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LE TOPO

Yoko Ono en 2 minutes

En bref

Sa vie est un roman ! L’artiste d’origine japonaise Yoko Ono (née en 1933) n’a pas laissé sa trace uniquement dans l’histoire de la musique Pop-Rock en tant que compagne et muse de John Lennon. Peintre, performeuse, cinéaste, poète, chanteuse… Ono est multiple, à l’image des grandes figures de l’avant-garde américaine des années 1960–1970. Qui plus est, elle est une femme qui incarne la libération sexuelle ainsi que l’antimilitarisme de la beat generation et du mouvement hippie. Proche de Fluxus, sensible à la musique, Yoko Ono a bâti une œuvre conceptuelle basée sur l’utopie, l’expérience du sensible et la théâtralité.

Yoko Ono en 1967, devant son œuvre « Apple » (1966)
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Yoko Ono en 1967, devant son œuvre « Apple » (1966)

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© Mirrorpix/Leemage. © Yoko Ono all rights reserved © Yoko Ono 2020.

Elle a dit

« Seuls l’art et la musique ont le pouvoir d’apporter la paix. »

Sa vie

Yoko Ono est née à Tokyo en février 1933. Elle est issue d’un milieu très favorisé et baigne dans l’art depuis sa tendre enfance. Sa mère est peintre, son père musicien (et banquier !). La jeune fille mène de brillantes études dans une école d’élite.

La Seconde Guerre mondiale met un arrêt brutal à cette jeunesse dorée. Sa famille fuit les bombardements et se réfugie à la campagne, sans moyens. Elle s’installe aux États-Unis à la sortie du conflit.

À New York en 1952, Yoko Ono poursuit des études de philosophie et de musicologie. Elle se marie en 1957 avec le compositeur Toshi Ichiyanagi, qui l’introduit dans le milieu de l’avant-garde. Une grande rencontre bouleverse une première fois sa vie : celle de John Cage ! Elle participe aux actions multiples de Fluxus, qui prône l’anti-art, la liberté, abolit la frontière entre l’art et la vie.

Yoko Ono débute sa carrière d’artiste en réalisant des performances qui la mettent en scène. Elle peint et dessine, crée des œuvres où l’absurde se conjugue à la poésie. La musique participe totalement à son univers esthétique. Yoko Ono développe souvent un point de vue féministe, en insistant sur la mise à nu du corps de la femme et milite pour le pacifisme dans le monde.

Elle est donc une artiste déjà active dans le milieu de l’avant-garde lorsqu’elle rencontre John Lennon, après son installation à Londres avec son époux en 1966. Attirés intellectuellement l’un par l’autre, ils se côtoient d’abord dans le cadre de projets artistiques et musicaux… puis deviennent amants en 1968. Lennon divorce, Ono aussi (elle vient d’avoir une fille avec le cinéaste Anthony Cox). Ils se marient l’année suivante et militent pour la paix dans le monde, réalisant notamment le célèbre Bed-in for Peace, très médiatisé.

Yoko Ono prend une place grandissante dans la vie du leader des Beatles, groupe qui connaît une popularité mondiale sans précédent dans l’industrie musicale. Elle publie également son premier album en 1970, et d’autres suivront, toujours expérimentaux. L’infatigable artiste mène parallèlement une carrière de cinéaste, dans la veine de Fluxus. Georges Maciunas, fondateur du mouvement, est souvent derrière la caméra.

En 1973, le couple s’installe à New York, dans le Dakota Building, un immeuble excentrique au pied duquel Lennon sera assassiné. Ils connaissent, au cours de cette décennie, des rapports tumultueux, s’éloignent et se retrouvent. En 1975, le couple donne naissance à un fils, Sean. Yoko Ono a 42 ans. Après la mort de Lennon en 1980, Yoko Ono continue sa carrière musicale. Son dernier album est sorti en 2018 (elle a 85 ans !). En 2016, elle réalise sa première installation, une sculpture sous forme de pétales inspirée de l’esthétique du jardin Japonais, à Chicago.

Ses œuvres clés

Yoko Ono, Cut Piece
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Yoko Ono, Cut Piece, 1964 – 1965

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Performance au Carnegie Recital Hall le 21 mars 1965 • Photo Minoru Niizuma © Yoko Ono all rights reserved © Yoko Ono 2020

Cut Piece, 1964 

Cette performance est réalisée par Yoko Ono au Japon. Immobile, assise et passive, elle offre aux spectateurs de venir découper, par petits bouts, les vêtements qu’elle porte… et ainsi, la dénuder. Elle finira en soutien-gorge, mais ne révélera pas sa poitrine, retenant le sous-vêtement au dernier moment. Cette action avait pour but d’attirer l’attention sur la réification de la femme dans la société, mais aussi prôner le respect de l’autre.

Yoko Ono, Ceiling Painting  / Yes Painting (Exposition « Yoko at Indica », Indica Gallery, Londres, 1966)
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Yoko Ono, Ceiling Painting / Yes Painting (Exposition « Yoko at Indica », Indica Gallery, Londres, 1966), 1966

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Bois, metal, encre sur papier, verre • Dimensions variables • Photo Graham Keen. © Yoko Ono all rights reserved © Yoko Ono 2020

Ceilling Painting, 1966

Dans ses œuvres qui se présentent comme des expériences, Yoko Ono sollicite généralement la participation des spectateurs, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Dans Ceilling Painting, présentée en 1966 dans une galerie de Londres (où elle rencontra John Lennon), l’artiste propose au visiteur de monter sur un escabeau, et d’utiliser une loupe pour observer un mot inscrit au plafond : Yes, écrit à l’encre de Chine.

Yoko Ono, Apple (Vue de l’exposition à la Serpentine Gallery, Londres, 2012)
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Yoko Ono, Apple (Vue de l’exposition à la Serpentine Gallery, Londres, 2012), 1966

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Photo Richard Young / rex features / SIPA.© Yoko Ono all rights reserved © Yoko Ono 2020

Apple, 1966

Posé sur un socle de plexiglas, ce fruit devient sculpture. Pourtant, c’est un élément organique soumis à l’épreuve du temps, au flétrissement et au pourrissement, comme peut l’être le corps humain. Il s’agit ici d’une forme de memento mori contemporain, qui nous rappelle tout simplement d’honorer le vivant sans craindre la mort.

Yoko Ono et John Lennon, Bed-In for Peace, Amsterdam Hilton Hotel, Amsterdam
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Yoko Ono et John Lennon, Bed-In for Peace, Amsterdam Hilton Hotel, Amsterdam, 1969

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© Keystone/Zuma/Leemage. © Yoko Ono all rights reserved © Yoko Ono 2020

Bed-in for peace, avec John Lennon, Amsterdam et Montréal 1969

À l’occasion de leur lune de miel très médiatisée, le couple en profite pour réaliser une action en faveur de la paix et contre la guerre du Vietnam. De 9h à 21h, Yoko Ono et John Lennon reçoivent des journalistes du monde entier dans leur chambre d’hôtel. Ils sont couchés, entourés d’affiches militantes. Habillé de blanc, le couple est à la fois l’incarnation du pacifisme et du multiculturalisme. Cette véritable performance fera l’objet d’une série photographique, et inspira une chanson à John Lennon.

Par • le 14 décembre 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Fluxus Yoko Ono

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