Vue intérieure du studio de l’artiste Andrew Wyeth en Pennsylvanie
© Courtesy of the Brandywine Museum of Art / Daniel Jackson
À trois quarts d’heure de route de Philadelphie, ville courue des amateurs d’art pour sa fondation Barnes et son fantastique musée des Beaux-Arts, une petite institution de campagne surprend par la rareté de ses collections. Le Brandywine Museum of Art possède un riche ensemble de peintures et dessins d’Andrew Wyeth (1917–2009), exceptionnels pour leur technique très fine (l’artiste était un amateur de tempera et un dessinateur hors pair) et la mélancolie toute américaine de leurs motifs.
À ses côtés, son père, l’illustrateur Newell Convers Wyeth (1882–1945), et son fils, le peintre Jamie Wyeth (né en 1946), témoignent de la riche filiation de cette famille d’artistes. Une mine d’or pour les visiteurs européens, qui ont peu accès à leurs œuvres !
À quelques minutes en voiture de là, les ateliers parfaitement conservés d’Andrew Wyeth et de Newell Convers Wyeth se visitent, en joli complément à la découverte de leurs travaux. Celui du père, surtout, est impressionnant avec sa grande verrière ouverte sur la nature environnante, confirmant l’ancrage régional de cette famille de peintres associée à la Pennsylvanie. Bon à savoir : le musée propose des billets couplés pour visiter ses collections puis les ateliers avec un guide.
Vue extérerieure du studio de l’artiste Andrew Wyeth en Pennsylvanie
© Courtesy of the Brandywine Museum of Art / Carlos Alejandro
Fondé grâce à la volonté d’un artiste, George Alexis Weymouth (1936–2016), et ouvert en 1971, le Brandywine Museum of Art s’est installé dans un ancien moulin du XIXe siècle doté d’une extension contemporaine – pas très élégante et aujourd’hui vraiment datée, mais qui a l’avantage d’ouvrir de grandes baies vitrées sur la rivière voisine.
Ses collections ne se limitent pas à la famille Wyeth, et présentent de nombreuses figures de l’art américain du XIXe siècle à nos jours, dont des peintres de la Hudson River School, première grande école de peinture de paysages états-unienne. Se contemplent également avec curiosité les fantaisies de Maxfield Parrish, les natures mortes de William Michael Harnett ou encore les scènes de genre d’Alice Barber Stephens, des artistes (encore une fois !) très rares en Europe, où l’on ne connaît réellement l’art américain qu’à partir de Jackson Pollock.
Vue extérieure du “Brandywine Museum of Art” en Pennsylvanie, 2014
© Courtesy of the Brandywine Museum of Art / Tom Crane
Cet été, le Brandywine Museum of Art met en lumière l’artiste américain Joseph Stella (1877–1946) au fil de quatre-vingt peintures et dessins. Né en Italie, Joseph Stella n’aura de cesse de faire des allers-retours entre sa patrie natale et son pays d’adoption, où il s’installe à l’âge de 18 ans. Outre des recherches futuristes, ses compositions volontiers végétales jouent de symétries et de motifs ultra-stylisés, où cygnes et jeunes femmes virginales tiennent un premier rôle ultra-kitsch… Étonnante découverte !
Joseph Stella, The Virgin, 1926
Huile sur toile • 109,2 × 104,1 cm • © Brooklyn Museum of Art Gift of Adolf Lewisohn
Joseph Stella. Visionary nature
Du 17 juin 2023 au 24 septembre 2023
Brandywine Museum of Art • 1 Hoffmans Mill Road • 19317 Chadds Ford
www.brandywine.org
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