En partenariat avec Région Centre-Val de Loire

Ben, Façade de la Fondation du Doute
Martial Raysse au musée des Beaux-Arts d’Orléans, Max Ernst au musée du Véron, Robert Mallet-Stevens au musée de l’Hospice Saint-Roch… À l’occasion du festival Ar(t]chipel, le Centre Pompidou prête au total 40 œuvres marquantes de l’art moderne et contemporain, à une douzaine de centres d’art, musées ou sites patrimoniaux de la région Centre-Val de Loire. Cette initiative lui permet de renforcer sa présence dans l’Hexagone, à la veille de sa fermeture en 2025 pour la rénovation du bâtiment et la mise en place d’un nouveau projet culturel innovant.
« Il ne s’agit pas de simplement ‘poser’ n’importe quelle œuvre dans n’importe quel lieu mais de trouver une cohérence, un dialogue entre chaque œuvre et les collections, l’architecture ou encore des projets spécifiques d’expositions… », explique Anne-Laure Chamboissier, la commissaire artistique du festival, qui a noué un échange avec les institutions concernées pour viser juste. Ainsi s’invite au féerique château du Rivau une sculpture textile comme un tas d’immenses galets et bâtons de fils colorés créée par la pionnière américaine Sheila Hicks (née en 1934) ; ou au musée des Beaux-Arts de Chartres deux « Saint Sébastien » de Françoise Pétrovitch, encres qui complètent l’exposition « 1 000 ans de sculptures à Chartres ».
1000 ans de sculptures à Chartres
Du 21 septembre 2024 au 16 février 2025
Cathédrale Notre-Dame de Chartres • 16 Cloître Notre Dame • 28000 Chartres
www.cathedrale-chartres.org
Parmi les fragments de gisants gothiques, ces dessins nouent une conversation entre passé et présent, non loin de la merveilleuse cathédrale Notre-Dame qui fête son millénaire. C’est là l’avantage de quitter les murs de Beaubourg pour séjourner au pays de Rabelais : valoriser la contemporanéité des œuvres en les exposant au sein de châteaux Renaissance et de musées historiques environnés de paysages classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La région déploie tout son potentiel.
À gauche : Vue de la Cour du doute ; À droite : Vue du FRAC Centre-Val de Loire
À gauche : © Jean Philippe Thibault ; À droite : © Nic-Borel
Lieu phare du festival : la Fondation du doute à Blois (créée par l’artiste récemment disparu Ben), qui a pour habitude d’interroger les limites de l’art, questionne aussi celles de la ville depuis le 5 octobre avec son exposition « Critique de la ville quotidienne » réunissant des artistes iconiques, dont Joseph Beuys (1921–1986) ou Jacques Villeglé (1925–2022). Là encore, les œuvres sont prêtées par le Centre Pompidou, mais aussi par le Frac Centre-Val de Loire : un bel exemple de collaboration institutionnelle.
Critique de la ville quotidienne
Du 5 octobre 2024 au 15 décembre 2024
Fondation du doute • 14 Rue de la Paix • 41000 Blois
www.fondationdudoute.fr
Autre part, en Touraine, en Sologne, vers les villes ou parcs nationaux, des ateliers d’artistes s’ouvrent au public, certains pour la toute première fois. C’est le cas de celui de Massinissa Selmani, nommé au prix Marcel Duchamp 2023 et dont les dessins frôlant parfois l’absurde sont bluffants de finesse. Il faudra également aller à Neuilly-en-Sancerre chez la plasticienne Anne Houel (qui a aussi réalisé à l’occasion du festival un dessin en chocolat à la Fondation du doute) ou chez le couple Simonnet à Griselles pour une promenade dans leur jardin de sculptures.
Chaumont-sur-Loire
© E.Sander
Au total, le festival concerne une cinquantaine de lieux, dont les merveilleux domaines de Chambord et Chaumont-sur-Loire. Pour les férus d’architectures, plusieurs propositions sortent du lot : Jean-Yves Barrier, par exemple, ouvre son agence au public et met en place un parcours de ses réalisations. L’idée est de s’imprégner des projets pour ensuite les admirer, de la grande serre du jardin botanique de Tours à la bibliothèque de Saint-Pierre des Corps.
Vue de l’Atelier Calder
© Sebastien Gaudard
Vous l’aurez compris, ce festival n’est pas seulement l’occasion d’admirer des dialogues avec des œuvres renommées, c’est aussi la chance d’aller à la rencontrer d’artistes talentueux et, par ce biais, faire vivre plus fort l’art contemporain. Ainsi ce projet sera-t-il porté jusqu’en 2026, année qui célébrera le 50e anniversaire des décès du sculpteur américain Alexander Calder (1898–1976) et du peintre surréaliste Max Ernst (1891–1976). L’atelier de l’un (à Saché) et la maison de l’autre (à Huismes) s’explorent dès cette Toussaint !
Festival Ar(t]chipel
Du 18 octobre au 3 novembre
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