des stèles, semblent préfigurer l’écriture maya. Un pas de plus dans la compréhension de ce peuple, dont les spécialistes s’accordent à souligner l’importance dans l’établissement et la diffusion des canons sociaux, culturels et artistiques dans la région.
Par Pierre Morio
Sculpture féminine en grès de culture Huasteca découverte à Tamtoc, dans l’État de San Luis Potosí (Mexique), 150 ap. J.-C.
Coll. Musée national d’Anthropologie, Chapultepec / © INAH / Sergio Antonio Ortiz Suarez.
Les Olmèques et les cultures du golfe du Mexique
Du 9 octobre 2020 au 3 octobre 2021
Musée du quai Branly - Jacques Chirac • 37, quai Branly • 75007 Paris
www.quaibranly.fr
Au Japon, durant l’époque Tokugawa (1603–1868), cinq voies majeures desservaient la capitale Edo (actuel Tokyo), résidence du shogun. La route du Kisokaido partait de Kyoto, résidence de l’empereur, et passait par l’intérieur du pays, en suivant le fleuve Kiso. Moins célèbre que la route littorale, la route de Tokaido est néanmoins dépeinte, avec ses 69 étapes, par Utagawa Hiroshige et Keisai Eisen entre 1834 et 1842. Utagawa Kuniyoshi se pliera à l’exercice dix années plus tard, teintant ses compositions d’une pointe de folklore. Le musée Cernuschi profite d’un prêt de la collection Leskowicz, pour confronter les regards de Kuniyoshi, Hiroshige et autres maîtres de l’estampe sur un pays en pleine mutation.
Par Pierre Morio
Keisai Eisen, Les Relais de la route du Kisoji, 1835–1838
© Fundacja Jerzego Leskowicza
Voyage sur la route du Kisokaidō. De Hiroshige à Kuniyoshi
Du 16 octobre 2020 au 8 août 2021
Musée Cernuschi • 7 Avenue Velasquez • 75008 Paris
www.cernuschi.paris.fr
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Le musée Granet dévoile l’intégralité de sa collection d’art égyptien. Enrichis de prêts extérieurs et de dispositifs interactifs, ses trésors dressent un aperçu de la civilisation égyptienne antique. Une large place est évidemment faite aux rites funéraires, à travers des bas-reliefs, stèles et momies. Un varan du Nil embaumé a notamment fait l’objet d’une restauration minutieuse présentée dans un documentaire en 3D. L’écriture hiéroglyphique est aussi abordée, à travers des fac-similés de papyrus. Pour rendre la visite plus divertissante, la franchise de jeu vidéo Assassin’s Creed propose en fin de parcours sa plateforme d’apprentissage « Discovery Tour Assassin’s Creed », un musée virtuel (sans combat !) que les écoliers ont pu découvrir pendant le confinement.
Par Pierre Morio
Statuette d’Isis allaitant, XXVIe dynastie. VIIe-VIe siècle avant J.-C.
© Musée Granet, Aix-en-Provence / Hervé Lewandowski.
Pharaon, Osiris et la momie
Du 19 septembre 2020 au 26 septembre 2021
www.museegranet-aixenprovence.fr
Musée Granet • Place Saint-Jean de Malte • 13080 Aix-en-Provence
www.museegranet-aixenprovence.fr
Tout semble réuni dans cette œuvre monumentale, sculptée dans le bloc de marbre par le maître lui-même (l’un des rares artistes à pratiquer la taille directe) avec la terribilità qu’on lui connaît… Cet Esclave mourant de Michel-Ange exprime la quintessence de l’art de la sculpture au début du Cinquecento : réussir la synthèse entre expression des sentiments et des passions de l’âme, humanité de la figure et vigueur du modelé, idéal de beauté et recherche de la vérité de la nature, modernité et références à l’antique… S’il incarne la figure du génie universel de la Renaissance, Michel-Ange sculpteur doit aussi beaucoup à quelques précurseurs qui réveillèrent brusquement Florence au Quattrocento. Parmi eux, Donatello bien sûr, lui aussi pétri de culture classique, qui fut le premier à redonner ce souffle de vie à la sculpture, dans le bronze comme dans le marbre. Cette ambitieuse exposition du Louvre, montée en collaboration avec les musées du Castello Sforzesco de Milan, propose de dérouler le fil de cette histoire parfois occultée au profit de la seule peinture, tout en proposant de découvrir ou redécouvrir des talents venant de foyers autres que la Toscane.
