Série – Ces questions que vous vous posez sur l’art

Y a t-il un rapport entre « le » manga et « la » manga d’Hokusai ?

Par

Publié le , mis à jour le
Quel point commun y a-t-il entre Dragon Ball Z et les vues enneigées du mont Fuji du maître du XIXe siècle Hokusai ? C’est parti pour une petite explication, à l’occasion de notre série quotidienne de la rentrée qui répond à toutes les questions que vous vous posez sur l’art.
Hokusai, La Grande Vague de Kanagawa
voir toutes les images

Hokusai, La Grande Vague de Kanagawa, vers 1830-1832

i

Gravure • 26 x 38 cm

Bien que « les mangas », ces livres qui cartonnent auprès de la jeune génération, et « la manga » du maître de l’estampe Hokusai partagent le même terme, leurs liens sont complexes et méritent un éclairage.

Le mot manga est composé des idéogrammes man (« confus, sans suite ») et ga (« dessin »), se référant donc à des croquis rapides, pris sur le vif. Il trouve en effet son origine avec Katsushika Hokusai (1760–1849), auteur de la fameuse Grande Vague de Kanagawa (1830–1832) à la très longue et prolifique carrière.

Katsushika Hokusai, Cent vues du mont Fuji
voir toutes les images

Katsushika Hokusai, Cent vues du mont Fuji, entre 1834 et 1840

i

Recueil • Coll. musée d’Art Katsushika Hokusai, Tokyo • © The Sumida Hokusai Museum

En 1814, l’artiste souhaitant diffuser plus largement son art commence à publier une série d’illustrations en recueil intitulé Hokusai manga. Les thèmes abordés dans ces gravures sur bois en noir et blanc vont de paysages aux scènes de la vie quotidienne en passant par des caricatures d’acteurs et des scènes surnaturelles – sans pour autant former une histoire. Il s’agit donc avant tout d’un répertoire de motifs iconographiques (près de 4 000 !) publié en plusieurs volumes, destiné au départ à ses apprentis. Dès sa première publication à Nagoya, la manga connaît un succès fulgurant et sera tirée (et retirée) à grande échelle.

Une longue tradition d’art séquentiel japonais

Peu de chose à voir, direz-vous, avec les mangas qui envahissent les rayons des librairies actuelles… Pourtant, inscrits dans la tradition artistique japonaise de l’époque d’Edo (1603–1868), les croquis d’Hokusai ont influencé les artistes des générations suivantes. Son attention portée aux détails, entre autres, et l’expressivité de ses personnages pour transmettre des émotions avec une certaine économie de moyens sont des ingrédients qui nourrissent le manga moderne ; de même que le mélange des genres : fantastique, scènes quotidiennes, paysages, caricatures…

Croquis tirés respectivement des volumes 4 et 5 des manga de Katsushika Hokusai (1816)
voir toutes les images

Croquis tirés respectivement des volumes 4 et 5 des manga de Katsushika Hokusai (1816)

i

Encre sur papier • 16 × 23,9 cm / 15,5 × 22,5 cm • Coll. particulière • © Alamy / Hemis / Photo Volgi archive

Au tout début du XXe siècle, dans un contexte d’ouverture du Japon à l’Occident, notamment pendant l’ère Meiji (1868–1912), une nouvelle forme narrative émerge : le manga découle d’une longue tradition d’art séquentiel japonais, incluant les emakimono (rouleaux peints narratifs), les ukiyo-e et les estampes.

Le boom du manga

La couverture du premier tome du manga « Astro Boy » écrit et illustré par Osamu Tezuka (1952)
voir toutes les images

La couverture du premier tome du manga « Astro Boy » écrit et illustré par Osamu Tezuka (1952)

i

© Tezuka Productions

En janvier 1902, la publication dans le supplément dominical du journal Jijishinpô de Jiji manga par Kitazawa Rakuten, très inspiré des comics américains, marque le début d’une déferlante : la bande dessinée nippone est née ! Pour la première fois, on emploie le mot de « manga » pour parler de ces récits illustrés.

Après la Seconde Guerre mondiale, le manga vit un boom par l’intermédiaire de talents comme Osamu Tezuka, le père d’Astro Boy, qui le propulse au rang de phénomène.

Les palettes et les aventures se diversifient, et la popularité du manga rayonne bien au-delà de ses frontières.

Retrouvez dans l’Encyclo : Hokusai

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi