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Survivant de la Shoah, l’artiste Shelomo Selinger à l’UNESCO

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Shelomo Selinger, Shoah
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Shelomo Selinger, Shoah, 1975

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Dessin à l’encre de Chine • 150 x 270 cm • © UNESCO

« La nature m’a donné l’oubli pour me reconstruire. L’art a fait le reste. » La voix de Shelomo Selinger est faible mais la portée de ses mots est forte : né en 1928, dans la petite ville de Szczakowa, en Pologne, au sein d’une famille juive, le sculpteur et dessinateur est l’un des derniers rescapés de la Shoah.

Ce 23 janvier, Shelomo Selinger a fait don de deux dessins à la collection de l’UNESCO, à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire de la libération du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau.

Découvert parmi une pile de cadavres

Déporté à 13 ans avec son père en 1942, Shelomo Selinger a survécu à neuf camps de concentration et à deux marches de la mort. Sa mère et l’une de ses sœurs, envoyées à Auschwitz en 1943, ne sont jamais revenues. Lui a été sauvé de justesse par un médecin qui l’avait découvert parmi une pile de cadavres.

Inauguration des œuvres de Shelomo Selinger offertes par l’artiste à l’UNESCO
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Inauguration des œuvres de Shelomo Selinger offertes par l’artiste à l’UNESCO, 23 janvier 2025

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© UNESCO / Marie Etchegoyen

C’est l’art qui a permis à Selinger, resté longtemps amnésique, de surmonter ses traumatismes au travers d’une œuvre qui, depuis le début des années 1960, célèbre la vie, la mémoire et l’amour. D’abord autodidacte, Shelomo Selinger a fait les Beaux-Arts de Paris et fréquenté les ateliers des sculpteurs Constantin Brancusi, Alberto Giacometti, Jean Arp. Ses œuvres sont présentées dans des espaces publics, notamment au mémorial des Déportés de France à Drancy, d’où les Juifs français furent déportés vers la mort.

Un don de deux dessins pour se souvenir

En mémoire des victimes de l’Holocauste, dans le cadre du 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, l’artiste de 96 ans a fait don il y a quelques jours de deux dessins à l’UNESCO. Désir de liberté, dessin au charbon de bois réalisé en 1995, et Shoah (Holocauste), œuvre à l’encre indienne de 1975, rejoignent le fonds culturel de l’organisme des Nations unies composé de 2 200 œuvres provenant de 150 pays du monde, d’Alexander Calder à Pablo Picasso, en passant par Roberto Matta… Un don pour la mémoire et l’espoir.

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Unesco

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