Par Sophie Flouquet
Michel-Ange, Captif, dit l’Esclave mourant, 1513–1515
Coll. et © Musée du Louvre, dist. RMN Grand Palais / Raphaël Chipault
Le Corps et l'Âme. De Donatello à Michel-Ange. Sculptures italiennes de la Renaissance
Du 22 octobre 2020 au 21 juin 2021
Second volet de son histoire de la sculpture de la Renaissance, lancée en 2013 autour des débuts prometteurs du Quattrocento, le parcours du Louvre met en lumière l’art à son apogée avec des chefs-d’œuvre signés Donatello et Michel-Ange, notamment. Une démonstration tout en émotion, où il faut se précipiter d’autant plus que les expositions de sculptures se font trop rares.
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Qu’est-ce que le luxe ? Vaste question à laquelle répond avec brio le musée des arts décoratifs avec une foisonnante exposition, qui interroge cette notion plurielle d’un point de vue anthropologique et culturel. Du Trésor de Boscoreale aux robes de haute couture griffées Dior en passant par la précieuse joaillerie de René Lalique, cette épopée nous fait traverser les siècles et les civilisations et interroge notre rapport au luxe, trop souvent enfermé dans une vision consumériste et matérialiste.
Par Inès Boittiaux
Guo Pei, Magnificent Gold Collection « Samsara » Pékin, 2006
Courtesy of the Asian Civilisations Museum, Singapore. © Photograph by Russel Wong
Luxes
Du 15 octobre 2020 au 18 juillet 2021
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
Le très sage mais néanmoins voluptueux écrin du musée Cognacq-Jay propose une expérience toute subversive : explorer les méandres de l’amour au siècle des Lumières, âge d’or du libertinage, en dévoilant le meilleur de l’iconographie licencieuse de l’époque. Où sont convoquées des scènes sans équivoque (aux cuisses aussi charnues que légères) peintes par François Boucher, telle son audacieuse Leda et le Cygne, les messages plus suggestifs de Greuze ou les fêtes galantes et grivoises de Watteau. Bref, une histoire du désir rococo en une soixantaine d’œuvres. À en rougir de plaisir !
Par Sophie Flouquet
François Boucher, Étude de pied pour l’ « Odalisque blonde », vers 1746–1756
Coll. et © Musée Carnavalet / Roger-Viollet
L’Empire des sens, de Boucher à Greuze
Du 28 janvier 2021 au 18 juillet 2021
Musée Cognacq-Jay • 8, rue Elzevir • 75003 Paris
museecognacqjay.paris.fr
Cap sur la prude Angleterre victorienne où le jeune Aubrey Beardsley (1872– 1898), flamboyant dandy décadent, défraya la chronique avec ses illustrations sulfureuses pour les pièces de théâtre Lysistrata d’Aristophane et Salomé d’Oscar Wilde. Reconnaissable en un coup d’oeil, ses somptueuses planches en noir et blanc séduisent par leurs élégantes arabesques pourtant mises au service de scènes parfois grotesques, souvent sanglantes ou licencieuses. Tout un univers capiteux qui emprunte autant aux préraphaélites qu’à la peinture galante du XVIIIe siècle français ou aux céramiques antiques. Extraordinairement prolifique, Beardsley devint en moins de dix ans (il meurt à 25 ans de la tuberculose) un véritable phénomène à Londres, brillant par son style mordant et novateur qui a marqué durablement toute l’histoire de l’illustration.
