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À Bordeaux, l’inquiétante brocante de l’artiste danoise Nina Beier

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Ici, des toboggans-éléphants sur lesquels glissent des galets et des ardoises ; une voiturette, toutes fenêtres ouvertes, cheveux au vent ; des œufs d’onyx polis qui tombent dans un lavabo… Jusqu’au 8 septembre, la Danoise Nina Beier (née en 1975) installe son inquiétante brocante dans la nef du CAPC.
Vue de l’exposition Auto de Nina Beier, au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux
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Vue de l’exposition Auto de Nina Beier, au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux

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Photo Arthur Péquin

Un chien et un vase se regardent en chien de faïence, un chat et un vase, et encore un chien. Sur son paysage de moquette blanche, Nina Beier a transformé la grande nef du CAPC en une stupéfiante mise en scène, présentée conjointement au Kiasma d’Helsinki, en Finlande.

Glânés sur des brocantes en ligne par l’artiste, ces objets racontent, avec un humour quasi surréaliste, notre monde où tout se consomme, se négocie, se contre-façonne, se classe et se casse. Là, une invasion de capricornes et mygales ; des œufs d’onyx polis qui tombent dans un lavabo ; des coco-fesses si girondes qu’elles ont transpercé une chaise de bistrot en osier.

Un univers décadent

Ici, des toboggans-éléphants sur lesquels glissent des galets et des ardoises ; une voiturette, toutes fenêtres ouvertes, cheveux au vent. Ailleurs, un lion noblement sculpté à la gueule truffée de savons empoilés, des dalmatiens et des tapis persans. Au pied des piliers de l’immense ancien entrepôt, des enfants mannequins en costume à rayures, punis, au coin. Un ensemble absurde, inquiétant, volontiers décadent.

Des « témoins paradoxaux de notre temps »

Aux yeux de l’artiste danoise, tous ces objets sont comme « des témoins paradoxaux de notre temps » : au-delà de l’effet de sidération, ils nous racontent à quel point les images, les signes se dévaluent, se colonialisent. En cage, ces piles d’assiettes en porcelaine Royal Copenhagen nous rappellent qu’elles sont copies des kaolins de la dynastie Ming, inégalés mais phagocytés par l’Europe qui pille ce modèle de beauté. Déchues, constellées de failles, des sculptures ready-made, ready-bought.

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Nina Beier, Auto

Du 8 mars 2024 au 8 septembre 2024

www.capc-bordeaux.fr

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