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Tarsila do Amaral en 2 minutes

Tarsila do Amaral (1886–1973) en bref

La peintre Tarsila do Amaral (dite aussi Tarsila) est considérée comme une figure de proue du modernisme brésilien. Entre Paris et São Paulo, elle a su conjuguer les acquis de la peinture moderne (fauvisme, cubisme, surréalisme) à un retour à la culture folklorique et populaire brésilienne. L’œuvre de cette artiste, membre du Groupe des cinq, témoigne de l’émergence d’une nouvelle identité brésilienne – un Brésil novateur – en prise avec ses racines locales et multiculturelles (amérindiennes, africaines). Communiste dans les années 1930, Tarsila do Amaral s’est intéressée à des thèmes sociaux mais aussi à la création d’un paysage fantastique, nourri par des récits autochtones.

Tarsila do Amaral à la galerie Percier lors de sa première exposition individuelle à Paris
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Tarsila do Amaral à la galerie Percier lors de sa première exposition individuelle à Paris, juin 1926

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© Tempo Composto

Elle a dit

« J’invente tout dans ma peinture. Et je stylise tout ce que j’ai vu ou ressenti »

La vie de Tarsila do Amaral en quelques dates

Une enfance dans un milieu bourgeois

Tarsila do Amaral naît en 1886 dans une famille de grands propriétaires terriens, près de Sāo Paulo. Son enfance se déroule dans les fermes locales, au contact de la nature et des animaux. Dans ce milieu aisé et traditionaliste, elle développe très jeune un intérêt pour les arts et la littérature tout en apprenant le français. Mariée à l’âge de 20 ans à l’un de ses riches cousins, elle renonce assez vite à une vie de famille tranquille pour devenir peintre. Dans ce but, elle divorce et part en Europe.

Initiation artistique à Paris

En 1920, Tarsila do Amaral arrive à Paris. Elle s’inscrit à l’Académie Julian, fréquentée par d’autres Brésiliens venus apprendre la peinture moderne dans la capitale européenne des arts. En 1922, Tarsila do Amaral revient au Brésil et intègre le Grupo dos cinco (« le Groupe des cinq »), pilier du futur mouvement moderniste. L’année suivante, elle retourne à Paris et devient l’élève de trois grands peintres marqués par le cubisme : Albert Gleizes, André Lhote et Fernand Léger. Tarsila do Amaral se nourrit de ses rencontres avec les artistes de l’avant-garde, fréquente les soirées parisiennes, où elle est remarquée pour sa grande beauté mais aussi son excentricité. Amie de Blaise Cendrars, elle assiste à des réunions du groupe surréaliste et vit à cette époque à Montmartre. En 1926, une exposition personnelle lui est consacrée à Paris, par la galerie Percier.

Retour au Brésil et à la culture populaire

En 1924, Tarsila do Amaral revient dans son pays et accompagne Blaise Cendrars dans un périple allant de Rio à la région minière de Minas Gerais. À l’issue de ce voyage, Tarsila do Amaral illustre de ses dessins les Feuilles de route de l’auteur et poète. À cette époque, l’artiste approfondit sa connaissance de la culture brésilienne folklorique et populaire, marquée par le métissage. Elle participe au mouvement Pau-Brasil, porté par son compagnon Oswald de Andrade, qui revendique l’expression d’un art et d’une littérature véritablement brésilienne. Son style met à profit les leçons apprises aux côtés de Fernand Léger. Elle s’intéresse au développement industriel des villes mais aussi aux traditions rurales. Les formes sont réduites à l’essentiel, et sa palette est dominée par le rose et le bleu. Tarsila do Amaral se consacre aussi à des thèmes anthropophages traités de manière surréalisante.

L’engagement dans des thématiques sociales

La crise de 1929 marque un coup dur pour sa famille, qui gère de vastes plantations de café. Dès lors, Tarsila do Amaral doit travailler pour gagner sa vie et écrit pour des journaux. Touchée par la crise économique, la peintre développe une veine plus réaliste et sociale. Elle se rend d’ailleurs en URSS en 1931 et adopte une idéologie marxiste, alors que son propre pays sombre dans le régime dictatorial nationaliste de Getúlio Vargas. Sa palette prend une tonalité sombre et ses œuvres mettent l’accent sur la condition des ouvriers, des femmes et des minorités raciales.

Une grande rétrospective à São Paulo avant sa mort

Dans les années 1950, Tarsila do Amaral revient à ses premiers amours, une esthétique picturale en prise avec le cubisme. L’artiste quitte la veine socialiste pour renouer avec des compositions dans lesquelles priment l’imaginaire et la fantaisie. Elle participe à deux reprises à la Biennale de São Paulo, en 1951 et 1963, et à celle de Venise en 1964. Son œuvre fait l’objet d’une rétrospective au Museu de Arte Moderna de São Paulo en 1969. Elle décède en 1973 à São Paulo.

Ses œuvres clés

A Negra, 1923

Tarsila do Amaral, A Negra
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Tarsila do Amaral, A Negra, 1923

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Huile sur toile • 100 × 80 cm • Coll. Museum de Arte Contemporânea da Universidade, São Paulo • © Tarsila Do Amaral Licenciamento E Empreendimentos S.A / © Photo Romulo Fialdini

Mettant en scène une femme afro-brésilienne, figure rarement représentée à l’époque, ce portrait accuse une présence imposante. Le corps et le visage sont traités de manière géométrique, dans l’héritage cubiste. Si l’artiste n’aborde pas frontalement la question de l’esclavage, elle est peut-être sous-entendue ici, au sein d’une société brésilienne post-abolitionniste. Tarsila do Amaral s’engage à cette époque dans une réflexion sur la définition du modernisme brésilien, à la fois nourrie de la modernité européenne et de thèmes endémiques propres à l’histoire et la culture brésiliennes.

A Cuca, 1924

Tarsila do Amaral, A Cuca
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Tarsila do Amaral, A Cuca, 1924

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Huile sur toile • 73 × 100 cm • Coll. musée de Grenoble • © Tarsila Do Amaral Licenciamento E Empreendimentos S.A / © Musée de Grenoble / Photo J.L. Lacroix

Toile étrange et naïve, cette œuvre appartient à la période du mouvement Pau-Brasil, en référence au bois rouge brésilien. Le Cuca, terme qui caractérise en langue portugaise un croquemitaine ou un spectre, serait cette curieuse créature. Elle se présente dans une forêt tropicale et d’allure primitive, aux côtés d’animaux. D’esprit surréaliste, cette œuvre se démarque par ses couleurs vives, en aplats, un refus affiché de la perspective classique et un rattachement à la culture populaire brésilienne.

Abaporu, 1928

Tarsila do Amaral, Abaporu
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Tarsila do Amaral, Abaporu, 1928

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Huile sur toile • 85 × 73 cm • Coll. Malba, Buenos Aires • © Tarsila Do Amaral Licenciamento E Empreendimentos S.A

Signifiant « l’homme qui mange de la chair humaine » en langue tupi-guarani, cette œuvre met en scène une figure ambiguë et disproportionnée, assise près d’un cactus en fleurs, sous un soleil brûlant. Elle appartient à la série sur le thème de l’anthropophagie, qui inspire au compagnon de Tarsila do Amaral, Oswald de Andrade, le Manifeste anthropophage, décrivant la perte de la culture brésilienne sous l’action cannibale de l’Europe, à l’origine d’un renouveau de l’art brésilien, à la fois moderne et en prise avec ses racines vernaculaires.

Par • le 14 juillet 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Tarsila do Amaral

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