Par Florelle Guillaume
Aubrey Beardsley, Illustrations pour « Salomé » d’Oscar Wilde, 1894
Gravure • ollection Stephen Calloway / Collection British Library • © Collection Stephen Calloway / © British Library Board. All Rights Reserved / Bridgeman Images
Aubrey Beardsley
Du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Il vous regarde de son œil pénétrant, serrant contre sa poitrine un bouquet de violettes qu’il tient de ses mains délicates. Mais il est un macaque, non un beau jeune homme. Dû au pinceau de Gabriel von Max, ce magnifique tableau témoigne de toute l’ambiguïté qui s’installe au cours du XIXe siècle dans notre rapport à notre cousin simiesque. Le peintre autrichien, professeur à l’académie de Munich et fervent darwiniste, élevait des singes qui lui servaient souvent de modèles. Alors que les sciences de la vie font leur révolution, notamment par le biais des recherches de Charles Darwin sur l’origine des espèces, publiées en 1859, ou de celles du zoologiste allemand Ernst Haeckel, les artistes voient le monde décrocher subitement de la toute-puissance divine, créatrice de l’univers, pour basculer vers une connaissance inépuisable des généalogies du vivant. De manière parfois littérale, purement décorative et narrative, ou encore philosophique voire mystique, cette question bouscule les genres et les pratiques artistiques. Le musée d’Orsay, en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle, propose de confronter pour la première fois ces deux visions du monde, dans une passionnante exposition à la croisée des arts et des sciences qui ne manquera pas d’interroger les spectateurs à l’heure de la grande vulnérabilité de la diversité des espèces.
Par Sophie Flouquet
Gabriel von Max, Gruss, 1901–1915
© The Jack Daulton Collection
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Les Origines du monde - L’invention de la nature au XIXe siècle
Du 15 décembre 2020 au 18 juillet 2021
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Le visage creusé par les ombres, le regard halluciné, la chevelure spectrale… Impossible d’oublier son visage. Solitaire, maladif et insomniaque, le Belge Léon Spilliaert décline inlassablement à l’encre noire et au crayon, avec de rares touches de couleur, ses thèmes obsessionnels : architectures vertigineuses, objets fantomatiques, intérieurs désertés, mers infinies… et bien sûr lui-même, scruté sous tous les angles, au chevalet ou cerné de masques, comme pour explorer ses angoisses les plus enfouies. Ce pan le plus fascinant de son travail, dominé par l’Autoportrait au miroir de 1908 (cousin nocturne du Cri d’Edvard Munch), avait déjà eu la faveur d’une exposition en 2007 à Orsay. Le musée va plus loin en explorant la diversité de cette œuvre à son apogée, soit entre 1900 et 1919, et en insistant sur ses liens avec la littérature. Un univers saturé d’« inquiétante étrangeté » qui nous hantent longtemps.
Par Florelle Guillaume
Léon Spilliaert, Autoportrait, 1907
RMN-GP / image of the MMA.
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Léon Spilliaert (1881-1946) - Lumière et solitude
Du 13 octobre 2020 au 10 janvier 2021
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Matisse et le Centre Pompidou, c’est une sacrée histoire d’amour : le musée national d’Art moderne possède une centaine de toiles de celui qui voulait trouver, selon son exégète Louis Aragon, « une écriture pour chaque objet ». Autour du fameux Henri Matisse, roman., écrit par son ami poète en 1971, les mots des écrivains et critiques servent de fil conducteur à cette vaste exposition, riche de 230 œuvres et 70 documents prêtés notamment par les musées de Cateau-Cambrésis et de Nice qui célèbrent sa mémoire. Faisant souffler un vent de liberté sur son siècle, Matisse est passé de révolution en révolution, sans jamais renoncer à sa radicale simplicité. Rares sont les artistes dont aucune période ne déçoit : c’est le cas de Matisse, perpétuel ravissement. Accompagné par les voix de Georges Duthuit, Clement Greenberg, Pierre Schneider ou Henri Matisse, le visiteur va de Tapis rouges en Marguerite au chat noir, de Nymphe en Jérusalem céleste. Et dans chaque salle frémit ce « sentiment de la surface » que le peintre cherchait à partager, des danses fauves des débuts aux lumières de Nice, des illustrations des poèmes de Mallarmé au feu d’artifice de Jazz, des derniers papiers découpés à la chapelle de Vence, cet « orchestre de couleurs » qu’il composa en païen.
