Les menhirs de Carnac
© Marjorie Hodiesne - OT Carnac
Il était temps ! Le 12 juillet 2025, lors de la 47e session annuelle du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, tenue au siège parisien de cette Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, les alignements de Carnac et des rives du Morbihan, ainsi que le site des mégalithes de Locmariaquer (comprenant la Table des Marchands, le Grand menhir brisé et le tumulus d’Er Grah) ont rejoint la liste du patrimoine mondial, qui compte à ce jour 1 248 biens (dont 952 sites culturels) répartis dans 170 pays.
Composés de plus de 550 menhirs et dolmens érigés entre 5 000 et 3 000 avant notre ère sur 1000 km², les alignements des rives du Morbihan (qui comprennent les fameuses pierres dressées de Carnac, contemplées chaque année par 300 000 visiteurs) constituent le premier site breton (hormis la tour Vauban du Finistère, incluse dans un ensemble de 12 fortifications réparties dans toute la France) à rejoindre la prestigieuse liste.
Célébrée au son des cornemuses et des bombardes du bagad, ensemble musical typique de la culture bretonne, l’annonce marque officiellement la reconnaissance de la valeur universelle exceptionnelle de ces pierres millénaires, tout en offrant à l’État la possibilité de bénéficier d’aides financières et d’expertise afin d’œuvrer à leur protection et leur préservation.
Ces mégalithes « constituent un témoignage exceptionnel de la sophistication technique et de l’habileté des communautés néolithiques qui leur ont permis d’extraire, de transporter et de manipuler des pierres monumentales et de la terre pour créer un espace symbolique complexe », justifie l’UNESCO. Ils « incarnent la mémoire collective de l’humanité, le génie créateur de nos ancêtres et le lien indéfectible qui nous unit à travers les âges », a renchéri le maire de Carnac, Olivier Lepick, qui a salué « une étape historique » pour le patrimoine breton.
En tout, la France compte donc désormais 54 biens inscrits au patrimoine mondial (45 culturels, 7 naturels et 2 mixtes), dont 26 gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN), qui s’occupe entre autres des alignements du Morbihan, de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, des tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que de plusieurs autres sites préhistoriques inscrits comme les grottes ornées de Font-de-Gaume et de Combarelles, l’Abri du Poisson et l’Abri du Cap-Blanc – la grotte Chauvet et celle de Lascaux étant bien inscrites elles aussi, mais gérées par d’autres structures.
Vue sur le célèbre château de Neuschwanstein
© Scott Wilson / Alamy / Hemis
Parmi les 26 autres biens (dont 21 culturels) à avoir rejoint la prestigieuse liste cette année figurent quatre résidences du fantasque roi Louis II de Bavière : Linderhof, Schachen, Herrenchiemsee, et le fabuleux château allemand de Neuschwanstein, érigé au XIXe siècle sur un éperon rocheux dans les Alpes bavaroises – une fantaisie historiciste digne d’un décor de conte de fées qui a inspiré Walt Disney pour le château de la Belle au bois dormant.
Les autres nouveaux inscrits, moins connus du grand public, regroupent notamment les peintures pariétales de la grotte de Shulgan-Tash, en Russie, les seize sites archéologiques camerounais de Diy-Gid-Biy (XIIe-XVIIe siècles), ainsi que les centres palatiaux minoens en Crète, qui comprennent de superbes fresques colorées remontant à un millénaire avant notre ère.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique