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Un chef-d’œuvre perdu de Raphaël acheté sans le savoir sur internet

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Raphaël, Portrait de Marie Madeleine
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Raphaël, Portrait de Marie Madeleine, vers 1505

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© Geoffroy van der Hasselt / AFP

Qui d’autre aurait pu peindre ce visage en clair-obscur avec autant de grâce ? Achetée seulement 34 000 euros sur internet par des collectionneurs français à une galerie londonienne, cette belle Marie Madeleine, dont les traits doux et énigmatiques émergent d’un fond noir, vient d’être authentifiée comme un chef-d’œuvre de Raphaël (1483–1520) peint vers 1505, date de la rencontre du fameux maître italien de la Renaissance avec son homologue Léonard de Vinci (1452–1519) !

Tout de suite interpellés par ce petit panneau de peuplier (46 × 33 cm), et encore plus émus lors de sa livraison chez eux, les heureux acheteurs pensent avoir mis la main sur un trésor sous-estimé : une œuvre de l’école de Léonard. Pour en avoir le cœur net, ils consultent l’expert Annalisa Di Maria, membre exécutif pour le Club de l’UNESCO de Florence. Le 4 octobre, au terme de nombreuses analyses, notamment par spectrométrie de fluorescence des rayons X et par réflectographie infrarouge, elle et trois autres spécialistes italiens et français publient leurs conclusions (disponibles en intégralité ici) dans la revue spécialisée ISTE OpenScience.

Raphaël, Portrait de Marie-Madeleine (détails)
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Raphaël, Portrait de Marie-Madeleine (détails), vers 1505

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© Geoffroy van der Hasselt / AFP

« D’une incroyable beauté », « d’une grâce et d’une harmonie sans pareilles », ce portrait « se rapproche dans sa technicité et dans sa splendeur des œuvres et de l’esprit de Léonard de Vinci », écrivent-ils. Outre de nombreux repentirs, indices d’une création originale et non d’une copie, il y identifient en effet des procédés utilisés par Léonard dans la Joconde, comme le sfumato et le spolvero (transfert du dessin par des lignes de points au noir de fumée). Or Raphaël, rappellent-ils, avait vu la Joconde et la Léda dans l’atelier du génie à Florence, et en était sorti émerveillé, au point de copier fiévreusement ses dessins !

Pour eux, aucun doute : ce tableau n’est autre que « la version originale par Raphaël », influencé par Léonard, de la célèbre Marie Madeleine du Pérugin (1500) — qu’ils qualifient de plus rigide et moins harmonieuse —, conservée au palais Pitti de Florence, et dont il existe une copie située à la villa Borghèse. Si aucune estimation n’a été rendue publique, la nouvelle valeur de l’œuvre promet d’être stratosphérique…

Retrouvez dans l’Encyclo : Renaissance italienne Raphaël

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