Par Emmanuelle Lequeux
Henri Matisse, La Tristesse du roi, 1952
Coll. et © Centre Pompidou, MNAM – CCI, dist. RMN-GP / Philippe Migeat
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Matisse, comme un roman
Du 21 octobre 2020 au 22 février 2021
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Soigner, psychanalyser, détendre, désintoxiquer du tabac… On sait que l’hypnose a toutes sortes d’usages. Mais quel est son rôle dans la création ? Dès son invention par le médecin Franz-Anton Mesmer, le « somnambulisme artificiel » fascine écrivains, peintres et musiciens. Le musée d’Arts de Nantes retisse ces liens, du XVIIIe siècle à nos jours. Autour d’une vaste installation multimédia de Tony Oursler, présentée dans la chapelle de l’Oratoire, se déploie un parcours historique où se croisent Courbet et Charcot, Rodin et Freud. Une belle place est faite, bien sûr, aux extases surréalistes et à ce grand dormeur qu’était Desnos, mais aussi au cinéma des années 1920 autour du Docteur Mabuse, le démoniaque magnétiseur qui préfigura les manipulations des régimes totalitaires.
Par Emmanuelle Lequeux
William Wegman, Hypno, 1988
Coll. William Wegman, New York / Courtesy galerie Florence Loewy, Paris
Hypnose
Du 19 mai 2021 au 12 septembre 2021
museedartsdenantes.nantesmetropole.fr
Musée d'Arts de Nantes • 10 Rue Georges Clemenceau • 44000 Nantes
museedartsdenantes.nantesmetropole.fr
Un artiste aussi fascinant que controversé, présenté en une cinquantaine de peintures de sa période métaphysique (1906–1908), dont quelques chefs-d’œuvre, tel le Rêve de Tobie, qui a appartenu à Paul Éluard. Le musée de l’Orangerie rouvre le dossier Chirico : Italien né en Grèce et formé à Munich, ce grand lecteur de Nietzsche, révélé par Guillaume Apollinaire en 1913 et représenté par le marchand Paul Guillaume, aimanta André Breton et les surréalistes – qui le répudieront dans les années 1920, avant même son « retour à l’ordre » viscéralement classique.
Par Sophie Flouquet
Giorgio de Chirico, L’Incertitude du poète, 1913
© Marc Chagall / ADAGP Paris 2020
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Giorgio de Chirico – La peinture métaphysique
Du 16 septembre 2020 au 14 décembre 2020
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
Être à la marge de la société, se mettre à la marge du savoir… C’est parfois « dans la nuit de l’occulte » que les corps exclus trouvent leur place. « Genrés, racisés, politisés », ils trouvent dans l’ésotérisme une forme de résistance aux vents dominants, aux connaissances soi-disant établies. Tel est le postulat de cette exposition passionnante. Elle mêle de jeunes artistes de la scène de Montpellier à des figures internationales, comme Nils Alix-Tabeling, Lewis Hammond ou Paul Maheke. Sortilège, astrologie, transe, cartomancie, chiromancie… Un grand sabbat, enrichi de nombreuses performances.
Par Emmanuelle Lequeux
Myriam Mihindou, Rhizome, 2000
Courtesy et © Myriam Mihindou et galerie Maïa Muller
Possedé-e-s – Déviance, performance, résistance
Du 26 septembre 2020 au 14 février 2021
La Panacée - MOCO • 4, rue de l'École de Pharmacie • 34000 Montpellier
www.lapanacee.org
Voilà l’un de ces savoureux mariages de la carpe et du lapin dont la fondation Cartier a le secret, et qui font le piment de ses propositions. D’un côté, Sarah Sze, artiste américaine réputée pour ses précieuses installations d’objets du quotidien, qu’elle détourne de la voie du banal pour en faire des féeries en suspens. De l’autre, Artavazd Pelechian, cinéaste arménien à la filmographie aussi époustouflante que ténue. Alors que l’exposition des nouvelles toiles de Damien Hirst a dû être reportée, ce dialogue étrange ne cherche pas d’artificiels thèmes de conversation. Lancée récemment dans la peinture, Sarah Sze revient ici à ses premières amours, en créant spécifiquement pour les salles vitrées de la fondation une série d’installations délicates qui, promet-elle, transformeront l’espace en lanterne magique. Quant à Artavazd Pelechian, à qui l’institution a été des plus fidèles, il les remercie de cette amitié en leur confiant, en première mondiale, le soin de projeter son dernier opus : la Nature. Fruit d’une commande passée en 2005 par la fondation Cartier et le ZKM Filminstitut, c’est son premier film depuis vingt-sept ans, où il évoque, comme toujours, cette conversation fragile de l’homme avec son environnement.
