Statue de l’avocate et militante féministe Gisele Halimi rue de la Chapelle à Paris
© Stephane de Sakutin / AFP
L’annonce faite en septembre dernier se concrétise. Un an après les Jeux olympiques de Paris 2024, les dix statues dorées de femmes illustres, surnommées les « femmes en or », qui avaient constitué l’un des temps forts de la cérémonie d’ouverture de cet événement sportif international, s’installent de façon pérenne rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, à deux pas de la sortie de métro « Porte de la Chapelle ». Vendredi 18 juillet, la sculpture représentant l’avocate et militante pour les droits des femmes Gisèle Halimi (1927–2020), ancienne députée de l’Assemblée nationale, y a en effet pris place, en attendant d’être rejointe par ses consœurs.
Hautes de quatre mètres, ces statues en résine polymère durcie avec de la fibre de verre, conçues par Paname 2024 et imprimées en 3D par CMDS Factory, dans le Pas-de-Calais, en collaboration avec l’entreprise Marie 3D à Sartrouville, seront inaugurées officiellement ce samedi 26 juillet, un an jour pour jour après la cérémonie d’ouverture des JO 2024. Lors de cette dernière, le long de la Seine, près du pont Alexandre-III, les dix statues avaient émergé une à une de leur socle au son de la Marseillaise. Chacune représente une femme ayant marqué l’histoire de France dans les domaines des sciences, des arts, des lettres, de la politique ou du sport, assortie d’attributs (robe d’avocate, livre, micro…) renvoyant à ses accomplissements.
Statues de Alice Guy et Simone de Beauvoir créées pour la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024
© Philippe Blanchot / Hemis
Certaines de ces figures de l’émancipation féminine étaient déjà célèbres, comme Gisèle Halimi, mais aussi la philosophe, écrivaine et militante féministe Simone de Beauvoir (1908–1986) ; la magistrate et femme politique française Simone Veil (1927–2017), qui obtint la légalisation de l’avortement en France en 1975 ; l’écrivaine et militante anarchiste Louise Michel (1830–1905), figure majeure de la Commune de Paris ; ou encore la dramaturge et activiste Olympe de Gouges (1748–1793), qui plaida en faveur du droit des femmes et des esclaves durant la Révolution française.
D’autres étaient moins connues du grand public : la philosophe et poétesse Christine de Pizan (1364–1430), l’une des premières femmes de lettres en Europe ; l’exploratrice et botaniste Jeanne Barret (1740–1807), première femme à avoir fait le tour du monde ; la sportive Alice Milliat (1884–1957), qui organisa les premiers Jeux mondiaux féminins en 1922 ; la journaliste et écrivaine Paulette Nardal (1896–1985), figure du mouvement de la négritude et l’une des premières femmes noires à avoir étudié à la Sorbonne ; et enfin la réalisatrice, scénariste et productrice Alice Guy (1873–1968), pionnière du cinéma narratif.
Dès la fin des Jeux, de nombreuses voix s’étaient élevées en faveur de la pérennisation de ces « femmes en or » dans l’espace public parisien, où 86 % des statues (260 sur 300) représentent des figures masculines. Lors de leur exposition temporaire à l’Assemblée nationale en septembre dernier, la Ville de Paris avait finalement annoncé leur future implantation porte de la Chapelle.
L’installation des statues constitue une nouvelle preuve de la transformation du quartier entraînée par les JO. En raison de sa proximité avec l’Adidas Arena, salle d’événements sportifs et de spectacles inaugurée dans le quartier pour les Jeux, la rue de la Chapelle avait en effet été rénovée pour l’occasion, avec végétalisation et aménagement d’espaces de promenade et de pistes cyclables. « On cherchait le lien entre un quartier très positivement impacté par l’accueil des Jeux à Paris et aussi un message de féminisation de l’espace public », a expliqué à l’AFP Pierre Rabadan, adjoint aux sports à la maire de Paris.
Si la qualité artistique des sculptures et le choix du lieu (l’un des quartiers les plus défavorisés de la capitale, situé en périphérie de la ville) sont critiqués par certains comme peu valorisants, l’événement est d’une manière générale accueilli de façon positive par les habitants du quartier et plusieurs personnalités féministes, qui se réjouissent de cette mise en lumière de femmes encore trop peu célébrées et représentées dans l’espace public.
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