Laurence Jenkell, Sculpture de bonbon géant avec le drapeau “Union Jack” à Port Grimaud, 2016
© Gary E Perkin / Alamy / Hemis / © Adagp, Paris, 2024
Les voleurs ont été trop gourmands. Ce lundi 14 octobre, Le Figaro a révélé l’arrestation par la police d’Antibes, entre le 8 et le 10 octobre, de quatre personnes pour vols répétés et trafic de bonbons géants d’une valeur totale d’1,3 million d’euros.
L’enquête porte en effet sur plusieurs cambriolages successifs commis à Vallauris (Alpes-Maritimes) dans l’entrepôt de l’artiste française Laurence Jenkell (dite « JENK »). Née en 1965, cette dernière est connue pour ses sculptures colorées en forme de confiseries reproduites à l’infini dans divers matériaux.
Quatre œuvres avaient disparu de son entrepôt entre la fin du mois d’août et celle du mois de septembre 2024. Au terme de son enquête, la police locale les a retrouvées dans un appartement à Antibes, où elles étaient stockées en attendant d’être revendues. Certaines d’entre elles étaient abîmées. Le 8 octobre, trois suspects de 43, 47 et 59 ans ont été arrêtés, suivis d’un quatrième le 10 octobre. Deux d’entre eux, déférés au parquet de Grasse, ont reconnu être les auteurs des vols, tandis que les deux autres, relâchés sans poursuite, se seraient rendus complices des méfaits en louant notamment aux cambrioleurs la camionnette qui leur avait servi à transporter les sculptures volées.
Les voleurs n’ignoraient sans doute pas que les œuvres de Laurence « JENK », qui fait partie des artistes françaises les plus vendues aux États-Unis, s’écoulent à bon prix : un bonbon de 80 centimètres de haut peut s’envoler à 50 000 ou 75 000 euros. En 2020, elle avait été classée 430e dans le top 1 000 des artistes contemporains internationaux les plus vendus aux enchères ces vingt dernières années, selon un rapport ArtPrice. Son œuvre jugée trop commerciale et dépourvue de propos n’intéresse toutefois que peu les musées.
Laurence Jenkell n’est pas la première artiste à se faire cambrioler ces dernières années : au même titre que les résidences de collectionneurs, les ateliers, entrepôts et logements des plasticiens constituent de nouvelles mines d’or recherchées des malfrats – des cibles plus faciles que les musées ou les galeries. Ainsi, le célèbre artiste allemand Anselm Kiefer (né en 1945) a vu son entrepôt français de Croissy-Beaubourg (Seine-et-Marne) plusieurs fois dépouillé depuis 2018 (notamment en 2023, pour un préjudice évalué à 1 million d’euros) par des voleurs appâtés par le métal entrant dans la composition de ses œuvres monumentales. Également en 2023, deux sculptures en bronze de l’artiste suédois Erik Dietman (1937–2002) ont été subtilisées dans le jardin de sa propriété du Loiret, habitée par sa veuve.
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