Par Emmanuelle Lequeux
Sarah Sze, Crescent (Timekeeper), 2019
Photo Genevieve Hanson / © Sarah Sze
Sarah Sze – Night into Day
Du 15 décembre 2020 au 30 mai 2021
Sarah Sze a développé avec l’agence digitale française Cher Ami une expérience en réalité augmentée, qui permet au visiteur de se déplacer n’importe où pour découvrir les extraits vidéo utilisés dans l’exposition et même d’y intégrer son visage ! L’application Night Vision 20/20 est disponible sur IOS et Android.
Fondation Cartier pour l'art contemporain • 2 Place du Palais Royal • 75001 Paris
www.fondationcartier.com
Qui est-elle donc, cette Cindy Sherman en perpétuelle métamorphose ? Rombière de Vegas ou canaille de Caravage, vertigineuse héroïne de Hitchcock ou dandy asexué ? On l’a vue grandir, vieillir, avec toujours cette moue boudeuse, au gré de ses mille avatars photographiques. Mais que livre-t-elle de sa réalité, et plus encore de la nôtre, à travers ces faux autoportraits ? En un labyrinthique palais des glaces, digne de la Dame de Shanghai, la fondation Louis Vuitton dévoile enfin sa rétrospective. De l’argentique à Instagram, d’Hollywood à la haute couture, on y suit toutes les aventures de cet anti-Narcisse, qui avoue sans ambages : « Je ne crois pas être entièrement moi-même, excepté quand je suis seule. » Accompagnée de son armée de doubles et d’un sacré sens de l’autodérision.
Par Emmanuelle Lequeux
Cindy Sherman, Untitled #582, 2016
Courtesy Cindy Sherman et Metro Pictures, New York / © Cindy Sherman 2020
Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton
Du 23 septembre 2020 au 31 janvier 2021
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
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La Bibliothèque nationale de France abrite dans son département des Estampes et de la photographie la plus grande collection d’images au monde. De ces millions de documents iconographiques elle a extrait 200 chefs-d’œuvre représentatifs d’une aventure suprême : la photographie noir et blanc. Longtemps synonyme de noblesse (au contraire de la couleur, censément tapageuse et commerciale), le noir et blanc est aujourd’hui revendiqué par des photographes aussi convaincants qu’Anders Petersen et Michael Ackerman. Le Grand Palais les expose aux côtés de leurs illustres aînés (Ansel Adams, Mario Giacomelli, Ray Metzker… la liste est longue), comme autant de variations autour d’une palette réduite mais aux possibilités infinies. Des contrastes les plus violents aux solarisations les plus caressantes, ne manquez pas ce grand bain argentique qui, promis, vous rafraîchira autant l’œil que l’esprit.
Par Natacha Nataf
Paul Strand, Jug and Fruit, 1915
© BnF – Département des Estampes et de la photographie / © Aperture Foundation, Inc, Paul Strand Archive
Noir et blanc – Une esthétique de la photographie
Du 12 novembre 2020 au 1 février 2021
Pendant la période de couvre-feu, le musée fermera tous les jours à 20h.
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
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Sont-elles échappées d’un conte d’Orient ou d’un film expressionniste allemand ? L’aurore de la photographie ou son expression la plus sophistiquée ? Même les modèles de ses images semblent hésiter à s’incarner. Chair, bois ou pierre ? Ex-mannequin devenu photographe de mode en 1970, Sarah Moon a fait de chacune de ses visions « une fiction d’une seconde ». Mais la mort de son assistant Mike Yavel, en 1985, la mènera à développer une pratique personnelle libérée des contraintes du studio. Enfin consacrée par une rétrospective majeure, elle déploie à Paris cinq décennies d’une œuvre magnétique et toujours nimbée de mystère, sans hiérarchie entre le reflex, le Polaroid et la caméra, le noir et blanc ou la couleur. Hommage est également rendu à l’éditeur mythique Robert Delpire, qui partagea sa vie pendant près d’un demi-siècle.
