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Design Story

Le skateboard : histoire de la petite planche à roulettes devenue grande

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Publié le , mis à jour le
Le Design Museum de Londres présente une exposition inédite sur l’histoire du skateboard depuis les années 1950, accompagnée d’un nouveau livre aux éditions Phaidon écrit par le commissaire et designer Jonathan Olivares. Retour sur l’incroyable épopée d’un simple jouet de rue devenu culte.
La skateuse Laura Thornhill à Torrance, Californie en juin 1977
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La skateuse Laura Thornhill à Torrance, Californie en juin 1977

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Courtesy Design Museum / Photo Jim Goodrich

« J’ai commencé vers l’âge de 10 ans. C’était dans une ruelle. J’ai ramassé le skateboard de mon frère et je suis monté dessus. J’ai crié pour lui demander comment tourner le truc. Au bout de l’allée, j’ai sauté, j’ai ramassé la planche et je l’ai physiquement retournée. C’est comme ça que ça a commencé. » raconte le célèbre skateboarder Tony Hawk (dans une interview pour le Los Angeles Times) dont l’une des premières planches professionnelles de 1982, est actuellement exposée au Design Museum, qui revient sur l’histoire du skateboard, de ses origines à nos jours.

L’histoire de ce sport indissociable de la planche à roulettes commence dans les années 1950, en Californie, lorsque la tendance est au surf. Pour occuper leurs journées sans vagues, les surfeurs se mettent à glisser sur de simples planches de bois rectangulaires auxquelles ils clouent des morceaux de patins à roulettes. En 1956, l’entreprise Humco commercialise les premiers modèles industriels qui ressemblent à de minuscules planches de surf.

Un phénomène d’abord éphémère

Skateboard modèle « Kick Tail » de la marque Makaha (1969)
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Skateboard modèle « Kick Tail » de la marque Makaha (1969)

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Courtesy Design Museum / Photo Caleb J. Adams

Au fur et à mesure des usages, l’anatomie du skate s’améliore : les roulettes en glaise ou en métal se fabriquent en céramique pour plus d’accroche au sol. Elles s’attachent ensuite à des « trucks », des axes métalliques qui permettent aux utilisateurs de tourner. En 1963, un homme change la donne. Sauveteur sur la plage de Venice Beach, Larry Stevenson brevète une invention révolutionnaire, le « kicktail » : les extrémités de la planche sont légèrement relevées, ce qui permet aux skateurs d’effectuer (enfin !) toutes sortes de figures, parfois très périlleuses (manuals, ollies, etc…).

Seconde révolution : en 1973, apparaissent les roulettes en polyuréthane grâce aux Californiens Frank Nasworthy et Bob Bahn. La planche roule plus vite, sans vibration, avec une meilleure adhérence au sol : c’est la naissance du skateboard moderne ! Les ventes explosent, la glisse sur asphalte devient un phénomène mondial. Mais dans les années 1980, après la fleuraison de skateparks en béton jusqu’en Europe, tout s’effondre.

Skateboard modèle « GT » de la marque GrenTech datant du début des années 1970
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Skateboard modèle « GT » de la marque GrenTech datant du début des années 1970

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Courtesy Design Museum / Photo Caleb J. Adams

Les planches en bois, peu étudiées, se cassent souvent et les protections se font rares. Jugé dangereux, le skateboard devient une pratique underground, considérée comme un art de rue contestataire au même titre que le graffiti ou la street dance. Les skateparks sont fermés, abandonnés ou détruits. L’engouement ne reprendra que dans les années 1990 sous l’impulsion de figures mythiques telles que Tony Hawk.

Une pratique underground, un art de rue contestataire

Peu à peu, la culture skate s’impose partout dans le monde jusqu’à obtenir son premier musée (le Skateboarding Hall of Fame and Museum de Californie, fondé en 1997) puis à devenir en 2020, une discipline aux Jeux Olympiques d’été de Tokyo. Son design n’a que très peu changé depuis les années 1990, malgré les variantes (électrique, longboard, cruiser, waveboard…). En revanche, le Skate Art, qui consiste à customiser l’envers des planches, a fleuri partout dans le monde, faisant la part belle aux motifs rock et aux graffitis, ou encore aux collabs avec des grands artistes contemporains – comme en témoigne la marque The Skateroom qui s’est spécialisée dans les éditions d’art, de JR à Jeff Koons.

De gauche à droite, skateboard « McGill » par Powell Peralta (1984). Skateboard « Salba Bevel » par Santa Cruz (1979). Skateboard « Logan Earth Ski pro » par Laura Thornhill (années 1970). Skateboard « Psycho Stick » par Vision (1986)
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De gauche à droite, skateboard « McGill » par Powell Peralta (1984). Skateboard « Salba Bevel » par Santa Cruz (1979). Skateboard « Logan Earth Ski pro » par Laura Thornhill (années 1970). Skateboard « Psycho Stick » par Vision (1986)

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Courtesy Design Museum / Photo Caleb J. Adams

Certains artistes ont d’ailleurs fait du skate leur medium de prédilection, tels que le Japonais Haroshi qui recycle des planches en bois usées pour les tailler en figurines ou en installations monumentales. En somme, le skateboard est, selon Tony Hawk, « autant un sport qu’un style de vie et une forme d’art » dont l’histoire continue de s’écrire : fin juillet et début août, les épreuves de Paris 2024 se dérouleront sur l’emblématique place de la Concorde. À suivre de près !

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Skateboard

Du 20 octobre 2023 au 2 juin 2024

designmuseum.org

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Skateboard

Par Jonathan Olivares

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