CES PAYSAGES QUI ONT INSPIRÉ LES PLUS GRANDS PEINTRES

Les chutes du Niagara, merveille du monde qui fascine les peintres romantiques américains au XIXe siècle

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À la frontière du Canada et des États-Unis, les chutes du Niagara fascinent les artistes depuis le XVIIIe siècle, à commencer par les romantiques américains, tels Thomas Cole ou Frederic Edwin Church, qui y voient une splendeur de la nature et en livrent des représentations à couper le souffle. Cet été, Beaux Arts vous emmène à la découverte de ces paysages mythiques qui, des îles Marquises aux falaises d’Étretat en passant par le mont Fuji, ont inspiré les plus grands peintres. En route !
Les chutes du Niagara au Canada
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Les chutes du Niagara au Canada

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© Istock

Site naturel le plus célèbre d’Amérique, populaire dès le XVIIIe siècle, les chutes du Niagara sont un défi pour les peintres de plein air qui tentent d’en capturer la beauté. Situées à la frontière entre le Canada et les États-Unis, ces trois chutes d’eau d’une puissance phénoménale, disposées en fer à cheval sur la rivière Niagara, fascinent par leur monumentalité, leur tumulte assourdissant et leurs eaux bleutées et irisées.

Parmi les premiers artistes à s’y confronter, figure l’illustratrice Elizabeth Simcoe, au XVIIIe siècle. Le peintre d’histoire John Trumbull puis George Catlin, portraitiste des autochtones d’Amérique, les représentent également au tout début du XIXe siècle. Mais ce sont les paysagistes américains de l’Hudson River School, mouvement de peinture réaliste exaltant les grands espaces sauvages de l’Amérique sous l’influence du romantisme, qui vont, dès les années 1820, en faire un motif de prédilection. À leurs yeux, les chutes du Niagara sont une splendeur de la nature où se manifeste la grandeur de Dieu.

Thomas Cole, Vue éloignée des chutes du Niagara
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Thomas Cole, Vue éloignée des chutes du Niagara, 1830

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Huile sur panneau • 47.9 × 60.6 cm • Coll. The Art Institute of Chicago, IL, USA • © Friends of American Art Collection / Bridgeman Images

Thomas Cole, son chef de file, les visite en 1829 et en livre une vision idéalisée, qui l’érige en emblème de la nation américaine : une « merveille du monde qui relie le sublime et la beauté en une chaîne indissoluble », écrit-il. Son élève Frederic Edwin Church, va plus loin : en 1857, il exécute un panorama d’une grande précision, mesurant 2,29 mètres de long, et qu’il fait voyager dans une mise en scène spectaculaire de New York jusqu’à Londres. L’événement, attirant plus de 10 000 curieux, hisse ce paysage au rang de mythe national et d’attraction à sensation.

Frederic Edwin Church, Niagara
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Frederic Edwin Church, Niagara, 1857

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Huile sur toile • 101.6 × 229.8 cm • Coll. Corcoran Collection, National Gallery of Art, Washington D.C., USA • © Museum Purchase, Gallery Fund / Bridgeman Images

Artistes réalistes (William Morris Hunt, Louis Rémy Mignot…) puis impressionnistes (John Henry Twachtman, Emil Carlsen…) continueront ensuite de célébrer le site en peinture. La toile de Paul Gauguin présentée en 1903 sous le titre Chutes du Niagara (aujourd’hui au musée de Pont-Aven) s’avérera, quant à elle, une fois retournée dans le bon sens, représenter un Village breton sous la neige

Une nature pas si sauvage…

La plupart des peintres qui les ont immortalisées ont représenté les chutes comme perdues au milieu d’un espace préservé et sauvage, or le site devient très tôt une destination touristique prisée. Face à l’avidité des propriétaires terriens adjacents, est créé, dans les années 1880, le mouvement Free Niagara (« Libérer le Niagara »), dont fait partie le peintre Frederic Edwin Church. Les chutes générant une grande puissance énergétique, elles voient s’édifier autour, dès les XVIIIe siècle, différentes usines puis les villes américaines et canadiennes de Niagara Falls, ainsi que des centrales électriques.

Visiter les chutes du Niagara aujourd’hui

De ce fait, on y accède aujourd’hui après avoir traversé des complexes hôteliers et d’immenses parkings. Plus de 30 millions de touristes affluent chaque année ! Il faut donc s’armer de patience pour parvenir aux différents points de vue.

Croisière, tyrolienne, chemins de randonnée, tours d’observation, grande roue… Il y a des dizaines de façon de visiter les chutes, que l’on soit sur la rive canadienne ou sur la rive américaine. En plus de la menace que fait peser le surtourisme sur la préservation du lieu, le pouvoir d’érosion de l’eau conduit le site à se déplacer légèrement d’année en année – de quoi inquiéter les scientifiques…

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