Par Natacha Nataf
Sarah Moon, Anatomie, 1997
© Sarah Moon
Sarah Moon – PasséPrésent
Du 18 septembre 2020 au 2 mai 2021
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Qu’on l’aime ou la déteste, la volcanique Gabrielle Chanel (1883–1971) fut bel et bien la créatrice d’un style unique, qui libéra les femmes des carcans d’une mode corsetée. Elle en renouvela totalement les codes et les lignes, en puisant dans le vestiaire masculin, pratiquant la coupe au cordeau, inventant tout autant la petite robe noire que le tailleur en tweed gansé, mais aussi la marinière en jersey ou l’escarpin bicolore et, bien sûr, le sac matelassé. En quelques années, l’ancienne couturière de Moulins-sur-Allier a bâti à force de témérité et de travail un empire et fut la première à élargir sa maison aux parfums et à la joaillerie. Chronologique mais avant tout centrée sur la création de « Coco » Chanel (davantage que sur sa vie, sujette à controverses), cette rétrospective illustre en 350 pièces l’évolution d’un style légendaire, résolument intemporel. Elle marque également la réouverture du Palais Galliera agrandi, qui devient ainsi le nouveau temple parisien de la mode grâce au soutien de la maison Chanel.
Par Sophie Flouquet
William Klein, Dorothy et Little Bara habillé en prêtre, octobre 1960
Publié dans Vogue • © William Klein
Gabrielle Chanel – Manifeste de mode
Du 1 octobre 2020 au 18 juillet 2021
Palais Galliera - Musée de la Mode de la Ville de Paris • 10, Avenue Pierre 1er de Serbie • 75016 Paris
palaisgalliera.paris.fr
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Leur nom est Barbarella, Jodelle ou Pravda la Surviveuse. Héroïnes d’un monde qui se rêve nouveau, ces amazones des sixties ont coexisté avec d’autres créatures tout aussi battantes, mais oubliées : pour les 30 ans du Mamac, les femmes du pop art font enfin péter les bulles avec ce « She-Bam Pow POP Wizz ! » qui consacre le talent d’Evelyne Axell, Lourdes Castro, Judy Chicago, Dorothy Iannone ou encore Carolee Schneemann. Girl power goes pop !
Par Emmanuelle Lequeux
Evelyne Axell, Ice Cream 1, 1964
© Evelyne Axell
She Bam Pow Pop Wizz ! Les Amazones du Pop
Du 3 octobre 2020 au 29 août 2021
MAMAC - Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice • Place Yves Klein • 06000 Nice
www.mamac-nice.org
Des bords de Seine à la butte Montmartre en passant par les cours d’immeubles les plus exiguës et reculées, Eugène Atget (1857–1927) n’a eu de cesse d’arpenter les rues de la capitale, qu’il a photographiées de façon quasi obsessionnelle. En résulte une production prolifique d’images témoignant d’un Paris à la fois pittoresque et en pleine mutation. Le regard d’Atget s’attarde sur des scènes de rues, des détails : il fait l’inventaire des « petits métiers » ou encore des devantures de commerces. Sa pratique photographique documentaire laisse peu à peu place à une plus grande subjectivité, variant les effets de lumière et les atmosphères. L’exposition « Eugène Atget. Voir Paris », présentée à la fondation Henri Cartier-Bresson, rassemble 150 tirages de ce pionnier, tous issus des collections du musée Carnavalet, qui possède la plus vaste collection de cet infatigable photographe.
Par Inès Boittiaux
Eugène Atget, Coin de la place Saint-André-des-Arts et de la rue Hautefeuille, VIe, 1912
© Paris Musées / musée Carnavalet – Histoire de Paris
Eugène Atget. Voir Paris
Du 3 juin 2021 au 19 septembre 2021
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
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