Le mont Hua en Chine
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Les montagnes sacrées de Chine occupent une place majeure dès les premières dynasties chinoises, en particulier au XIe siècle, sous la dynastie Song. Alors que la peinture de paysage s’impose en tant que genre dominant dit Shanshui – littéralement « peinture de montagne et d’eau » –, le mont Hua devient un motif privilégié incarnant la grandeur de la nature face à l’homme — une impression renforcée par le format vertical des rouleaux.
Les peintres taoïstes s’y rendent alors en pèlerinage et retranscrivent ensuite leur voyage spirituel dans des œuvres mêlant figuration et calligraphie. Le lecteur est ainsi invité à suivre mentalement les personnages peints pour se hisser au sommet, puis en redescendre.
Zhao Mengfu, Couleurs d’automne sur les montagnes de Qiao et Hua, 1295
Rouleau de main, encre et couleur sur papier • Coll. Musée national du Palais, Taipei • © Pictures from History / Bridgeman Images
Si la technique picturale (le travail de lavis d’encre) donne l’impression d’être face à un paysage irréel, qui pourrait représenter le paradis taoïste, les motifs sont bien ancrés dans la réalité. Zhao Mengfu (1254–1322), peintre érudit de la dynastie Yuan, par exemple, visite le mont Hua avant d’exécuter de mémoire le paysage. Dans un style volontairement archaïsant, sa peinture se présente alors comme un condensé topographique de la province.
Classé parc national en 1982, le mont Hua se situe au Nord-Est de la Chine, à quelques kilomètres de Xi’an, capitale de la province du Shaanxi, où sommeille la fameuse armée de terre cuite du premier empereur de Chine.
Jin Yongxi, Le mont Quan et le mont Hua, 1723
Encre et couleurs sur papier • 59.9 × 37.3 cm • Coll. Minneapolis Institute of Arts, MN, USA • © Minneapolis Institute of Art / Gift of Ruth and Bruce Dayton / Bridgeman Images
Dès le IIe siècle, la montagne prend une valeur religieuse pour les taoïstes qui y situent le dieu des mondes souterrains, mais son relief escarpé ne facilite guère les pèlerinages. Le site, perché à 2 155 mètres d’altitude, reste principalement un lieu de retraite pour les ermites et pour ceux qui croient en l’immortalité.
Le site abrite également d’exceptionnelles et mystérieuses formes peintes en rouge à flanc de falaise par le peuple Luoyue, ancêtre de l’ethnie actuelle des Zhuang, entre le Ve siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C. Ce fabuleux ensemble de 1 900 peintures, rupestres, dit de « Huashan », a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2016 !
Raison de plus pour visiter aujourd’hui le mont Hua ! Un village au pied de la montagne est prêt à vous accueillir pour admirer les plus beaux levers de soleil. Vous pouvez ensuite, si vous n’êtes pas sujet au vertige, grimper deux heures sur le très périlleux Chemin des Soldats ou, plus sagement, emprunter les télécabines.
Au sommet, une vue sensationnelle vous attend ! Pour les amateurs de sensations fortes, plusieurs attractions touristiques sont proposées : une balade sur le sentier de « la crête du dragon bleu » pour rejoindre les trois pics depuis le pic nord, ou le « Plank Walk », un chemin en planches de bois qui vous suspend à 2 000 mètres au-dessus du vide.
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